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Georges Cathalo, par Gérard Paris

29 avril 2012

par Gérard Paris

Georges Cathalo, Au carrefour des errances. St-Sulpice (Suisse) : Airelles, 2011.

« à quoi bon s’échapper
S’enfuir serait se fuir
Et se perdre en soi-même »
Georges Cathalo
(« L’échappée »)

Loin de toute rhétorique, au plus près des humbles et de leur quotidien, funambule des images et des mots, Georges Cathalo oscille entre détourner le cours du temps, décoder l’invisible et démêler l’écheveau des attentes. Dans ce court recueil (19 poèmes), la partie centrale intitulée « Les morts » (poème sensible et délicat au lyrisme contenu) relie le visible à l’invisible, l’humain à l’inhumain. Mettant en scène Inuits, gens de couleur et gens de douleur, Georges Cathalo dénonce discrètement le modernisme et ses méfaits parlant de brise-glace nucléaire, de jours gonflés de haine, d’embrouilles, de catastrophes et de prédateurs. Pour résister aux infamies du quotidien, les sorciers (ou plutôt les sourciers)
suivent des chemins obliques :
« à l’envers des passages obligés
On craint de se lancer
On chemine à contre-courant »
Il convient, pour le poète, de partir à la recherche de la clé qui ouvrira les voyages impossibles, de reconstituer sa mémoire :
« et déjà les souvenirs
Sont les étoiles éparpillées
D’un quotidien à reconstruire »

Face aux êtres inconstants et aux décors en trompe-l’œil, il convient donc de se dégager de « la chair morte de l’angoisse », de retourner vers les galaxies et de plonger dans le rêve et l’imaginaire. »Au carrefour des errances »,survivre par le dialogue avec les morts…