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Dialogues des Carmélites de Bernanos, par Didier Lafargue

23 avril 2016

par Didier Lafargue

Dialogues des Carmélites de Bernanos,
Fuite devant la mort et progression personnelle


our lady of mount carmel. Church quidenham norfolk windows-geograph.org.uk Dialogue des carmélites, de Georges Bernanos, est l’œuvre d’un auteur d’obédience catholique. Né en 1888, Bernanos a très vite opté pour le royalisme en militant au nom du mouvement de Charles Maurras, l’Action française. Il défendait les valeurs de l’Ancien Régime qui, selon lui, s’étaient affirmées dans le temps, tandis qu’il voyait dans la Révolution française un changement trop brutal et donc préjudiciable à l’âme humaine.

Alors enfant, Bernanos souffrit d’une grande solitude morale qui lui insuffla le désir de se consacrer à Dieu et déterminant chez lui une forte maturité spirituelle. Après avoir envisagé un temps de devenir missionnaire, il tenta de donner corps à son expérience religieuse en composant une œuvre littéraire où les romans, Sous le soleil de Satan, Journal d’un curé de campagne, tenaient une place majeure. A la fin de sa vie, malade et voyant la mort s’approcher, il écrivit une pièce présentée comme la synthèse de ses idées religieuses, Dialogue des carmélites.

D’abord créée au théâtre en 1952, elle devint le prétexte à un opéra. L’argument de l’œuvre prend sa source dans un fait réel, le martyr des Sœurs du couvent du Carmel à Compiègne, toutes guillotinées sous la Révolution en 1794. Une nouvelle avait déjà été écrite par une femme de lettre Gertrud von Le Fort, en 1931. Bernanos reprit le sujet en le traitant de manière différente. Certains de ses personnages acquirent une densité autre de façon à préciser le sens de la pièce dans le sens des convictions de son auteur.

Son héroïne, Blanche de la Force, illustre le drame de la faiblesse humaine face à l’épreuve, posant avec une acuité particulière le problème du choix imposé à l’esprit de chacun. Est-il préférable d’affronter le danger ou au contraire de l’esquiver ? Si cette dernière solution est choisie quelles en sont les conséquences au regard de la conscience humaine ?

Entrée au couvent et première expérience de la mort

Résumons la pièce de Bernanos.

L’action commence à la fin du XVIIIème siècle un peu avant la Révolution. Issue d’un milieu noble, la jeune Blanche de la Force est sans cesse tenaillée par la peur. Cette angoisse tire son origine de l’aventure connue par sa mère, peu avant sa naissance, aux prises avec des mouvements populaires. Pour se sentir plus sécurisée et en même temps profondément croyante, elle demande à son père de lui permettre de se faire religieuse et d’entrer au Carmel. Là, elle connaît une première expérience de la mort en étant témoin de l’agonie de la Prieure, Mme de Croissy, mère supérieure du couvent.

Survient la Révolution. Les Carmélites sont menacées par le nouveau régime et il leur est enjoint de faire un choix. Sur la demande de la sous prieure Mère Marie, elles doivent opter ou non pour le martyr. La nouvelle Prieure n’y est pas favorable car elle estime que ce choix n’est qu’une manifestation d’orgueil et que les âmes les plus faibles ne sont pas préparées à un tel engagement. C’est le cas de Blanche qui se sent terrorisée à l’idée de mourir. Finalement, elle s’enfuit et tente de rejoindre sa famille. En fait, elle va être contrainte de servir les anciens serviteurs de ses parents. Mère Marie vient la retrouver et parvient à la convaincre de respecter son vœu de martyr. Avec courage, Blanche monte à l’échafaud avec les autres sœurs et meurt en toute sérénité.

Cette peur évoquée par Bernanos, l’écrivain l’a lui-même éprouvée pour la première fois lors de sa première communion. Subitement, il a été tenaillé par une angoisse, celle de vivre, puis de subir la mort inéluctable. La foi profonde qu’il en a retirée, exprimée par l’intermédiaire d’un catholicisme ardent, provient de cette faiblesse qui lui a donné le sentiment de sa terrible vulnérabilité. Tout au long de sa carrière littéraire, Bernanos s’est longuement interrogé sur le sens pris par la mort. Selon lui, l’être qui ne songe qu’aux honneurs est mort à lui-même et les vains titres octroyés par les hommes, officiels ou non, n’ont aucune valeur dans le cheminement spirituel de l’âme humaine. A celle-ci, il appartient de rechercher des valeurs plus hautes, à l’écart du monde terrestre. A l’approche de sa mort, il a retranscrit son trouble à travers le personnage de Blanche.

