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Defoe, Britannia

22 septembre 2014

par Jean Migrenne

Britannia

Je chante un hymne à la vertu et à ses gloires,
Aux héros couronnés d’immortelles victoires.
D’une vertu sans faille le nom, pourtant, passe
Plus vite qu’au levant une aurore fugace ;
Les échos rassemblés le reprennent en chœur,
Le tonnerre redondant s’en fait le vecteur ;
Répercuté par les grands fonds de l’océan,
Il se propage en songe dans la nuit des temps.
Des temps qui le rendent à son urne présente
Où à tout jamais il faudra qu’il patiente.
Rien ne porte plus loin, ne dure plus longtemps,
Tout le monde le dit, tout le monde l’entend.

Voiles de l’honneur carguées, mon héros surgit
Comme si du monde émanait le grand génie,
Prédestiné dans sa sagesse par la gloire
À animer la guerre et vivre la victoire.
D’un aigle de vertu le trône est sous tutelle :
De glorieux zéphyrs en font battre les ailes.
De trophées immortels son chef est couronné
Aussi verts que lauriers récemment moissonnés.

Il accède au sommet par des voies différentes,
Situation dont il ne tire pas rente.
Par orgueil, pour le pouvoir, un prince guerroie ;
Le titre de Conquérant se gagne au combat.
Quand de gloire ou d’orgueil rêvent certains guerriers,
Lui se bat pour préserver, vainc pour libérer.

Ne pas l’affubler de titres dithyrambiques,
Ne pas laisser les mots cacher l’acte authentique ;
Aux Hébreux me garder d’emprunter les exemples
De rois-dieux que je comparerais dans mon temple ;
Ne mettre aucun nom d’emprunt dans mon entreprise,
Mais parler franc sans chercher l’effet de surprise :
Ses simples mérites suffisent à la gloire
De celui qu’elle exalte, sans crainte de choir.
Nul ne doit avoir peur de se mettre à la tâche :
Le flatteur au grand jamais ses vertus ne gâche ;
Sa renommée vaut mieux que ceinture dorée,
Son nom n’a nul besoin de se voir adoré.

Guillaume pour chacun est un nom héroïque,
Guillaume est le sujet de mon panégyrique.
Ô vierges, entendez comme en est doux l’accent,
Que de vos rondes il soit le refrain constant.
Devant cet autel, qui vos prémices reçoit,
Prenez-le pour amant, faites-en votre roi.
Qu’entre vos bras seuls il puisse se laisser vaincre,
Que par vos charmes seuls il se laisse convaincre ;
Sublimez vos douces pensées à son adresse
Que chacun de vos vœux soit baigné de tendresse.
Qu’il soit l’aube de vos préoccupations,
Ne l’omettez jamais dans vos dévotions.
Que tout présage, tout rêve prémonitoire
Honoré par son nom s’auréole de gloire.
Que, devant ce talisman, tout démon s’efface,
Et que l’effroi nocturne, par ce charme, passe.
Qu’à chaque fois que l’on trinque et boit à la vôtre,
Ce soit à Guillaume, autant qu’à la bonne nôtre.
Que son nom résonne dans tous les odéons,
Que chaque refrain le reprenne à l’unisson.
Que chaque aède accorde son art à sa lyre
Et chante ses hauts faits aux siècles à venir.
Qu’à jamais du Musagète le souffle ardent
Cesse d’inspirer le barde récalcitrant.
Que tous mes fils, en signe de reconnaissance,
Vantent ses mérites et prennent sa défense.

Sous l’égide du ciel, grâce à l’œuvre du roi,
Retrouve, Ô Satire, notre terre d’ingrats,
Rebelles devant Dieu, renégats et parjures,
Qui ne savent agir que contre la nature.

Si jamais ce pays reprenait son tracas,
Il aurait beau crier, on ne l’entendrait pas.
Il n’oserait pas regarder là-haut en face :
Le ciel ne saurait tolérer autant d’audace.
Les hommes, sachant que l’on ne peut s’y fier,
Les Hollandais, les empêcheraient d’oublier,
Leur venue, nos libertés revoyant le jour,
Et, tout compte soldé, le billet de retour.
Ces gens par qui nos craintes furent apaisées
Furent traités d’étrangers et tous récusés.
La nature de l’Anglais le rend incapable
De reconnaître qu’à l’autre il est redevable [1].

