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Etienne Paulin, par Gérard Paris

25 avril 2015

par Gérard Paris

Etienne Paulin, Contours du piège. Nantes : Lanskine, 2014.

Voici le sixième recueil d’Etienne Paulin depuis 2010 avec quelques titres significatifs comme Voyage du rien (Prix Thyde Monnier 2012) et Extrême autrui (2012). C’est entre vie rêvée et enfance un étonnant carrousel d’images et métaphores dont les personnages importants sont les monstres, les ours, les félins. Du chant (ou du contre-chant) à l’illusion (« l’illusion comme un étendard »), nous assistons à une construction étonnante de thèmes (comme des flashs, comme des pulsions) avec une mise en parallèle constante de mots sans rapport les uns avec les autres (réverbères, laitiers, engelures ; hauts de rues, couleuvres, carillons), la cohabitation surprenante d’un langage familier avec des termes plus affinés (à connotation historique ou religieuse). Rien de conventionnel ni de rhétorique dans les poèmes d’Etienne Paulin car « il n’y a rien qui pour toi vaille
Qu’une fêlure ici acheminée, criant d’être pliée, enfin, noir-noir
Et rien ».

L’imaginaire et la mémoire rôdent dans les lisières de la vie et du rêve formant « un estuaire de vertiges ». Dans un temps gigogne, écoutons l’ultime confession du poète :

« j’attends de mon poème qu’il s’atrophie
De lui-même, comme au verger les fruits qui meurent
A peine ventés »
Gérard Paris


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