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Jean-Luc Wauthier, par Nelly Carnet

25 avril 2015

par Nelly Carnet

Jean-Luc Wautier, Sur les aiguilles du temps. Châtelineau (Belgique) : Le taillis Pré, 2014.

Entre poèmes et proses, ce recueil tend vers une unification rythmique. La vie s’y élève contre la mort avec une ouverture au monde. La main de l’écrivain est menée par une prise de conscience de la nécessité de se tourner vers ce qui fait vivre. L’espace de cette vie est celui du « désert » incarnant le renouveau, l’unité, le possible. « Aujourd’hui, tu roules sur la vie / comme un grand train de nuit / au chauffeur sans visage et sans nom / et l’ange noir est mort // Le désert est enfin nommé. » L’absence de visage et de nom se confond-elle pour autant avec l’absence d’identité ?

Dans ces textes, les brisures sont aussi nombreuses. Les « arbres déracinés » au-dehors en sont une des images autour d’un « moi » qui se détache d’une existence broyée par « l’hiver ». La nouvelle existence suggérée n’oublie pas les disparus proches ou lointains, connus ou inconnus, comme ces élèves et cette institutrice dont les corps ont été pulvérisés par un moteur détaché d’un avion pendant la seconde guerre mondiale et tombé sur une école de village.

C’est cependant dans l’instant présent que l’auteur tente de capter la réalité et son bruissement lumineux. C’est alors un enfant qui regarde et quitte momentanément l’âme et le corps assombris de l’écrivain adulte. Un être en clair-obscur autocritique se dévoile en ces pages alternant l’espoir et le désespoir. Un enfant revient et réclame son dû. Les états d’âme épousent les saisons et le désenchantement d’un pays en désamour. La voix qu’on entend ici s’arc-boute en cherchant le poème. Elle en parle parce qu’il échappe, lui fait défaut, n’est pas encore écrit


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