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Jean-Luc Muller, par Claude Vigée

25 avril 2009

par Claude Vigée

Jean-Luc Muller, Rouffach : Autrefois, maintenant. Préface de Jean-Luc Nancy. Colmar : Do Bentzinger, 2007.

Les poèmes de Jean-Luc Muller, consacrés à sa bourgade natale de Rouffach, alternant avec d’admirables photos de ses sites anciens, sont lourds du poids des lieux aimés, riches des temps révolus demeurés vivants dans l’âme et ses rêves ; pleins des douces et graves choses dans lesquelles ont vécu jour après jour, au fil des générations, des êtres disparus faits de chair et de sang comme l’est le poète, leur héritier. Un monde peuplé par des présences invisibles, encore habité par un esprit angoissé ; toujours présent sous la cendre, comme la braise étouffée couvant tout l’hiver au fond de nos vieux poêles de faïence verte : d’r Kàcheloffe, c’est ainsi qu’on les appelait dans mon enfance à Bischwiller. Je suis sensible à ces évocations directes de la réalité concrète, humble mais vraie, qui constitue la substance première, le simple foyer, le sol dont se nourrit notre heure sur la terre. Dans le livre de J.L. Muller, mots et images s’entrelacent pour nous introduire, envoûtés, dans d’autres existences où nous nous retrouvons pourtant, nous aussi, comme si nous y étions depuis toujours à la maison. A la fois étrangers et chez nous, glichzittich fremd ùn déhaïm dirions-nous dans notre dialecte natal, emportés par la durée, tournoyant dans ce monde qui s’éclipse en plongeant vers l’abîme.

29 octobre 2008


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