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En bref

1er mai 2008

par temporel

En bref…

Mousse Boulanger, Aussi mince que l’oiseau. Poèmes. Lausanne : L’Age d’homme, 2007.

Nous parvient de Suisse romande ce recueil de poèmes écrits entre 2002 et 2007. L’un d’eux est dédié au fils de l’auteur.

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Michel Cosem, Matin des rossignols. Photographies : Magali Lambert. Amiens : Corps Puce, 2007.

On retrouve dans ce recueil le goût de Michel Cosem pour le rythme de la marche, les êtres de la nature, et la beauté simple de la parole.

« Les hirondelles au ventre blanc
glissent sur la pierre
tournent et sifflent autour du clocher
et réclament la paix au monde

*

La cigogne
parfaitement sereine niche
tout en haut du clocher Elle pense
à ses futurs petits
et aux prochains voyages au-dessus des mers d’azur
Elle pense simplement à l’eau des lagunes au ciel du couchant
et aux cris brefs des éperviers

*

Le long de la forêt
le faucon se balance dans le ciel Il tombe
se redresse et agite ses petites ailes Il surveille
Se méfie
Nul ne lui donnera à manger à midi

*

Les moineaux aiment le vent
le vent dans les platanes et sur les champs de blé
lorsque tout renaît avec la lumière lorsque tout est clair
la vie limpide et les querelles vite oubliées » (pp. 38-39)

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Colette Gibelin, Un si long parcours. Paris : L’Harmattan, 2007.

Recueil de poèmes en prose au rythme paisible, même s’il est traversé par la mort. Belle écriture, sans emphase.

« Nous voulions croire aux averses de lumière, au vent qui déplace les horizons, et même, belle envolée, aux lendemains qui chantent jusque dans l’or des crépuscules.

L’aube blanchissait les boulevards imprévisibles. Midi était brasier de vigueur et de rires. La nuit s’alanguissait, toute livrée aux forces de la vie.

Nous espérions répondre aux énigmes du sphinx. L’éternité scintillait dans nos yeux. » (p. 15)

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Jean Paul Giraux, Le chimpanzé de Rio. Proses brèves. Nouvelle édition augmentée. Soisy-sur-Seine : Editinter, 2008.

Recueil dont Jean Joubert écrit : « L’art de la concentration, la maîtrise du sujet et du langage, la virtuosité y sont souvent remarquables. »

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Emmanuel Hiriart, Les mystérieux voyages du soleil et de Notre-Dame la Lune.
Colomiers : Encres Vives, 2008.

Sous un titre qui rappelle Jules Laforgue, un recueil à deux voix dotés de moments sincères, dépouillés et heureux :

« Elle est noire et belle
Toute à la joie d’être seule
Gardant la vigne inquiète. »

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Jointure
. Revue trimestrielle publiée par l’association La Jointée.
http://www.lajointée.com
Dans le numéro de mars 2007 :

Briceida Cuevas Cob
Présentation Par Valentina Vapnarsky-Poèmes.

Alexis E1lvarez Barbosa - Sebastien Coënt- Laurent Bayssière - Patrice Blanc
Jeanine Dion-Guerin - Bernard Grasset - Agnes Gueuret - Amedee Guillemot
Christine Guilloux- Patricia Laranco - Lydia Padellec - Patrick Picornot
Olivier Richard - Marie Sunahara - Victoria Thérame.

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Jean Joubert, Trois nuits sans lune. Colomiers : Encres Vives, 2008.

« C’est sur le dos de la mort
que voyagent les beaux enfants.
La porteuse ailée grimace
mis eux, légers souverains,
chantent les plaisirs fugaces. »

Extrait des « Sept caprices », II, d’après des gravures de Goya.

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Patricia Keeney, Le Livre de Patrick. Le livre de Jeanne. Traduction de Michèle Duclos. Le Poémier de Plein Vent, n° 102 et 103. Bergerac : Les Amis de la Poésie, 2007.

