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Dylan Thomas, par Michèle Duclos

1er mai 2008

par Michèle Duclos

THE HAND THAT SIGNED THE PAPER
 
The hand that signed the paper felled a city ;
Five sovereign fingers taxed the breath,
Doubled the globe of dead and halved a country ;
These five kings did a king to death.
 
The mighty hand leads to a sloping shoulder,
The finger joints are cramped with chalk ;
A goose’s quill has put an end to murder
That put an end to talk.
 
The hand that signed the treaty bred a fever,
And famine grew, and locusts came ;
Great is the hand that holds dominion over
Man by a scribbled name ;
 
The five kings count the dead but do not soften
The crusted wounds nor pat the brow
A hand rules pity as a hand rules heaven ;
Hands have no tears to flow.
 
Dylan Thomas (1914-1953) w.1933
LA MAIN QUI SIGNA LE PAPIER
 
La main qui signa ce papier a détruit une cité ;
Cinq doigts souverains ont flétri le souffle de la vie,
Ont doublé la sphère des mots et coupé un pays en deux ;
Ces cinq doigts ont mené un roi à la mort.
 
La main puissante conduit à la rondeur de l’épaule,
Les jointures des doigts sont bloquées par la craie ;
Une plume d’oie a mis fin au meurtre
Qui a mis fin aux négociations.
 
La main qui a signé ce traité a généré une fièvre,
Et la famine crût et les sauterelles vinrent ;
Forte est la main qui tient l’homme sous sa coupe
Par un nom griffonné.
 
Les cinq doigts comptent les morts mais ne donnent
Ni soulagement aux escarres, ni caresse au front ;
Une main régente la pitié comme une main régente le ciel ;
Les mains n’ont pas de larmes à verser.


« The Hand that Signed the Paper » parut en décembre 1935 dans l’anthologie New Verse dirigée par Goeffrey Grigson, avant d’être repris dans le deuxième recueil de Thomas, 25 poems, en 1936 (cf. H.Bokanowski, Dylan Thomas, Seghers, 1975 pp.153 et 194). D’après Ralph Maud (Poet in the Making – the Notebooks of Dylan Thomas, Londres, Dent, 1965, pp. 20-24) ce poème figure à la date du 17 août 1933 dans l’un des carnets où le jeune poète notait les poèmes qu’il venait de composer. Considéré comme son unique poème politique, « The Hand that Signed the Paper » est dédié à son ami travailliste « AET » - Bert Trick. Le jeune Thomas se sentait concerné par les problèmes sociaux ; il possédait un exemplaire des Poems d’Auden parus en 1930. Plusieurs ont loué la clarté et la simplicité de composition de ce poème, mais les allusions ou les métaphores ne sont pas élucidées. Derek Stanford (Dylan Thomas, a literary study, Londres, 1954) et Clark Emery (The World of Dylan Thomas, Londres, Dent, 1971) soulignent l’absence d’élément féminin lié à la douceur ; pour tous les deux, le bras en quelque sorte privé de corps et d’un cœur met en relief le caractère inhumain de l’acte.

Ce poème, sa traduction et le commentaire sont tirés de l’anthologie Poésie britannique des années trente parue aux Presses Universitaires de Bordeaux en 1996.

(Les P.U.B. avaient reçu l’accord de David Higman Associates à Londres)


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