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David Gascoyne : Poésie et environnement (V.F)

29 septembre 2007

par David Gascoyne , Roger Scott

Un essai inédit de David Gascoyne, « Poésie Environnement Catastrophe » : présentation par Roger Scott, suivie du texte de David Gascoyne.

Traduction de Michèle Duclos

Vers la fin des années trente, David Gascoyne s’était heurté à un monde plongé dans une « crise sévère » et allait sombrer dans inévitablement dans un conflit catastrophique ; il avait une conscience aigue d’un état de « guerre mentale et spirituelle » au-dedans de lui-même. Le concept du poète comme prophète et leader spirituel développé par Nietzsche a dû contribuer pour une part au moins à sa prise de conscience de l’urgence de sa mission de poète. « Vais-je devenir une sorte de Prophète après ces journées au Désert ? » se demande-t-il dans son Journal [Collected Journals 1936-1942, Londres, Skoob Books, 1991] à la date du 22 VIII 39. Lui et son mentor Pierre-Jean Jouve poursuivaient une quête spirituelle ardente : pour chacun d’eux son rôle de poète était de témoigner de la vérité en temps de danger national. L’influence de l’Apocalypse se marque dans les images, le ton et le contenu de plusieurs poèmes de Gascoyne publiés dans Poems 1937-1942 (éditions Poetry London, 1943) et dans plusieurs entrées de son Journal à partir de 1938. Les deux poètes recherchaient un équilibre entre les éléments destructeurs et rédempteurs de l’apocalypse dans le Livre des Révélations.
Plus de quarante ans plus tard, au commencement des années 1980, Gascoyne se sent poussé à nouveau à porter témoignage, dans son poème « Prelude for a New Fin-de-Siècle », [Collected Poems, Oxford U.P, 1988] :

But now as in the ‘Thirties I can once again
Feel passion and frustration and that sense
Of expectation, imminence and pressing need
To express something that just must be said.
Mature awareness knows that poetry
Today demands the essence and the minimum.
That only silence such as God’s could say the Whole.

(Mais aujourd’hui comme aux année trente je puis à nouveau
Eprouver passion et frustration et ce sens
De l’attente, de l’imminence et de l’urgence
D’exprimer ce qui doit absolument être dit.
La conscience mûrie sait que la poésie
Aujourd’hui réclame l’essence et le minimum :
Que seul un Silence tel que celui de Dieu pourrait dire le Tout.)

Ici, comme dans les poèmes suivants de cette période (1980-1984), il exprime clairement sa position avec une simplicité ouverte, puissante et intense :

The time has come. We’re on the very brink
Of what ? Can any prophet, true or false,
Make himself heard above the mad uproar
Of all the mingling and ambiguous,
Self-righteous or dismayed denunciations,
Warnings and dire predictions that assail us from
All ’informed sources’, media-debased and bent ?

(Le temps est arrivé. Nous sommes au bord extrême
De quoi ? Quel prophète, vrai ou faux,
Pourrait se faire entendre au-dessus du vacarme déchaîné
De toutes ces dénonciations floues, ambiguës,
Hypocrites ou consternées,
Avertissements ou prédictions sinistres qui nous assaillent à partir de
Toutes les « sources bien informées » déformées, biaisées par les médias ?)

Il ne peut que chercher à tâtons « des images inattendues », son « don douteux n’est plus » : il en appelle ironiquement à Yeats (« a terrible beauty is born ») et au magnifique poème que le poète irlandais écrivit à la mémoire des quinze indépendantistes rebelles fusillés par les Britanniques à Pâques 1916 :

- If this is a poem, where are the images ?
- What images suffice ? Corpses and carrion,
Ubiquitous bloodshed, bigger, more beastly bombs,
Stockpiled atomic warheads, stanchless wounds,
Ruins and rubble, manic messiahs and mobs.
- But poets make beauty out of ghastliness...
- You think l want to ? Think truth beautiful ?
- ’A terrible beauty is born...’ - It is indeed.

