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Editorial

1er mai 2008

par temporel

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Nicolas de Largillierre
Etudes de mains, Musée du Louvre

Nous accueillons dans ce numéro, sur le thème de la main, des contributions dans des domaines variés : philosophie, avec Anne Henry nous introduisant à la pensée de Michel Henry ; poésie, avec Jean-Baptiste Para, poète, parlant d’un autre poète, son ami, Claude Esteban, et Marc Porée, nous initiant à l’art de Keats ; cinéma, avec Guy Braun, qui s’intéresse à un film d’Akira Kurosawa ; sciences humaines, avec Christian Laval sur la main invisible chez Adam Smith ; sciences, avec Marc-Williams Debono, et art de la gravure avec Devorah Boxer.

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Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Charles Baudelaire, "La chevelure"

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Enlevez les rêves, vous assommez l’ouvrier. Négligez les puissances oniriques du travail, vous diminuez, vous anéantissez le travailleur. Chaque travail a son onirisme, chaque matière travaillée apporte ses rêveries intimes. Le respect des forces psychologiques profondes doit nous conduire à préserver de toute atteinte l’onirisme du travail. On ne fait rien de bon à contre-cœur, c’est-à-dire à contre-rêve. L’onirisme du travail est la condition même de l’intégrité mentale du travailleur.

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Modelage ! rêve d’enfance, rêve qui nous rend à notre enfance ! On a souvent dit que l’enfant réunissait toutes les possibilités. Enfants, nous étions peintre, modeleur, botaniste, sculpteur, architecte, chasseur, explorateur. De tout cela qu’est-il devenu ? Il y a cependant un moyen, au centre même de la maturité, de retrouver ces possibilités perdues. [...] Ce moyen, c’est la littérature. Il n’y a qu’à écrire l’œuvre peinte ; il n’y a qu’à écrire la statue. La plume à la main - si seulement nous voulons être sincères - nous retrouvons tous les pouvoirs de la jeunesse, nous revivons ces pouvoirs comme ils étaient, dans leur naïve confiance, avec leurs joies rapides, schématiques, sûrs. Par le biais de l’imagination littéraire, tous les arts sont nôtres.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté (pp. 93 et 95)

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Dans le cahier de création, qui demeure indépendant du thème, nous pourrons lire Claude Vigée et d’autres poètes dont Basavanna, poète indien du douzième siècle traduit par Nicolas Go ; Richard Burns, de Cambridge, et Angelo Ciccullo, de Rome. Nous évoquons le poète belge Arthur Haulot et publions quelques poèmes sur Lucifer par Alan Sillitoe, dans la traduction de Michèle Duclos. Nous avons demandé à Beryl Cathelineau-Villatte de bien vouloir nous confier quelques poèmes de Gérard Cathelineau pour un hommage, car il nous a quittés à l’automne 2007. On pourra lire aussi des poèmes de Beryl Cathelineau-Villatte, Rafael Concejo, Michèle Finck, Christine Gayet, Nicole Gdalia, Alain Lacouchie, Gilles Lades, Frédéric Le Dain, Yvon Le Men, Anne Mounic, Shizué Ogawa (dans la traduction de Michèle Duclos), Isabelle Raviolo, Albert Strickler, Alain Suied et Charles Walker, et des œuvres en prose de Lia Karavia et Maria Maïlat, ainsi que d’autres contributions, rassemblées dans nos Morceaux choisis. Roger Scott nous a fait parvenir une première sélection de traductions de poèmes de Pierre-Jean Jouve par David Gascoyne. Nous en publierons une seconde en octobre.

Suivent deux entretiens, sur la photographie, avec Alfred Dott, et sur la poésie, avec Nicole Gdalia, qui est aussi la directrice des éditions Caractères. Jean Revol nous a confié son point de vue sur l’art contemporain et Richard Burns évoque la personnalité de Peter Russell.
Parmi les notes de lecture, nombreuses – d’Annie Briet, Nelly Carnet, Michèle Duclos et Claude Vigée, entre autres –, je voudrais attirer l’attention sur l’ouvrage publié par les éditions Syllepses et l’association ARESER à propos des « ravages de la ‘modernisation’ universitaire en Europe » et, dans un autre domaine, sur le récit d’André Dhôtel, Le club des cancres, publié avec une postface de Jean-Claude Pirotte aux éditions de la Table Ronde fin 2007 – un vrai régal que je voudrais faire partager. Nous présentons également un compte rendu de Construction d’un château de Robert Misrahi, méditation philosophique d’une extrême acuité sur ce que signifie la création poétique. Hélène Péras nous a fait parvenir sa traduction, dans le Bulletin de l’Association des Amis du Vieux Hué, d’un poème en prose de Han Mac Tu, un des plus grands poètes vietnamiens du vingtième siècle.

N’oubliez pas qu’il est aisé de trouver les numéros antérieurs, en cliquant sur « à rebours », puis sur le numéro désiré.

Enfin, je termine cet éditorial par l’actualité : l’Association des Amis de l’œuvre de Claude Vigée s’est constituée et a tenu, le 15 mars 2008, sa première assemblée générale à l’Institut d’anglais de Paris 3 Sorbonne nouvelle. Vous en trouverez, dans ce numéro, le bulletin n° 1, Peut-être.
Les poésies complètes de Claude Vigée, Mon heure sur la terre, paraissent au mois de mai aux éditions Galaade (Emmanuelle Collas), sous la direction de Jean-Yves Masson. Préface de Michèle Finck. Introduction, notes et biographie d’Anne Mounic.

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Paraissent ce mois-ci aux éditions Caractères Le puits du ciel, d’Anne Mounic, recueil illustré par Guy Braun (gravures et monotypes). Une exposition a lieu du 5 au 30 mai à l’occasion de la parution de cet ouvrage.


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