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Gérard Pfister, par Nelly Carnet

22 septembre 2014

par Nelly Carnet

Gérard Pfister, Présent absolu, Oratorio, Paris : Editions Arfuyen 2014.

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Présent absolu est le dernier volet d’un triptyque poétique et musical présenté en neuf mouvements. Il est dédié à la mère, « voie vacante dans l’espace de personne ». Il est suggestif autour d’une économie de mots suggérant quelque chose de précieux niché en chacun de nous ainsi que Gérard Pfister le commente dans sa défense de la poésie placée en fin de volume. Le lecteur s’engage dans une suite ininterrompue où il glisse d’un motif à un autre, lumière, silence, enfance…, dans une scansion brève et concentrée autour de vers d’un à quatre pieds seulement.

L’enfance serait le temps le plus proche de celui de la poésie ressenti dans l’acte créatif lui-même, sans temps, sans début, sans fin. La poésie serait l’enfance perpétuelle, l’instant en suspens.

Dans ce recueil, la magnificence et l’intelligence du lieu poétique prennent la figure de Babylone. Il s’agit là d’une révélation aussi inexistante que la ville disparue mais qui écarte momentanément des « quatre lettres de poussière » afin de mieux circuler dans le royaume de l’absence à soi-même. Ce royaume pourrait être celui de l’enfant qui n’est que « regard » au sommet d’un mont. Ses mots s’ajustent comme dans un défilés qui suivent une dérive mentale jusqu’à ce qu’ils se « taisent / délivrés // du dire / sevrés // du lait des dieux « pour laisser place au « chant », « présent absolu ».


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