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David Gascoyne traduit Kathleen Raine

9 mars 2007

par David Gascoyne

FOR DAVID GASCOYNE


ON HIS SIXTY-FIFIFTH BIRTHDAY
10 OCTOBER 1981
ENITHARMON PRESS 1981

For my dear friend David whose presence in the world has for me been a blessing for so many years

Ye are the light of the world. A city that is set on a hill cannot be hid.

Not on any map, the cities of Sarras, Monsalvat
Where knights of the Temple meet
Who keep the roads to the holy places ; yet
We know the twelve secret ones who serve
Their invisible Master are always on earth, somewhere,
Though none knows who they are : a Jewish beggar
In New York City may be the Messiah, unrecognized,
Martin Buber wrote, a French savant
In Iran ; a wounded poet I have long known ;
A Ute Indian ; an Irish Carmelite monk in Kensington,
Some holy « stalker » in Russia, or, who knows,
The man who made the film ? My own father ?
I cannot reach my count of twelve, but have sometimes felt
The brushing of a crimson archangel’s wing.

Kathleen Raine

(Pour mon cher ami David dont la présence dans le monde a été pour moi une bénédiction pendant tant d’années)

Tu es la lumière du monde. Une cité placée sur une colline ne peut pas être cachée.

Sur nulle carte, les cités de Sarras et Monsalvat
Où les chevaliers du Temple se rassemblent
Qui gardent les accès aux lieux saints ; et pourtant
Nous savons que les Douze qui secrètement servent
Leur Maître invisible sont toujours sur la terre, quelque part,
Bien que nul ne sait qui ils sont : un mendiant juif
Dans la ville de New York est peut-être le Messie, à l’insu de tous,
Ecrivait Martin Buber ; un savant français
En Iran ; un poète blessé que j’ai longtemps connu ;
Un Indien de l’Utah ; un Carme irlandais dans Kensington ;
Quelque « Stalker » sacré en Russie, ou,qui sait,
L’homme qui a fait le film ? Mon père ?
Je n’arrive pas à douze, et pourtant j’ai parfois senti
L’aile pourpre de l’archange m’effleurer.

****

DAVID GASCOYNE
Traduction du poème `Nocturne’
de Kathleen Raine

Vient la nuit, vient l’ange
qui mesure le temps des étoiles ;
immobiles sont les vents, immobiles les heures.

Ce serait la paix que de s’étendre
immobile parmi les heures aux pieds de l’ange,
sur un astre suspendu dans un ciel d’étoiles,
mais le coeur bat une autre mesure.

Le corps de chacun, étendu sans ailes,
lance de sa propre nuit son papillon nocturne
aux ailes délicates et aux yeux précieux.

Et certains s’échouent sur les rives de l’autre
et certains se dérivent dans les ombres
parmi les vagues au-delà du monde
où quelque part y flottent les îles fortunées.

KATHLEEN RAINE
Nocturne
from Stone and Flower

Night comes, an angel stands
measuring out the time of stars,
still are the winds, and still the hours.

It would be peace to lie
still in the still hours at the angel’s feet,
upon a star hung in a starry sky,
but hearts another measure beat.

Each body, wingless as it lies,
sends out its butterfly of night
with delicate wings and jewelled eyes.

And some upon day’s shores are cast,
and some in darkness lost
in waves beyond the world, where float
somewhere the islands of the blest.


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