Dans ces deux recueils de poèmes, présentés dans leur version originale et dans la traduction de Michèle Duclos, sont retracés deux vie, celle de Patrick :
« Un temps que je n’ai jamais connu
mais qui m’a engendré » (p. 5)

et celle de Jeanne :
« Quand ils relèvent la tête, ils n trouvent plus
l’enfant.
Jeanne est partie
pour son voyage sombre
entraînant le soleil. » (p. 11)

Universitaire, poète, romancière et essayiste, Patricia Keeney est née en Angleterre d’un père canadien et d’une mère anglaise. Elle enseigne à la York University (Canada).

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Pierre Lacroix, Bleus. Aurillac : Nix & Nox, 2007.

Long poème en prose à l’amour. Pierre Lacroix écrit d’une très belle plume, sensuelle, et revendique son homosexualité.
« La première fois, c’était à quinze ans, aux vacances de Pâques, quand les sous-bois s’anémonent. Les livres m’avaient dit qu’elle est la fleur du vent, et les promenades l’haleine du printemps. Sur ma table de nuit, dans une fine coupe à champagne trouvée en haut du buffet, je faisais flotter sur l’eau leurs corolles coupées. Il devait y en avoir dans le bouquet de mariée de ma mère, sur la nappe du repas de noces. On les voit neigeuses quand on est gosse. A quinze ans, j’ai vu les touches violacées qui les doublent, leur pâleur mauve de muqueuses. J’ai vu les bois et les talus de mars, semés d’anémones pour le bal au grand vent des pans et des dryades. Maintenant, je sais. Elle a sa place dans ma flore. Anémone sylvie, première fleur blanche de ma vallée sans perce-neige, fleur des essors timides, des mystérieux appels du vent d’adolescence, fleur des fugues dans les bois, des fugues dans les draps. » (p. 67)

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Alain Lacouchie, Debout, malgré tout. Colomiers : Encres Vives, 2008.

Alain Lacouchie est ici encore la voix de l’indignation, tout autant dans ses poèmes que dans les dessins aux arêtes vives qui les accompagnent.

« vent debout,
contre et rebelle ;
le rox à nu
ou la colère du héros,
comme arracher ke vent.
Homme debout
contre la mort. » (p. 13)

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Gaston Leroux, Le mystère de la chambre jaune. Edition préfacée, annotée et commentée par Jean-Pierre Naugrette. Paris : Le livre de Poche, 2008.

Un classique, qui fait partie du « patrimoine populaire », comme l’écrit dans sa préface Jean-Pierre Naugrette, qui cite Roger Cailloins : « Ce n’est pas le plaisir d’écouter une histoire qu’on prend à lire un roman policier. C’est celui d’assister à un tour de prestidigitation dont l’illusionniste dévoile aussitôt le secret. » (p. 13)

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Ludmilla Podsokova, La pluie de Marrakech. Collection Lieu. Colomiers : Encres Vives, 2007.

Quinze brefs poèmes autour de la ville de Marrakech. Illustration de couverture de Linda Moufadil.

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Yvan Quintin, Fleur de chair. Aurillac : ErosOnyx Editions, 2007. editions@erosonyx.com

Recueil de six nouvelles, dont une inspirée de Virgile.

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Albert Strickler, Le voyage de l’arbre. La Broque : Les petites vagues, 2007. Illustrations de Benjamin Strickler.

Ce recueil réunit deux séquences de poèmes qui s’entrecroisent : le voyage du peuplier et le questionnement de notre réalité nomade. Très joli livre.

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Renée Vivien, Etudes et Préludes. Cendres et Poussières, Sapho. Aurillac : ErosOnyx Editions, 2007. editions@erosonyx.com

Réédition de poèmes de Renée Vivien par une jeune maison d’édition.

« Chanson

Comment oublier le pli lourd
De tes belles hanches sereines,
l’ivoire de ta chair où court
Un frémissement bleu de veines ?

N’as-tu pas senti qu’un moment,
Ivre de ses angoisses vaines,
Mon âme allait éperdument
Vers tes chères lèvres lointaines ?

Et comment jamais retrouver
L’identique extase farouche,
T’oublier, revivre et rêver
Comme j’ai rêvé sur ta bouche ? »