Il faut remarquer que jamais il ne se plaint
Des étrangers, ni d’en avoir obtenu gain,
Avant que d’eux il ait cessé d’avoir besoin.
L’adage dit que l’Anglais ne fait de reproche
Qu’après avoir dû mettre la main à la poche,
Et, c’est sa nature, il est toujours convaincu
D’avoir bien trop payé et trop peu obtenu [2].

Lorsqu’alarmés les malades veulent guérir,
Peu importe le prix, ils sont prêts à souffrir,
Mais quand le remède prescrit leur fait du bien,
Ils estiment trop payé ce qui n’était rien.
Jamais le grand Portland [3] n’essuya de critiques
Lorsqu’il savait ouvrir son maître à nos suppliques ;
Jamais il ne fut moqué quand il agissait
Pour démonter les complots que James [4] ourdissait.
Flatteurs, nous en fîmes le seul homme capable
De tirer de l’oracle un message explicable.
C’était lui Husaï [5], celui qui déjouait
Les intrigues que notre Ahitophel nouait.
Son maître avait le cœur, il avait le bon sens,
Au prince la bravoure, à lui l’intelligence.
Nous reposant beaucoup sur son bon jugement,
Nous ne l’aimâmes pas moins, bien qu’il fût flamand.
Il ne fut pas estimé plus qu’à la hauteur
Des libertés qu’il prenait en bon serviteur :
Dans le danger toujours au côté de Guillaume,
Prenant sa part dans tous les conflits du royaume,
Sur la Boyne et pendant la révolution
Il brilla dans le conseil et dans l’action.
Les Flandres voient en lui un guerrier de valeur,
La France le sait rude négociateur [6].
Sa fidélité à l’Angleterre et au roi
Est la principale raison de notre émoi.
Resté dix années au service d’Albion,
Du roi et du monde il fit l’admiration,
Mais l’Anglais récompense de male façon.
Les guerres sont finies, il n’en a plus besoin :
Le voici hollandais, à Dieu d’en prendre soin.

Schomberg [7], le plus grand capitaine du moment,
Sous le grand Nassau prit le commandement ;
L’un et l’autre ont sauvé, défendu l’Angleterre,
Très grand fut le prince, très grand le militaire.
Avec enthousiasme nous avons chanté
Ce nom que toute l’Europe a répercuté !
Valant une armée à lui seul, il nous aidait,
Pas un homme n’avait peur lorsqu’il commandait.
La victoire auréola toutes ses campagnes
De Vila Viçosa [8] jusques en Allemagne,
En France, en Flandres, sur le Rhin il fit prodige.
Le monde entier l’adule, Albion le néglige.
Nous lui faisons grief de nous avoir servis,
En dignes rejetons d’un si ingrat pays.

Nous en voulons au roi de se reposer trop
Sur l’étranger batave, allemand, huguenot ;
De tenir les conseillers anglais à distance
Dans les affaires d’état de grande importance.
Mais il est facile d’en trouver la raison :
Trop souvent d’Angleterre vint la trahison.
Dans le cas contraire, bien fol il eût été
De compter sur une honnête fidélité.
De tout autre argument faisant abstraction,
Il y a de quoi humilier Albion
À l’idée que seul l’étranger sut obéir,
Tandis que l’Anglais fut toujours là pour trahir :
Marine et flotte marchande furent bradées,
Le sang anglais contre l’or étranger troqué ;
Notre flotte turque [9] fut livrée aux Français
Et Talmarsh ensuite, blessé à Camaret [10].
Le roi lui-même est protégé de leur traitrise
Par sa couronne et non parce qu’il les maîtrise.
Nous sommes bien placés pour savoir que l’Anglais
Toujours trahira qui le comble de bienfaits.

S’il fallait citer un exemple moins ancien,
Un très célèbre magistrat contemporain
Sans besoin de souffleur, va vous servir le sien [11].
Je vous le donne sans vice de procédure :
Sa Seigneurie est un anglais de race pure.
Cette expression vide de sens est à prendre
Dans celui qu’aujourd’hui on est prêt à entendre.
Les registres entérinent son ascendance ;
Voici qu’il se voit, sous peu, monter en puissance,
Élevé, c’est la moindre des choses, au rang
Dont il portait le titre, à Londres récemment.
Il fait holocauste des fruits qu’il a ravis
Et offre sur l’autel ce qu’aux rois il a pris.
Il dresse de grands monuments de charité
Et ce brave Saint Magnus sonne sa bonté [12].
Des emprisonnés il allège la sentence :
On sait s’applaudir entre gibiers de potence.

