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Giacomo Giuseppe Patri, par Tiphaine Jezouin

25 avril 2009

par Tiphaine Jezouin

Giacomo Giuseppe Patri, Col blanc (1940). Roman graphique. Paris : La Découverte, 2007.

Cet unique ouvrage de Giacomo Patri, dans le style d’avant-garde de la bande dessinée (le graphic novel), regroupe 128 planches de linogravure qui racontent le cheminement d’un père de famille de la classe moyenne pendant la crise de 1929 aux Etats-Unis. En partie autobiographique, l’auteur nous invite à suivre le parcours de ce personnage, de son ascension sociale à sa chute.

Les gravures en noir et blanc (réalistes et explicites) représentent les simples faits narratifs, tandis que celles de couleur ocre (caricaturales et métaphoriques)révèlent en images les pensées et sentiments du personnage. L’émergence du concept de solidarité (à travers la dernière gravure ocre) dans l’esprit du personnage définit l’idéal de l’auteur (du moins à cette époque-là), pour qui l’union de tous était la solution pour résorber la crise : un corps de travailleurs soudé contre les pressions socio-économiques.

Si aujourd’hui le terme de « col blanc » n’est plus aussi usité qu’à l’époque, cet ouvrage n’en est pas pour autant désuet. Le personnage se retrouve confronté à divers obstacles : prêt bancaire, dettes, chômage… tous ces thèmes sont autant de sujets aujourd’hui brûlants qui font écho à l’actuelle remise en cause du système libéral en Occident. Cette œuvre témoigne des maux des travailleurs, inchangés en quatre-vingts ans : sentiment d’impuissance, de dévalorisation et d’inquiétude quant à l’avenir.

Ce roman graphique pourrait tout à fait être l’œuvre d’un de nos contemporains… à une différence près : la solidarité des travailleurs du XXe siècle ne semble plus, elle, être autant d’actualité.


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