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Francesca Y. Caroutch, poèmes

26 septembre 2010

par Francesca Y. Caroutch

Lago di Bracciano, Latium. Photographie de Guy Braun.

AFIN DE TOUT

Des légendes lovées
dans leur houppelande de brume
s’éveillent et nous escortent
Des pierres crissent de joie sous nos pas
Les cyprès vibrionnent en sourdine
Nous avançons ivres de prodiges ordinaires
Pulsations de sources secrètes
Ravissement du bleu intérieur

Dans la liesse des moissons
un incurable se donne la mort
seul présent qu’il reçut
avec la vie

Tragique espoir du sans espoir
dans l’adoration de l’instant

ACCALMIE

Clapotis amoureux de la ville en rut
sous le vent chaud
Les ténèbres se font caresses
comme la ciguë se fait nectar
Marées d’astres hantées comme nous
par la quête du sens
Dans ses improbables gîtes
la camarde besogne sans fin

Débusquer l’insondable
dans les entrailles de la psyché
où tant d’histoires se tiennent la main

Déjà
en filigrane
la future ombre portée de la nostalgie
sur les ports méditerranéens

THEATRE DES OISEAUX

Grisés de vitesse de petits faucons ensorcelés
se posent devant toi
méditant sous les acacias
Puis ils planent immobiles au-dessus de la tour
- Saint-Esprit pétrifié

Tous nos sentiments sont contenus
dans ce mystère ailé

Le luxuriant jasmin exhale une haleine
trop forte qui fait presque mal

S’éveille le petit-duc
orfèvre des ténèbres d’or

Viens nuit d’une terrible suavité
pour que cesse l’éblouissement
des choses qui tremblent

PAROXYSME DE L’ETE

L’ode au silence de chaque brin d’herbe
nous fait bondir de notre lit
Dans une explosion de chants d’oiseaux
l’aube coupe la tête
à toutes les visions
Opulence des vergers saturés de suc
Canicule dans les bois de lilas

Au loin la foudre
- souffle rauque d’un volcan

Traverser sans se brûler
l’enfer de diamant du bonheur
Tu es un phénix
exultant dans la fournaise

La lumière des choses tues
veille sur l’amour à plus haut sens
dans l’attente
de l’inéluctable déchirure

Que de cailloux à semer
avant de retrouver la clé des songes

FASTES DE L’INAUDIBLE

Dans une lumière irréelle
serres à l’abandon
fortins oubliés dans les sables
feux de joie devant de misérables cabanes
Parcelles de substance divine
Vieux terroirs de pauvres et de brigands
Dans cet espace à vif
le passé nous saute à la gorge
comme l’odeur de très anciennes suies
par temps pluvieux

La montagne conserve-t-elle
les annales des fourmis
les grimoires des lézards
toujours à retracer
comme la course d’images vues en rêve ?


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