Toute sa vie, Blanche a eu peur. Elle est pourtant issue d’un milieu où le courage est une valeur tenue en grande estime, la noblesse. Du reste, le sens de l’honneur est particulièrement élevé chez elle et c’est le contraste entre les deux tendances qui rend intense la crainte qui l’assaille. Mais bien qu’elle soit comblée et connaisse la sécurité, elle éprouve cette angoisse qu’elle ne parvient pas à dominer. En choisissant de se faire religieuse, elle ne fait pourtant que s’esquiver. Elle cède au démon qui l’habite, cette peur dont elle est prisonnière, ce sentiment que l’écrivain catholique assimile au diable lui-même, source du péché originel. Notre héroïne ne s’aime pas et refuse de se voir lucidement. « Il y a dans l’homme une haine secrète incompréhensible, non seulement de ses semblables, mais de lui-même. […] Pour nous, chrétiens, nous croyons que cette haine reflète une autre haine, mille fois plus profonde et plus lucide – celle de l’Esprit indicible qui fut le plus rayonnant des astres de l’abîme, et qui ne nous pardonnera jamais sa chute immense » [1]. L’orgueil, premier des péchés capitaux, est à l’origine de ses troubles.

Novice parmi les carmélites, Blanche connaît une première expérience de la mort lorsqu’elle est témoin de celle de la Prieure, Madame de Croissy, alors très malade. Ayant toujours mené une vie exemplaire, lorsque brusquement sonne l’heure du grand départ, celle-ci est terrorisée ! Elle va avoir la mort misérable qui, en principe, aurait du être celle de Blanche, puisque cette dernière a peur. A l’article de la mort, la prieure dit : « Il est vrai que je me vois mourir. Rien ne me distrait de cette vue […] Je suis seule, ma Mère, absolument seule sans aucune consolation. Mon esprit reste parfaitement capable de former des idées rassurantes, mais ce sont aussi des fantômes d’idées. Elles ne sont pas plus susceptibles de me réconforter que ne pourrait rassasier l’ombre d’un gigot sur le mur » [2].

Ce cri tragique témoigne de la trop grande retenue qui a caractérisé la vie de la vieille carmélite. En voulant se conformer à la règle du couvent de manière exclusive, elle a ignoré une partie de sa nature. Mais la vie religieuse la plus authentique doit s’accompagner d’une nécessaire connaissance de soi et d’un désir d’unité. L’humour, par exemple, peut aider à considérer les différents éléments du monde avec la distance nécessaire. Sans cela, l’âme est troublée, le courage disparaît. « En humilité comme en tout, la démesure engendre l’orgueil, et cet orgueil-là est mille fois plus subtil et plus dangereux que celui du monde, qui n’est le plus souvent qu’une vaine gloriole… » [3] disait la prieure. Dans ce sens allait Saint François de Sales quand il affirmait « Un saint triste est un triste saint ».

Un autre écrivain, Jean Cocteau, marqué par le thème de la fatalité, s’est beaucoup intéressé à la mort. Pour lui, celle-ci est en étroite correspondance avec l’âme de celui qu’elle frappe et pour mieux nous le faire comprendre il l’a parfois représentée sous les traits d’un personnage particulier. Les derniers moments d’un mortel peuvent être considérés comme sa vérité définitive dans la mesure où ils le révèlent à lui-même. « Chacun a la mort qui lui ressemble » disait le poète. La prieure a eu la fin que laissait prévoir une vie menée de manière trop rigoriste.
Fort de cet exemple, Blanche de la Force va affronter les graves évènements qui vont suivre.

