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François Lescun

26 avril 2010

par Anne Mounic

François Lescun, Eté indien. Monotypes originaux de Véronique Trimming. Paris : Caractères, 2009.

Ce recueil poétique se compose de trois parties, « Rose d’automne », « Au pied du mur » et « Antagonies ». Les deux premières parties composent chacune une séquence, de vingt et un poèmes pour la première, sous le signe d’Agrippa d’Aubigné : « Une rose d’automne est plus qu’une autre exquise » ; de vingt poèmes pour la seconde. La dernière partie, qui s’ouvre avec La Rochefoucauld : « Le soleil ni la mort / ne se peuvent regarder fixement », comporte quarante-huit poèmes, chacun possédant cette fois-ci un titre, de « Obsession d’Icare » en passant par « L’île des morts » ou « Palimpseste » jusqu’à « Eté indien II », le premier poème de ce titre se tenant sous le numéro 24 :

« Je me souviens d’avoir été indien
je sillonnais la plaine primitive
accroché à la crinière de mon cheval
et couronné de plumes d’aigle
j’attrapais les éclairs avec mon lasso » (p. 84)

Ce livre est traversé de mélancolie, d’un sentiment de la vanité des choses, et du poids du deuil. Si le poète jouit de l’automne, c’est comme d’un point d’orgue. Voici « Eté indien II » :

« Les forêts d’érables se déguisent
en un ballet de diables
et les peupliers onduleux dévident
les fils d’or de leurs quenouilles
avant que s’efface toute la tapisserie. » (p. 108)

Et ne subsiste que le chant, comme la voix de l’être cher s’attardant parmi nous au rythme de la voix du vivant :

« J’aspire à pleins poumons ce noble crépuscule
pour tenter d’arracher à la mort
quelques guenilles de ta splendeur
quelques étincelles de ta générosité
pour enfanter ce chant que tu ne peux entendre
ce poème pour toi que tu ne connaîtras jamais »


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