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Frédéric Le Dain, poèmes

28 septembre 2008

par Frédéric Le Dain

Dans l’aleph des jours
Poèmes 2007-2008, extraits

Qu’on se lève
Et que l’on dise
Le poème
Tout haut

Qu’on le murmure
Dans son cœur
Comme une prière

Qu’on l’offre
A ceux qui n’ont plus
De parole
A manger

*

Sous les visages
Ce qu’il y a
D’une vie
Qui se dit

*

Une pensée s’en va
Elle rejoint les oubliettes

Trou noir de l’esprit

Une pensée s’en vient
Pareille à une bougie
Dans la cave

*

Rythme des mots

*

Jolie terrasse
Avec vue sur tes yeux

Dans le brouillard
Des sentiments

Le cœur magnétique
D’un soleil d’hiver

*

Comme c’est précieux
Un poème
Dans le gouffre noir

Un chant d’oiseau
Au matin
Un chant de printemps
Dans l’église

Après l’hiver
Des angoisses

Le poème sera une boussole

*

Moines
Comme des chandelles

Posées dans la nuit

*

Dans l’aleph

Une parole manquante
Est un appel
A nommer l’être

L’aleph des mots
L’aleph des vies
L’aleph des jours

Première lettre
Premier amour

Premier jour

*

Dans la nuit de l’Ange
Tu attends un éclair
Une lumière un appel

Le poids du corps pèse sur la plume
Le corps est habité

Quelques ombres passent
Vont vers la fenêtre
Puis reviennent
Légèrement vêtues
Elles restent muettes
Comme ton plaisir

Dans la nuit de l’Ange
La fuite est cruelle
La fuite est réelle

Le poème titube
Un vieil homme ivre
Mais pourquoi pourquoi
Cet écart

Lâcheté parfois
Oui lâcheté
De la fuite

Le poème est une guerre
Que l’on se déclare à soi-même
Dans la nuit de l’Ange

*

Vers quel désir
Va ce corps

Ce palpitement du cœur

Quel langage va s’inscrire
Dans ce palpitement

Quels mots vont habiter
Ces passions diverses

Quels tourments vont
se dire
Au cœur du labyrinthe
du désir

Le poème balbutie

Un rythme au creux
Des lèvres nues

Le corps s’emballe
Dans la recherche du plaisir

Le corps en hâte
Cherche un coin de ciel bleu
Je ne sais ce qu’il fait
Montagne au cœur des mots
Le lit couvert d’émaux
Tend son désir précieux
Aux noces d’un instant

Dans la chaleur du corps

*

Le poème c’est le rythme
Danse avec ton poème

*

Dans le silence
D’un poème
J’ai entendu
Mon propre vide

Dans une parole
Du poème
Tu as entendu
L’air de la liberté

La tête explose
En feuilles mortes
Le cœur ne sait plus
Où est le nord

*


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