Irruption du danger et tentative d’esquive

C’est dans l’épreuve que l’âme trouve sa mesure. En l’occurrence, celle de Blanche de la Force va être éprouvée face à la catastrophe qui va frapper sa communauté. Tel est le ressort de la tragédie, celui qui consiste à montrer comment les êtres réagissent quand ils sont confrontés aux accidents de la vie. Le drame va être représenté cette fois-ci par la Révolution française. En celle-ci, Bernanos voyait une attaque contre les vieilles valeurs de la chevalerie, la grâce religieuse, la joie de vivre régnant à l’époque. La politique des nouveaux gouvernants contre les ordres religieux va provoquer un bouleversement de la communauté par la menace de mort qu’elle va faire peser sur elle. Pour chacune des Sœurs, l’épreuve qui lui est imposée va poser le problème de l’attitude à adopter.
Là va prendre son relief la personnalité de Blanche. Sa première réaction est de céder à la même pulsion devant laquelle elle a plié toute sa vie, de céder à la peur en s’enfuyant pour aller rejoindre sa famille. Elle continue à esquiver ce qui lui était fait un devoir d’accepter et par là se fuit elle-même. L’inquiétude qui la tenaille témoigne de son inachèvement intérieur en même temps qu’elle tend à remettre en question son identité. Elle n’en est pas moins nécessaire car elle peut être le ressort lui permettant de se rapprocher de la perfection. Éprouver la crainte va effectivement lui permettre de se trouver en l’obligeant, avec l’aide de la Mère supérieure, à se placer réellement en face d’elle-même. Selon Bernanos, l’idée d’avoir à subir la mort est une condition essentielle à la victoire sur notre mal intérieur. Le saint, chez l’écrivain, ne se caractérise pas par sa dimension héroïque, sa tendance à affronter la mort avec une parfaite abnégation, une forme d’orgueil. Il se distingue par sa manière d’assumer son humanité en étant conscient de sa petitesse.

Cet attachement à notre égo qui nous habite ne peut être dominé que si on l’a considéré de manière objective. Il est bon de ressentir en soi une faiblesse infinie, une vulnérabilité profonde nous faisant dépasser nos liens avec le monde d’ici-bas. Il faut savoir « que l’on est rien ». La prieure Madame de Croissy le disait à notre novice, « ce qu’il [Dieu] veut éprouver en vous n’est pas votre force mais votre faiblesse… » [4]. Comme le disait Pascal, on meurt toujours seul et c’est cette impression de dénuement, ce sentiment de solitude qui génère en nous l’humilité désirable propre à nous faire suivre la route du grand mystère avec la meilleure sérénité. Ce sentiment est celui que connut le Christ, tandis que ses disciples dormaient, au jardin des oliviers, à Gethsémani, la veille de son arrestation. C’est en définitive le message profond délivré par le christianisme puisque son culte honore un dieu vaincu.

Pour parvenir à cet état, l’écrivain estime qu’il suffit de retrouver en nous l’innocence première caractérisant l’enfance. « Heureux les pauvres en esprit, le royaume des cieux est à eux » dit une béatitude de Saint Mathieu. Cette simplicité que l’on doit s’efforcer de conquérir est le fait des premiers âges de la vie. Quoi de plus extrêmement faible qu’un enfant. Fort de sa faiblesse, celui-ci n’a pas conscience du drame de la vie et sa naïveté lui tient lieu de force. Cet idéal est manifesté par l’une des compagnes de Blanche, Sœur Constance. Chez celle-ci, l’innocence connue dans son enfance s’est prolongée à l’âge adulte. Bien qu’elle aime la vie, elle affronte la mort avec courage car elle a su rester simple. « Mon Dieu, Sœur Blanche, la vie m’a tout de suite paru si amusante ! Je me disais que la mort devait l’être aussi… » [5]. Son attitude est complémentaire de celle de Blanche et son contact avec celle-ci jouera un rôle dans la décision finale de la jeune carmélite. Elle éprouve un sentiment de confiance envers l’avenir. Son esprit est si positif qu’elle croira au revirement final de sa compagne après qu’elle se soit enfuie. « Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera pas » [6], disait Jésus. Se sentir en étroite situation de dépendance, vivre sans crainte et sans préoccupations, c’est l’état que le Christ nous invite à intégrer à notre conscience notre vie durant. Bernanos précise bien que l’idée d’enfance spirituelle ne saurait en aucun cas se confondre avec le vulgaire infantilisme et l’on ne doit pas s’aigrir face aux déconvenues de l’existence.

