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Dunstan Ward, poèmes

25 septembre 2018

par Dunstan Ward

Today

‘Today’ he starts to write in his diary
for yesterday, but gets up instead,
opens both wings of a tall window
and leans out to the early morning.
The Indian summer is still ending.
A breeze is testing the reddening leaves
on a courtyard tree, effacing the timeline
a plane is chalking across the sky.
From the cathedral no bell’s yet ringing,
whether in mourning or celebration.
Soon that rook or crow will take flight,
though he’ll no longer be there to observe it,
having returned to resume his story.

Aujourd’hui

‘Aujourd’hui’ il écrit dans son journal
pour hier, mais il s’arrête et se lève,
il ouvre les battants d’une haute fenêtre
et se penche vers la fraîcheur matinale.
L’été indien tarde à finir.
Une brise éprouve les feuilles rougeoyantes
d’un arbre de la cour, efface la ligne
qu’un avion trace à la craie sur le ciel.
Aucune cloche ne sonne encore à la cathédrale,
ni glas ni joyeux carillon.
Bientôt ce freux ou corbeau s’envolera,
quoiqu’il ne soit plus là pour l’observer,
il s’est remis à rédiger son histoire.

The Thing Not Done

The thing not done,
it’s there in the night,
it’s here when I wake
before the light.

All through the day,
like a migraine threat,
it hazes the words,
it blurs the faces.

The knife cuts awry,
the caller hangs up,
as the train doors shut
it blocks the way.

The thing not said
has its say nonetheless,
in the vague pause,
the innocent phrase,

the right wrong name
that auto-miscorrects
as it seems to slip
off the tip of the tongue.

When the thing not done
gets done in the end,
the time runs free
like a child by the sea,

till another thing
waits to be done,
till it’s still not done,
or done too late.

What were the first things
not done, not said ?
Uneaten puddings,
prayers before bed . . .

The thing not done
that waits to be read
between these lines,
waits to be said,

will it wait till I’m dead ?

La chose non faite

La chose non faite,
elle est là dans la nuit,
elle ouvre mes yeux
avant le point du jour.

Toute la journée,
comme une migraine qui couve,
elle brouille les mots,
elle estompe les visages.

La lame coupe de travers,
l’interlocuteur raccroche,
quand les portes se referment
elle bloque le passage.

La chose non dite
dit ce qu’elle veut dire
dans la pause vague,
la phrase innocente,

le bon mauvais nom
qui s’autocorrige mal
en semblant se glisser
sur le bout de la langue.

Quand la chose non faite
se fait finalement,
le temps court à son gré
comme l’enfant sur le sable,

jusqu’à ce qu’une autre chose
attende d’être faite,
de n’être pas encore faite,
ou faite trop tard.

Et les premières choses
non faites, non dites ?
Assiettes à finir,
prières du soir. . .

La chose non faite
qui attend d’être lue
entre ces lignes,
attend d’être dite,

attend-elle que je meure ?

Ces poèmes sont traduits par leur auteur.


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