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Guillaume Dreidemie, poèmes

26 avril 2017

par Guillaume Dreidemie

Epopée du Déchant

I.

Il y a ceux que hante
Infiniment Verlaine.
Il y a eux et ceux
Que caresse une mère,

Nous marchions comme eux
(Un pas peut-être l’autre)
D’une démarche lente
Aboutissant au rêve

Sur les bords de la Saône
Et le livre à la main
Nous récitions des vers
Ne devisant de rien

Le cœur à son malaise
On songeait sans y croire
Aux faibles de génie,
Nous faibles sans mémoire

Alors déblatérant
Nos ébauches de rien
On aurait dû nous voir
S’éprenant d’un refrain…

II.

Etonnamment joyeux,
Heureux d’être de vils
Qui toussotent fumant
Laissent tomber la plume

Car écrire après eux
C’est là notre désir,
Oh écrire après eux !
De quoi vais-je bien vivre ?

Répétant après eux
Le geste de la main
À s’ouvrir un peu d’ombre
Est tombée sur le lit,

Là s’étale qui navre
Un recueil incomplet,
Las, petits poètes anxieux,
Venez vous asseoir.

Pour nos bien faibles
Cœurs, des liqueurs !
C’est amer et pathogène
Pour nous, bien faibles…

III.

C’est toujours pathogène
Le vers, petit poète fou,
Va, fuis, et n’écoute,
Use ta main, ton cœur,

Marche et récite. En rythme !
Et la rime ? Oh laissez-le,
Peut-être a-t-il trouvé,
Fougueux génie, un vers !

Peut-être est-ce bien beau,
Il aura donc la gloire
Auprès de ceux que hante
Infiniment Verlaine,

Qui s’endorment le vers
À l’âme et puis se lèvent
L’oubliant chaque fois
Au réveil… Déchant.


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