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Henri Meschonnic

26 avril 2010

par Anne Mounic

Henri Meschonnic, Demain dessus demain dessous. Paris-Orbey : Arfuyen, 2010.


Ces poèmes, dont une sélection fut publiée dans le numéro 1 de la revue Peut-être, se rythment en une sorte de rebondissement, d’une page à l’autre, du Je et du Tu qui composent ce « nous » qui apparaît dès la première page :

« tu es là et je suis là
les yeux fermés du bonheur
pour voir la vie
qui nous passe
demain dessus demain dessous » (p. 7)

Henri Meschonnic « devient » entre les « cris d’enfants » et sa « voix » qui lui vient « d’en dehors de moi », car elle est réponse à la voix de l’autre, ce « tu », corollaire du « je » :

« et j’appelle
pour te retrouver
c’est quand tu te tais
que je ne retrouve plus
ma voix » (p. 13)

Ce jeu d’échos et de résonances d’une subjectivité à l’autre appelle à une intimité avec le monde : « alors le corps est le monde » (p. 15), au sein de l’instant : « c’est un instant dans nos bras / qui passe » (p. 16), et ouvre l’infini : « ma tête / est sans limites » (p. 62).

La quête existentielle esquisse sur le temps l’inconnu que manifeste la parole :

« un visage est une histoire
qu’on ne sait pas lire
ou qu’on apprend à lire
c’est le visage
qui est l’origine
de toi de nous
de notre monde
mon hier
mon aujourd’hui
mon demain » (p. 81)

Henri Meschonnic, en cet élan, cette énergie des mots, est un poète de la joie :

« je tourne de lettre en lettre
mon alphabet c’est les jours
mes mots
sont ce que nous en faisons
une phrase qui n’a pas de fin
la bouche les yeux fermés
mange l’amour à pleines lèvres
nous ne faisons que commencer
de dire ce que nous ne savons pas
mais qui nous fait
ma vie ta vie notre vie
le bonheur
est l’inconnu en nous » (p. 84)


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