Récemment chaîné d’or et de pourpre vêtu,
Voici le discours qu’à la ville il a tenu.

***

Son beau discours, &c.

En gros sabots à clous et culottes de peau,
Plus sale que riche et camouflé d’oripeaux,
Toucheur de bœufs, de veaux, à Leyton au marché,
Sans grandeur encore que celle du vacher,
Regardez-moi et lisez l’orgueil, sur ma trogne,
Que la lie anoblie arbore sans vergogne.

Né pour les labours, pour leur nécessaire peine,
J’avais fouet au col : aujourd’hui, c’est la chaîne.
Sort et nature hésitaient : serais-je meilleur
En valet de charrue ou bien en monseigneur ?
Ils ont finalement trouvé le consensus :
Derrière le cheval tout d’abord, puis dessus.
Le sort vit son choix secondé par la nature
Qui ne lésina pas pour me prêter voilure,
Qui m’équipa d’une panoplie très complète :
J’étais bien harnaché, bien trop pour être honnête.

J’aborde, ainsi doté, cette fière cité,
Le ventre vide et mets la gloire de côté ;
Insouciant de l’avenir, en bon larron,
Ni coupable, ni fameux : la vie a du bon.
La seule ambition qu’alors je caressais
C’était d’avoir un jour ma livrée de laquais.
Les tout petits ruisseaux font les grandes rivières,
Et avant d’être aux cieux, les dieux vivaient sur terre.

Backwell [13], être généreux ne pensant qu’au bien,
Avait toujours tendance à aider son prochain,
Que ce soit par malchance ou l’effet d’un caprice,
Il me prit sous son aile, un peu comme en nourrice.
Les tâches assignées étaient sans conséquence,
Pénibles, mais uniquement en apparence.
Me voir m’élever était son constant souci,
Son caractère même le voulait ainsi :
Il avait, libre d’esprit, de la grandeur d’âme,
C’était bien le meilleur des maîtres et des hommes.
Et moi, prédestiné au pire et au meilleur,
Porté vers l’infamie autant que la grandeur,
Empressé, obséquieux, tout à le servir,
Je gagnai sa confiance avant de trahir.

J’ai foulé aux pieds tous ces bienfaits du passé,
Et l’herbe coupée sous les siens m’a engraissé.
Comme un serpent dardé, réchauffé sur le sein,
Siffle et de son bienfaiteur veut piquer la main,
À sa déconfiture m’étant employé,
De l’ingratitude j’eus les honneurs du pied.

Chez l’homme il n’est pire défaut que d’être ingrat,
Il lui est impossible de tomber plus bas.
Tenant un peu du péché contre l’Esprit Saint [14],
Il manque autant d’honneur que d’opprobre il est plein.
Il se distingue entre toutes les infamies
Par le fait que nul n’avouera l’avoir commis.
Ce péché qui, sur terre, est exclu du pardon,
Au ciel, peut-être, obtiendra sa rémission.

Mésusant ainsi de mon premier bienfaiteur :
Comment pouvais-je ensuite au suivant faire honneur ?
Je disposai alors de la chose publique,
Et manigançai un tour pas très catholique :
À mon très souverain seigneur en mal d’argent
J’avançai ses propres fonds sonnants, trébuchants,
Dont j’empochai les exorbitants intérêts :
Sur ce bien mal acquis mes avoirs prospéraient.

Judas, mon précurseur [15], ne faisait pas le poids :
À l’école il faudrait lui taper sur les doigts ;
Brader un Sauveur ! Eussé-je été dans le coup,
De son maître j’aurais multiplié le coût :
Ces avides Juifs, au lieu de trente deniers,
C’est trente mille livres qu’ils auraient payé !

Mon cousin Çiba [16], connu comme le loup blanc,
(Çiba et moi, nous savons tenir notre rang)
Dauphin de la trahison, roi du filoutage,
Mit son maître à terre et en obtint avantage.
Abusant David, il fut le grand artisan
Du parjure du vieux roi devant Jonathan.
Çiba, en traître, ne manque pas d’envergure
Mais vis à vis de moi il fait pâle figure :
Moi présent là-bas, il aurait pu mettre la main
Sur plus que la moitié du pouvoir et des biens.

