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Henri Meschonnic

29 avril 2012

par Anne Mounic

Henri Meschonnic, L’obscur travaille. Paris : Arfuyen, 2012.

Régine Blaig précise en préambule à ce recueil, dans une note discrète : « Les derniers poèmes d’Henri Meschonnic, écrits du 1er mars 2008 au 26 février 2009 et organisés par lui, sont réunis dans ce livre posthume. » Chaque poème, dans cet ouvrage, surgit en son instant particulier, toujours indiqué par la date et, quelquefois, par le lieu. S’il est vrai que l’hôpital constitue un de ces lieux, Henri Meschonnic ne se plaint ni ne s’épanche dans ses vers, mais en appelle à la vie et à la relation à cette seconde personne de l’amour qu’il évoque en sa présence charnelle : « je suis tout entier dans ta main / toute la vie dans ta main ». Il est question d’attente entre ces pages ainsi que d’inconnu. Nombre de poèmes commencent par : « je ne sais pas », « je ne sais plus », « je ne savais pas » ; d’autres par : « vivre d’attendre », « tu es mon attente », « j’attends le temps », « je suis si plein d’attente », « tant j’attends je transforme le temps », « non je n’attends pas ». Il y est aussi question de chercher. « l’obscur / travaille ma lumière ». Et si « toute la vie / est une salle d’attente », le poème permet à l’inconnu de surgir :

mes mots comme des portes
s’ouvrent se ferment
je ne suis pas maître
de ce qu’ils disent
s’ils me laissent entrer
ou sortir vers les autres
mais je n’ouvre pas les yeux
je prends tout le monde fleuve

3 mars 2008

On peut entendre une lecture de quelques-uns de ces poèmes et une évocation d’Henri Meschonnic par Régine Blaig sur le site de la revue Peut-être. (Soirée du jeudi 19 janvier 2012 à la librairie L’échappée littéraire, 7, rue Crébillon, 75006 Paris.)


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