Un écrivain proche de Georges Bernanos, Saint-Exupéry, auteur du Petit Prince, a exprimé la même philosophie, en défendant avec une conviction égale ces valeurs. Son roman Pilote de guerre se présente comme l’épopée de la défaite, le drame vécu par un pilote français lors de la débâcle de 1940. L’écrivain estime que cette faiblesse connue à l’époque par son pays peut se transformer en victoire si l’on a su tirer le meilleur enseignement des épreuves traversées. Se rattacher à l’esprit d’enfance peut aider à cet effort sur soi-même. On ne guérit pas de son enfance, et celle-ci est à l’origine de tout ce qui est grand et noble dans le monde, l’essence même de la pureté originelle. « L’enfance, ce grand territoire d’où chacun est sorti ! D’où suis-je ? Je suis de mon enfance. Je suis de mon enfance comme d’un pays » [7].

La décision finale

Le drame vécu par la religieuse prend son sens dans la mesure où il s’inscrit à l’intérieur d’une communauté, le couvent des carmélites. Blanche n’est pas seule mais communie avec d’autres novices, aussi avec la prieure et la sous- prieure. Sa relation avec ses compagnes justifie le titre de la pièce, car existe entre elles un véritable dialogue. Or, le message que nous délivre Bernanos est contenu dans la religion catholique puisque le parcours psychologique connu par son héroïne découle de la Communion des saints.

Dogme incontournable du catholicisme, le culte des saints, célébré lors de la fête de la Toussaint, exprime une union intime entre tous les chrétiens morts ou vivants. C’est le principe de solidarité qui en l’occurrence est valorisé avec force, celle existant entre ceux vivant dans la fraternité et dans la communion de la foi. A partir du moment où le don du Saint-Esprit a été communiqué au chrétien par le sacrement du baptême, il entre dans cette solidarité.

Bernanos insiste sur le rôle que cette dernière détient pour l’âme de l’individu. Dans le sentiment éprouvé envers soi, elle trouve sa valeur, car l’écrivain pense qu’il n’existe pas de pire enfer sur la terre que celui issu de la haine de soi-même. « Il est très difficile de se mépriser sans offenser Dieu en nous […] le mépris de vous-mêmes vous conduirait tout droit au désespoir » [8] disait à Blanche la première prieure. Ce sentiment exerce nécessairement une action corrosive sur l’ensemble de la communauté des hommes. Le nouveau refuge que Blanche croit avoir trouvé en se faisant la servante misérable des anciens domestiques de sa famille témoigne de son mépris pour elle-même. La communion des saints offre l’occasion pour chacun d’être un miroir pour l’autre, car chaque être se tournant vers autrui voit en celui-là une certaine image de sa personne.

Mais à l’intérieur de la communauté, l’énergie des uns et des autres peut être variable. Il importe donc que la solidarité liant tous ses membres soit réellement active et que les êtres les plus solides agissent de leur mieux pour soutenir les plus vulnérables. « Les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont plus nécessaires ; et ceux que nous tenons pour les moins honorables du corps, sont ceux que nous entourons de plus d’honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes, nous les traitons avec plus de décence […] Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres s’en réjouissent avec lui » [9]. Le mot sympathie prend alors tout son sens dans la mesure où l’on « souffre avec ». C’est ainsi que la Communion des saints, l’exemple donné par les Sœurs du Carmel, va agir sur l’âme de Blanche et motiver son choix. La mort de la première prieure, à laquelle elle a assisté, la personnalité de la jeune novice sœur Constance, le niveau élevé auquel Mère Marie veut hisser la vocation du Carmel vont remplir leur rôle dans le parcours psychologique de la religieuse. « On ne meurt pas chacun pour soi, mais les uns pour les autres, ou même les uns à la place des autres, qui sait ? » [10] lui disait Sœur Constance après la mort de Madame de Croissy. Celle-ci lui a donné sa mort. Considérant que les Sœurs du Carmel participent de sa nature, Blanche finit par les rejoindre et se résoudre à partager leur sort. En donnant cette conclusion à sa pièce, Bernanos montre qu’il ne croyait pas en la prédestination. On peut être médiocre ou lâche toute une vie et à l’heure de la suprême confrontation se montrer très courageux si l’on a cédé à la grâce.

