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Gisèle Venet : poèmes

30 septembre 2009

par Gisèle Venet

Ecoute parler l’ardoise
Des mondes vont surgir
Qui n’ont pas la parole
La goutte d’eau comme une larme
Rageusement creuse la faille
Dans les replis bleus du basalte
La plante est à naître qui portera la fleur
Aux carrefours des hasards
L’ardoise importe peu
Sans siècles jours ni craie
Pour griffer sa surface lisse
Inscrire la patience écolière
Du b.a.-ba de notre histoire
Ecoute dans l’ardoise le triomphe d’un cri
Etouffé sous la cendre qui promet l’infini
De mondes multiples l’ardent Giordano
Prêt à mourir pour libérer l’espace
Désenvoûter le monde par le rire
Construire et déconstruire la vague des marées
D’un seul poème paradoxal
Tu multiplies le siècle à l’infini
La conscience en instance
L’horizon éternel calciné d’illusion
La terre craque ce jour qui vient
Comme la noix sèche sous le pas lent de l’aube
En ce matin multiple d’infinis déjà là
La terre à l’aube craque sans l’œuvre de tes mains
L’infini turbulent
Sans sujet s’est dissout abandonnant l’histoire
Au retour des fougères et des monstres marins
La terre craque un jour indiscernable
D’étoiles qui s’éteignent
Sans œuvre qui ajoute
Un seul atome à sa poussière
L’ardoise vierge dérive dans l’espace
Ecoute dans l’ardoise l’instant revient

***

Le sel est sous la terre blancheur obscure
Terre sapide sous les eaux
Etales
Abyssale infime
Une pierre qui bascule
Arrondit l’informe
Poids
Des eaux
Une vague initiale
Lèche
La blancheur obscure invisible abyssale
Une pierre après l’autre la longue faille cède
Sous le poids ténébreux de l’eau
La mer entière bouge pour une pierre tu sais bien
La lame en puissance
Noire sous le noir soleil
Monstre marin en devenir
Vient affleurer
Dans la frange d’écume
Pas encore blanche
D’un matin sans décompte
La houle naissante dépose
Le sel de la terre invisible
Sur le rivage qui remonte
De la profondeur de ses gouffres
Jusqu’au retour d’une autre vague quand
Le poète dira
Un grain de sable se détache tu sais bien
Et la plage s’effondre


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