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Françoise Lison-Leroy, par Gérard Paris

29 avril 2012

par Gérard Paris

Françoise Lison-Leroy, On s’appelle. Mortemart : Rougerie, 2011.

« Dans nos bouches
Les galets fondateurs
Laissent passer les morts »

Neuvième recueil de Françoise Lison-Leroy, avec quelques titres évocateurs :Avoir lieu, L’affûteuse (Prix Delaby –Mourmaux), L’incisive (Prix Charles Plisnier). Ce court recueil (60 pages) ne représente qu’un seul poème aux trois déclinaisons : De nuit, Des premiers jours, De nous,ici.

Dans la première partie (De nuit), Françoise Lison-Leroy actionne les ressorts de la mémoire et notamment ceux de l’enfance avec les voix qui fomentaient les légendes, avec les échanges d’histoires et tout le merveilleux qui apparaît au détour d’une pluie capiteuse :

« et on aimait la pluie
Pour son tamis et son cadastre
Ses muses lavandières
Serties de chants guerriers »

Dans la seconde partie (Des premiers jours), le poète – présentant certaines analogies avec Jacques Izoard ‒ se lance dans des énumérations significatives (visages verrous cadastre ; Brûlure rondeur patience ; Rire cri vertèbre ; buis portail fêlure). Alors entre amour et colère, l’encre défie l’horloge et le temps apparaît sous un aspect inattendu :

« un signe nous est venu
Une flamme passe montagne
Flanqué de ce sceau bien-nommé
Le temps »
Mais c’est dans l’ultime développement du poème (De nous, ici) que se révèle la dimension spirituelle, la profondeur du poète :
« Je suis des vôtres
Seule et double à la fois
Fève volée aux astres
A l’arc-en ciel et aux écorces »

« On s’appelle » ou le voyage au pays des ombres, des légendes et des failles…


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