Isabelle Raviolo : poèmes
1er mai 2008
Dans la maison
de cendres, – ce qu’il faut
pour être
– femme –
un feu dans l’effort
ranimé.
Soudain quelque chose –
comme une armure
se brise –
Un cri – La mère –
Rien –
Une poupée cassée.
Un corps d’enfant –
tu dis – tout brûlé
avec des cris au-dedans
fracassé sur le blanc
du papier –
eau jaillie de son côté.
Peur, mais pas
de quoi – la mort – Tu m’entends ?
Oublier – Maison,
c’est dire : risquer dans la nuit
Le mot de la perte.
Tu auras le courage ?
Oui, mais – le côté gauche tremble
Il faudrait que tu
guides mon poème, au bord du toit –
où la mansarde ne brûle pas
Se tenir, comme à la corniche
Corps funambule –
pris entre deux ciels –
irradie
ce jardin suspendu.
Et si tu partais
vivre
en pleine terre
Dans le plus chair
geste honorant de la perte ?
Me je-ter vive –
Dis-tu –
Dans le feu
Il faut ! –
Pour qu’au matin je sois ?
Maman lâche
Ta main – inarrachable
Au nom du Père
Tu ne sauras pas où va
La toute dernière prière.
Ne plus agir
en ce point où
Tu reçois
le plus intime du loin –
passage étroit.
Jusqu’à ce qu’à nouveau
tu sois
où tu étais
aussi nue que Celui qui est.
A cloche-pied sur la terre
Tu es allé
Jusqu’au ciel – un palet
Dans la main –
Et si t’étais pas
Cap ? – Un autre dirait
L’inattendu –
Tout ce que l’on doit
Perdre pour gagner –
J’irai seule
Dessiner le ciel tout bas.
Ysbée (Isabelle Raviolo)