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Gilles de Obaldia

20 avril 2013

par Anne Mounic

Gilles de Obaldia, La langue des oiseaux. Paris : Maison de Poésie, 2012.


On sait que le poème peut être pris pour « langue des oiseaux », car le souffle poétique tient du vol, de l’envol, autant que du rythme et de la mélodie. Gilles de Obaldia ne nous déçoit pas, qui écrit pour l’oreille, ne cède pas à la mode de la nominalisation (statique) et sait que du verbe se déduit la vigueur de la phrase. On entend aussi dans ces poèmes, dédiés à la mère du poète, Mildred Clary, les notes de l’enfance et la joie éprouvée à la découverte des mots, notamment ceux qui désignent un cri, une sonorité.

Le chat-huant hulule
L’alouette tirelire
La pie jacasse
La caille margotte
La huppe pupule
Le canard cancane (p. 78)

Le recueil est traversé de ces émerveillements.

Deux hiboux très choux ont discuté
toute la nuit sur mes nombreux genoux

Tous deux fort sages, courtois et diserts
ont refait le monde en suçant quelques poux (p. 67)

La gravité elle-même s’exprime sans emphase.

La mort est un rouge-gorge qui se pose un jour
de grande incertitude sur votre épaule nue

Combien de pas perdus dans la salle blanche ?

Nous sommes des géants aux chevilles d’argile,
pris dans l’illusion comique de la durée

[...]
Toute une vie n’est pas assez
pour comprendre pleinement
cet étrange voyage qui nous retire un jour
à nous-mêmes et à ceux que nous aimons (p. 71)


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