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En bref

29 septembre 2007

par temporel

Annie Briet, Fresque tressée de fleurs. Bergerac : Les Amis de la Poésie, 2006.

Annie Briet, dans ce joli recueil, est en conversation avec les fleurs, jacinthe, « qui pousse chaque nuit », pivoines, « confiance nouvelle » ou digitales, « chastes vestales pour le feu de juillet ».

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Annie Briet, Philippe Davaine, Arc-en-ciel d’oiseaux. Monaco, paris : Editions du Rocher, 2007.

Dans ce très élégant livre, poèmes et dessins se mêlent pour nous parler de la mésange bleue, du moineau, du coucou de mai ou de la huppe couronnée.

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Gaspard Hons
, Personne ne précède. Colomiers : Encres Vives, n° 346, mai 2007.

Recueil écrit en 1985 et 1986, puis publié en 1993, et 2007, et placé sous le signe de Paul Celan : « Loué sois-tu, Personne ».
« Un mince filet d’eau à l’aube du
voyage, l’obscur ruisseau de mon
enfance et quelques abeilles-questions »

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Marie Le Drian
, Attention éclaircie. Paris : La Table Ronde, 2007.

Ce roman tourne autour du souvenir d’une amie, d’un agenda bleu et de la promesse faite à une mère sur son lit de mort. Pour signifier la détresse de la narratrice, Ellen Pogam, « séparée » de son mari et liée par sa promesse, Marie Le Drian a trouvé un « corrélatif objectif » qui revient comme un leitmotiv au début de l’ouvrage : l’infortune des langoustines.
« Les langoustines ont crié. Quelques-unes. Crié, c’est beaucoup dire. Gémi peut-être. » (p. 47)

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Patricia Martin-Deffrennes,
Le lecteur. Serres-Morlaàs : Les éditions de l’Atelier, 2007.

« Il paraît qu’il y a des livres qui sauvent.
Je crois pouvoir dire aujourd’hui que je ne les ai pas rencontrés… »

Ainsi débute cette nouvelle d’un auteur dont Temporel a présenté déjà deux ouvrages.

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Les éditions de l’Atelier nous font aussi parvenir 125 cm3 de Frédéric Vilar, 2007.


Christopher Middleton,
If from the Distance : Two Essays. With an Introduction by Alan Wall and an Afterword by Anthony Rudolf. London/ Menard Press, 2007.

Ceci est un ouvrage à plusieurs voix. Outre la préface et la postface, par Alan Wall et Antony Rudolf respectivement, et les deux essais tirés de notes journalières et de réflexions sur la traduction d’Hölderlin, y paraissent un poème d’Alan Wall dédié à Christopher Middleton, poète anglais né en 1926, universitaire, spécialiste et traducteur de poésie allemande, ainsi que le poème d’Hölderlin, bilingue, dont le titre anglais donne son titre à l’ouvrage.
« The world is emptying itself of its remnants of the invisible. Visibility is consuming all. My travels – meagre expeditions in search of the unseen, before it is ‘disappeared’. » (Le monde se vide de ses vestiges d’invisible. Le visible consume tout. Mes voyages : de maigres expéditions en quête du mystère, avant qu’on le nomme ‘disparu’. »

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Edgar Alan Poe
, Les aventures d’Arthur Gordon Pym. Traduction de Charles Baudelaire. Edition de Jean-Pierre Naugrette. Paris : Le Livre de Poche, 2007.

Nouvelle édition du chef-d’œuvre de Poe précédé d’une introduction de Jean- Pierre, professeur à Paris 3 Sorbonne nouvelle et écrivain.
« Gordon Pym est un récit à la première personne et, comme chez Melville ou Twain, cette personne est la même qui a survécu à ses aventures, ce qui lui permet de les raconter : raconter est le symptôme le plus évident de la survie, et donc de la réalité des aventures racontées. Le récit se garantit lui-même, par lui-même. »
Récit garant de vie et, si nous songeons à Spinoza, plus que « je suis pensant » : « je suis parlant », ou vie et langage non dissociés.

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William Shakespeare,
Sonnets. Mis en vers français par Bertrand Degott. Edition bilingue. Paris : La Table Ronde, 2007.

« Je maintiens ici, » écrit Bertrand Degott dans sa préface, « le parti pris shakespearien du sonnet et du vers mesuré. » Le vers choisi est l’alexandrin, qui est « à la poésie française ce qu’est le pentamère ïambique à la poésie anglaise. Le traducteur, qui est aussi poète, ne dissimule pas la difficulté de l’entreprise. « Pour y remédier, on peut aussi considérer que l’unité syntaxique n’est pas le vers mais le distique, voire la strophe, ce qui permet le cas échéant de répartir le matériau linguistique dans un espace plus vaste. »
Je citerai ici la traduction du premier quatrain du sonnet 33 (« Full many a glorious morning have I seen ») :
« J’ai mainte et mainte fois vu un matin superbe
flatter les hauts sommets de son œil royal
baisant avec sa face d’or les prés en herbe
dorant par l’alchimie du ciel les cours d’eau pâles »

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Philippe Trouvé,
La litanie des mots. Colomiers : Encres Vives, n0 343, février 2007.

Beau recueil d’un poète mort en 2005, qui publiait chez Encres Vives depuis 1964.
« Paul et moi ainsi que deux grands frères sur le quai
faisons des gestes de sémaphores en donnant l’heure au monde.
C’est bien : tu pars avant que mon train ne soit là.
Trop tard ! On a oublié un sujet ...
Ce n’est pas la Muette d’Auber ni la Dame Blanche de Boieldieu
mais la noire de Trastevère notre Camarde qui êtes aux cieux
au fond des verres elle surnage
et dit aux amants du Tage
sur ses berges :
Muerta la Muerte... »
Paris 22/11/85


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