Celle-ci ne peut être assimilée au seul sens de l’honneur, bien que ce dernier soit présent dans l’esprit de Blanche. Il l’est encore bien davantage dans la personnalité de la sous-prieure Mère Marie de l’Incarnation. C’est parce qu’elle a un très haut sentiment de la dignité du Carmel que celle-ci a enjoint aux religieuses de faire vœu de martyr, nonobstant la faiblesse éventuelle de certaines d’entre elles. Les circonstances feront pourtant qu’elle ne connaîtra pas leur destin et qu’elle devra vivre pour défendre leur mémoire conformément à la volonté du Tout-puissant. Pour elle aussi se soustraire à cette tâche serait s’esquiver, et c’est ce que lui fait comprendre un prêtre quand, alors qu’elle clame son déshonneur d’être épargnée, il lui répond : « Voilà le mot que j’attendais ! Oh ! je ne le condamne pas ! Il est bien chez vous le cri de la nature à l’agonie. Voilà ce sang, oui, voilà ce sang que Dieu vous demande, et qu’il vous faut verser ! Vous auriez donné avec joie celui qui coule dans vos veines, vous l’auriez versé comme l’eau. Mais chaque goutte de celui-ci vous arrache plus que la vie ! […] Ne pensez qu’à un autre regard auquel vous devez fixer le vôtre » [11].

En acceptant sa mort physique, Blanche s’est retrouvée et a sauvé son âme. Ce qui s’est passé à l’intérieur d’elle-même obéit à ce que l’on a appelé le mystère de la substitution. En assimilant sa faiblesse, la jeune Carmélite a réveillé le Christ en elle et s’est revêtue de sa puissance. Elle est parvenue à accepter sa peur puis à la dépasser en suivant courageusement l’exemple des sœurs du Carmel. Pour Bernanos, l’être parvenu à cet état de grâce connaît la joie, celle valorisée par Saint François de Sales et qui va de pair avec l’espérance.

Au-delà de la mort naturelle dont la menace plane sur les carmélites au long de la pièce de Bernanos, c’est la mort en tant que révélation et introduction à une vie nouvelle qui demeure sous-jacente dans le message délivré par l’écrivain. Chaque individu est invité à dépasser ses angoisses, quelles qu’elles soient, d’acquérir la force d’âme lui permettant d’assumer victorieusement les épreuves qu’il aura à connaître durant son existence.

Bibliographie :
Yves Bridel, L’esprit d’enfance dans l’œuvre romanesque de Georges Bernanos. Paris : Minard, 1966. Collection Thèmes et mythes.
Guy Gaucher, Le thème de la mort dans les romans de Georges Bernanos. Paris : Minard, 1967. Collection Thèmes et mythes.
Hans Urs von Balthasar, Le chrétien Bernanos. Paris : Parole et Silence, 2004.

Notes

[1Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?. Paris : Gallimard, 1953, pp. 154-252.

[2Dialogues des Carmélites, Deuxième tableau, scène VII, dans Georges Bernanos, Dialogues des Carmélites. Paris : Seuil, 1996, p. 43.

[3Dialogues des Carmélites, Deuxième tableau, scène I, dans ibid. p. 29.

[4Dialogues des Carmélites, Deuxième tableau, scène I, dans ibid. p.31.

[5Dialogues des Carmélites, Deuxième tableau, scène VI, dans ibid. p. 39.

[6Marc 10, 13-16 ; Mt. 19, 13-15 ; Luc 18, 15-17.

[7Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre. Paris : Gallimard, 1942, collection Folio, Chapitre XIV, p. 90.

[8Dialogues des carmélites, Deuxième tableau, scène VIII, dans op.cit. p.47.

[9Saint Paul, Epitre aux Corinthiens, 12, 20-26.

[10Dialogues des carmélites, Troisième tableau, scène I, dans op.cit. p. 57.

[11Dialogues des carmélites, Cinquième tableau, scène XVI, dans ibid. pp. 153,154.


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