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Jean Maison, par Gérard Paris

22 avril 2011

par Gérard Paris

Jean Maison, Araire. Mortemart : Rougerie, 2009.

"Chimères logées dans la présence
Ce qui advient trouble l’intime dessein
Charge le mystère
Et ajourne le pas."

Cerné entre Marie et le Seigneur au jardin de Gethsémani, ce recueil se divise en quatre parties : Tout ce qui ne casse pas ma mort, Ou j’allais boire, Araire, Sentinelles.
Entre l’illusion (d’une existence fatale, d’une neige fine) et la violence déclarée ou sous-jacente ("On a pris sur nous l’habitude de tuer")nous découvrons les charmes de la lumière (lumière des ormes, lumière profane, lumière clouée du puits).Prisonnier de l’ordre cynique, le poète s’abandonne à l’aventure, à la disgrâce dans un reflet de soi, à la cure noire de l’enfance :

"Ils cachent cette passion du désastre
Qu’un signe aurait suffi à combler
Et qui ruine une vie dans sin ossature"
Si le poète tente de renouer avec la piste perdue des visages, avec la futilité du désir, il perçoit par instants le monde d’a coté : "Au calme d’une heure tardive
L’écoute du givre posé sur l’écorce
L’abord vertical des palins
Soulignent cet entre-deux mondes"

Alors des chants clairs aux orgues des noisetiers, des visages des attardés au soleil sur la coiffe des morts s’ébauche une symphonie, véritable révélation : "Je vous demande
Si nos granges en feu ressemblent à ces mots d’amour
Qui bordent la lumière du matin"
Entre l’oscillation du doute et la vigie forestière du torrent, Jean Maison réalise de sa misère d’homme, avec ses terreurs et ses chimères (évoquons brièvement les fossés plein de mourants),et prenant conscience de la violence de la beauté ne va –t-il pas "Ainsi se fier à l’inconnu"


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