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En bref

30 septembre 2009

par temporel

Camille Aubaude, Poèmes d’Amboise. Amboise : Les Amis de la Maison des Pages, 2007.

Ce petit recueil de Camille Aubaude célèbre la Maison des Pages du château d’Amboise en des vers qui se souviennent de la poésie médiévale. Le poète, d’ailleurs, se plaît à composer poèmes et rondeaux.
« J’ai enseigné le Mystère des fées
Régénérée par un fleuve d’ambre.
Qui peut m’entendre quitter ma chambre
A Minuit dans la Maison des Pages ? »

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Yvan Avena, Les quatre saisons de la vie. Goiâna (Brésil), 2009.

On retrouve dans ce recueil le poète de « l’engagement social » dont nous avons parlé dans le précédent numéro. http://temporel.fr/En-bref,475

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Elizabeth Caldeira Brito, L’envers des heures et autres. Traduction d’Yvan Avena. Goiâna : Editora da UCG, 2007.

Ce recueil se présente en trois parties : les poèmes originaux, en portugais (Brésil), la traduction espagnole, par Perpetua Flores, et la traduction française. Comme l’indique le titre, la préoccupation du poète est la fuite du temps :
« Empêcher
que l’instant
passe comme la foudre. »

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Jacques Goorma, Le Séjour. Paris : Arfuyen, 2009.

Sur la couverture, un fragment de L’Agneau mystique de Van Eyck et, en exergue, Sherlock Holmes : « Je ne vois rien de plus que ce que vous voyez, mais je me suis entraîné à le remarquer. » Et, tout de suite, la définition de ce « séjour », qui s’apparente à l’origine :

« Le séjour de l’éveil est dans la clarté de l’esprit, dans cette lumière irradiant toute chose de sa présence. Toute chose n’a lieu qu’en son séjour. Partout circule l’énergie, aucune chose ne serait sans elle ; mais la pierre, la fleur, la terre ne se prennent pas pour autre chose qu’une manifestation de cette énergie. Seul l’homme pense être quelqu’un, se détache de sa source jusqu’à l’oublier. »
Le recueil se compose de huit mouvements : Le séjour ; Le souterrain ; le retour ; La rivière ; Le secret ; Le regard ; Derrière la porte ; Le jour sait. Il s’achève ainsi :
« Et nos jours, nos jours sont au fil des jours autant de perles qu’un fil de nuit relie. Un point à l’envers, un point à l’endroit. Jusqu’à se rompre. Elles brillent alors, un instant, avant de rouler sous la table de l’oubli. »
Belle et sensible méditation en prose sur l’être, ce recueil fait suite au Vol du Loriot dont nous avons parlé dans Temporel, n° 2 : http://temporel.fr/Le-vol-du-loriot-par-Jacques

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Bernard M.-J. Grasset, Liturgie (La Grande Ourse). Jonzac : Editions de l’Atlantique, 2009.

Composé de trois moments, Espérance, Amitié et langage, ce recueil se fonde sur la parenté de ce que son auteur nomme « activité poétique et présence du sacré.

« Plus loin que la clairière arrive le soleil
Du tombeau s’élève le psaume d’espérance
Au-delà de la soif, la fraîcheur du réveil »

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Gilles Lades, Vue seconde. Colomiers : Encres Vives, 2009.

Ces poèmes sont écrits d’après des photographies que le lecteur est appelé à deviner. Les photographes sont Cartier-Bresson, Raymond Depardon ou bien Robert Doisneau, entre autres.
« laine à laine montant
le troupeau dans les courbes blanches
la craie le cailloutis les pare-ravins » (Robert Doisneau, Transhumances, p. 16)

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Gérard Paris, Fragments (2). Revue Poésie en voyage, 2ème trimestre 2009.

Ces fragments sont des aphorismes ou des impressions. Le recueil débute par : « Niche, sanctuaire : intimité, tabernacle… » et se clôt sur la pensée de la mort. L’ensemble, d’ailleurs, est habité d’une sorte de mélancolie, mais le poète croit aux vertus du poème : « Le sillon scellé par le silence… »

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Jackie Plaetevoet, Limpidité du peu. Jonzac : Editions de l’Atlantique, 2009.

Ce recueil se compose de quatre séquences : Liminaires, Limpidité du peu, Sous le bandeau errant, Juste de passage. Les poèmes sont très courts et ressemblent parfois à des aphorismes : « La couleur se joue de la vérité. Il n’y a que la lumière qui ne joue pas. » Ou bien à des résolutions : « Garder confiance. Envers et contre tout. »

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Paul Sanda, Racines profondes. La Bégude de Mazenc : Editions Arma, 2009.

« Je ne veux rien de plus que
ce que l’on éprouve en entrant dans la chair

et dans l’os :que tout soit tout cru

Accompagné de sept dessins de Didier Serplet, ce recueil est préfacé par Michel Cazenave. De la pierre à la clavicule de Salomon, tel est l’itinéraire de Paul Sanda : au travers de l’hermétisme et de l’alchimie, le poète poursuit ses métamorphoses. Pour Paul Sanda, toute la grandeur, toute la magie se situent dans les murailles de Cordes : Alors je peux hurler : celui qui ne rend pas hommage à la muraille ne la craint pas et par là même va se remplir hommage à la muraille Hommage à la muraille ne la /craint pas et par là même va se remplir/de faiblesse. Entre le corps et l’esprit, par l’action du feu dans la chair vont se jouer toutes les transmutations, tout ce qui se cristallise entre les corps et les âmes :
Ah ce que je suis c’est à la pierre au/mur aussi c’est ce qui va jaillir de la/délectation des forces ah la cité sa chair/et les êtres qui s’en défont voici la farce des/hordes et la duplicité du pacte.

De la pierre à la vapeur et à la colère, il faut calculer, formuler le rituel le feu et oscillant entre le puits sublime et le chaos du cloaque, le poète, aidé par les signes et les oracles, plonge dans la nuit alchimique :
Je sais pouvoir alors décrire tout ce que les/êtres les plus sains-tout au fond d’eux-/mêmes gardent
Racines profondes
, quand la Cité fouille ses ossuaires ses reliques….

Gérard Paris

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Hélène Vidal, Les plis de l’éventail. Jonzac : Editions de l’Atlantique, 2009.

Dans Les plis de l’éventail, une suite d’impressions fragmentées, en vers très courts, en poèmes généralement concis. L’expression, assez nominalisée, connaît des ruptures de syntaxe et s’entoure de silence.

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Augustus Young, Diversifications. Exeter : Shearsman Books, 2009.

Le poète qui affirme, parodiant Donne dans un premier temps : « Nul poète n’est une île. La poésie est affaire de promontoires. », s’engage, comme il le dit, auprès de Maïakovski, puis de Brecht, en tirant les leçons de ses lectures. Il écrit ensuite sur « La longue habitude de la vie ».

A signaler aussi The Nicotine Cat and Other People. Dublin : The Duras Press, 2009. prose et poèmes. Nous en avons publié un extrait dans le numéro 7 de Temporel :
http://temporel.fr/Augustus-Young-poemes


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