J’étonnai, pendant notre révolution,
Car seul, au changement, je dis trouver du bon :
Les gens ignoraient que, tout à mes basses œuvres,
Je leur faisais quand même avaler des couleuvres.
Sans parler des vingt mille livres pas perdues
Pour tout le monde, mais que l’on croit disparues.

C’est ainsi que, tour à tour, je mis tout à l’encan,
Dieu et mon maître d’abord, le roi en son temps.
J’en vins à essayer, par le crime enhardi,
De me faire alchimiste et changer le pays.
Je me mis à faire dans le faux document,
Et crus, ce faisant, berner le Gouvernement,
Mais je me frottai quelque peu au Parlement.
Et si je manquai de grimper à la potence
C’est par défaut de loi et non par innocence.

Mon vieux complice [17] m’ayant marqué de son sceau,
Fait passer maître dans l’art anglais du culot,
Avait d’autres tâches à me faire accomplir :
Se disant qu’il ne voulait pas me voir partir,
Il régla cette question en moins de trois,
Sauva son héros et fit avorter le droit.

Me voici étonné d’être couvert d’honneurs,
Au détriment, sans doute, de mes bienfaiteurs.
Promu au tribunat du peuple et adoubé,
La charge de ses lois et biens va m’incomber :
De la cité je suis Custos Rotulorum [18]
Et capitaine de la garde de ses gnomes [19].
Entouré de mes huissiers je mène une guerre
Ouverte aux endettés tombés dans la misère.
Je pends des pauvres gens voleurs de vos butins
Et me réserve le droit de capter vos biens.

Sur ordre du roi, j’essaye de vous réformer :
Comment cela ? Ma’me N [20] va vous informer.
De tout le pays je tiens le meilleur bordel,
Espérant y attirer neuve clientèle.
La putain peut sentir le soufre sans me craindre :
Je laisse à Frère Jeffrey [21] le soin de la contraindre.
Nos galants n’ont plus besoin d’aller aux Romains,
À qui s’encanaille je fournis les putains.
La prostitution est mon plus cher penchant
Ne suis-je point le magistrat du changement ?
Il n’est de barde qui ne m’en chante raison
Alors que son juste prix serait la prison.
Mon panégyrique imprimé court les ruelles,
Une claque de truands soigne les rappels :
Le coup fut monté sous couvert de charité,
Et ces pauvres bougres ont su en profiter.
Mais tout ce tintouin n’est que tintamarre creux,
Car pour Sir Belzébuth ils ne feraient pas mieux.

***

Conclusion

Cessons de mettre nos ancêtres en avant,
Ensevelissons hauts faits et neiges d’antan
Dans les archives dormantes du temps passé,
Au fond des âges, dans un oubli dépassé ;
Car si les vertus s’avéraient héréditaires,
Les familles n’en seraient plus dépositaires,
Le sang mêlé s’avérerait tare mortelle,
Nos vices alors se transmettraient tout comme elles.
La bâtardise deviendrait l’indispensable
Support de tout ce que nous a légué le Diable.

Au gré des ans, il semble parfois que le vice
S’attache ici ou là autant que la malice ;
Mais la vertu ignore la ligne directe :
De la bête naît la belle d’où vient la bête.

Que nous sont ces histoires de prédécesseurs ?
Du mal où est le pire, et du bon le meilleur ?
L’exemple a pour vocation d’être suivi,
Mais c’est par défaut que la vertu est choisie.

Si nos ancêtres défunts pouvaient revenir
Et voir leurs rejetons à ce point s’avilir,
Aspirer à des noms, des titres inconnus,
Usurper leurs hauts faits alors qu’ils vont tout nus,
Ils s’effaceraient des registres et des stèles
Désavoueraient cette engeance et ses écrouelles.
Dans les familles, la gloire n’est pas un dû :
La grandeur est le propre de l’individu.

Notes

[1Voir Deuxième partie, note 17.

[2Principe fondamental du thatchérisme vis-à-vis de l’Europe.

[3Voir I, note 23 et, ci-dessous, note 6.

[4James II, déposé, défait en Irlande, sur la Boyne, en 1690, disposait de fidèles à Londres.

[5Pour tout savoir sur Husaï l’Arkite ‘le familier de David’ passé à Absalom son fils rebelle, et Ahitophel le Gilonite, mauvais conseiller d’Absalom, voir 2 Samuel 15-17. Voir aussi la transposition dans le monde politique anglais qu’en avait faite John Dryden, trente ans auparavant (Absalom and Achitophel, 1681) : dans cette satire à clefs on peut reconnaître tous les grands du royaume de l’époque. Le futur James II, alors duc d’York, est Achitophel.

[6Portland, ambassadeur en France, négocia et signa avec Louis XIV les deux premiers traités de partage dans le cadre du règlement de la Succession d’Espagne en 1698.

[7Version franco-anglaise de Schönberg.

[8Siège de Vila Viçosa : bataille de Montes Claros, livrée et gagnée par le Portugal contre les Habsbourg madrilènes en 1665 pendant la Guerre d’Acclamation. Schomberg y fit ses premières armes victorieuses sous le commandement de son père.

[9Guerre de la Ligue d’Augsbourg, 1689-1697. En 1693-janvier 1694, la Royale quitte Brest (voir note suivante) et cingle vers la Méditerranée. En route, elle met à mal les convois anglais (Smyrna fleet) de la Turkish Company. Il est question de trahison dans les hautes sphères de l’Amirauté, Godolphin et Marlborough sont inquiétés ; le premier est soupçonné de complicité avec Jacques II. Ce succès français au large de Lagos (Tourville s’empare, détruit ou disperse 400 navires marchands protégés par les flottes anglaise et hollandaise) ne sera que feu de paille.

[10Suite au départ de la flotte de Tourville, débarquement anglais manqué sur la presqu’île de Crozon (Camaret) fortifiée par Vauban, en mai-juin 1694. Le général Talmarsh, commandant des troupes, meurt des suites de ses blessures. (Là aussi il y aurait eu trahison de la part des partisans de Jacques II qui auraient averti les Français) Voir Thomas Lediard, Histoire navale d’Angleterre…, vol.3, 1751.

[11Charles Duncombe, 1648-1711, d’humble extraction, qui finit orfèvre-banquier, sorte de fermier général sous Charles II et Jacques II, était le bourgeois le plus riche d’Angleterre. Emprisonné pour fraude fiscale et trafics divers en 1698, libéré pour vice de procédure en 1699, et fait ‘Sir’ dans la foulée, il devient Lord Maire de Londres en 1708. La généalogie en fait un descendant de Guillaume le Conquérant. Un livre lui est consacré. Voir Peter Duncombe, Great Goldsmith, 2001. La première édition de The True-Born Englishman datant de 1700, ces vers et ceux qui suivent témoignent de leur postériorité à l’édition originale.

[12Duncombe refusa d’avancer £1.500 pour faciliter la fuite de Jacques II. En 1709, il offrit à l’église Saint-Magnus-le-Martyr, reconstruite par Sir Christopher Wren après le Grand Incendie de 1666, l’horloge branchée sur son clocher telle une enseigne commerciale (** a curious dyall, pour une valeur de £ 600.)

[13Edward Backwell, 1618 ?-1683, orfèvre et banquier, Membre du Parlement, qualifié de ‘père du système bancaire britannique’, fit faillite en 1682 et finit sa vie aux Pays-Bas. (Avait pris Duncombe en apprentissage, lequel se garda bien de le renflouer au moment crucial).

[14Le péché contre l’Esprit Saint, tel que dénoncé par le Christ (Marc 3:22-30 ; Matthieu 12:21-32), consiste à faire de la divinité un autre démon (ou de Satan un autre Dieu). À la différence de tout péché contre l’homme, qui est pardonnable, le péché contre l’Esprit Saint reste sans rémission.

[15Judas l’Iscariote, selon les Évangiles, tenait les cordons de la bourse au sein de la petite compagnie des disciples.

[16Autre personnage de l’entourage de David (II Samuel 9:1 ; 16:1-4 et 19:18-31) est le type du riche serviteur qui mange à deux râteliers et tire les marrons du feu.

[17Le Diable.

[18Magistrat civil suprême qui mélange sur le plan local les fonctions et charges de juge de paix et de garde des sceaux.

[19Les Trained Bands, milices locales, urbaines ou rurales.

[20Non identifiée.

[21Sir Jeffrey Jeffreys, chef de la police de Londres sous Duncombe.


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