(Si c’est là un poème, où sont les images ?
Quelles images suffisent ? Cadavres et charognes,
Sang versé en tous lieux, bombes plus énormes et bestiales,
Ogives atomiques stockées, blessures inguérissables,
Ruines et moellons, messies déments et foules furieuses.
Mais les poètes créent de la beauté avec l’horreur…
Et vous pensez que je veux… ? Que belle est la vérité ?
‘Une beauté terrible est née’…Oui en vérité.)

Son poème « Whales and Dolphins » (Baleines et Dauphins) [ op.c. p 219-220)] pose la question du langage : « Poètes et penseurs sont de plus en plus /préoccupés par le grand problème du langage » Avec une honnêteté directe typique il écrit :

A poem should avoid abstraction and all forms
of private declaration of belief ; yet I must state
that I’m convinced by what is called the Fall of Man.
We’ve been turned out of Paradise ; we’ve made the world
into a shambles and a slaughter-house.

(Un poème doit éviter l’abstraction et toute forme
de déclaration de foi privée ; pourtant je dois affirmer
que je suis convaincu par ce qu’on nomme Chute de l’Homme.
Nous avons été chassés du Paradis et avons transformé le monde
en un bourbier et un lieu de massacres.)

Son texte en prose, « Departures » (« Départs »), se présente effectivement comme
la déclaration d’un missionnaire :

« Si je choisis de penser notre temps en terme de métaphore telle que Le Minuit du Monde, courant ainsi le risque de paraître tenté par une dramatisation spécieuse, c’est mon affaire. Je veux simplement exprimer qu’il devient de plus en plus difficile d’ignorer la réalité de notre actualité où éclatent violence, hostilité et agressivité, terreur, déshumanisation, extrémismes, ruptures explosives et tous les phénomènes par trop familiers qui nous sont offerts comme illustrations de ces mots maladroits. Qui d’entre nous pourrait jamais supprimer le désir d’éviter un climat si ouvertement catastrophique et les hégémonies nihilistes du pouvoir, de l’égoïsme, et de la technique envahissante qui échappe à tout contrôle – et ne souhaiterait exprimer, fût-ce indirectement, quelque symptôme de cette aspiration dans les poèmes que nous nous efforçons de créer ? »

Tel était le contexte dans lequel fut écrit phrase l’essai inédit, « Poetry, Environment, Catastrophe » (1987). Ce titre s’inspire délibérément du célèbre avant-propos quasi-prophétique à Sueur de Sang, « Inconscient, Spiritualité, Catastrophe », de Pierre-Jean Jouve, avant-propos traduit par Gascoyne dans Poetry London, vol.1, n°4. 1941
A la lumière des discussions actuelles sur le réchauffement planétaire et sur les mesures à prendre pour le combattre, je suis étonné par la prescience et de la pertinence de cet article qui et resté caché inédit pendant près de vingt ans.

David Gascoyne : « Poésie Environnement Catastrophe »

L’un des poètes britanniques parmi les plus grands et certainement des plus modernes du 19ème siècle fut un Jésuite, le Père Gerard Manley Hopkins. Bien que ses images offrent rarement un reflet direct de la société urbaine industrialisée, il se montrait à l’occasion très conscient de ce que nous en sommes venus à considérer comme des questions et des préoccupations centrales sur notre environnement. En 1977 sa vocation le poussait à ouvrir l’un de ses plus célèbres sonnets [ « Grandeur de Dieu » ] par la déclaration :
« Le monde est lourd de la grandeur de Dieu »

bien que le quatrième vers se termine en demandant :
« Alors, pourquoi les hommes ont-ils mépris de sa colère ?
D’âge en âge elle fut piétinée, piétinée, piétinée ;
Et tout est ruine au change ; noyé, broyé dans le labeur ;
Et tout s’englue des remugles de l’homme, s’empuantit de l’homme : nue
La glèbe en ce jour, insensible le pied pris aux fers. »

« Et pour autant » continue Hopkins, « jamais nature ne s’épuise ;/Au fond des choses d’ici-bas vagit la fraîcheur la plus chère » ; une affirmation que maint poète aujourd’hui prendrait volontiers à son compte dans ses moments de plus grand optimisme, même en étant incapable de partager le foi du prêtre pour qui « Oh, tout là-bas explose le matin, aux franges mordorées de l’est -
Car l’Esprit Saint dépassant toute perte
Réchauffe le monde en son sein, ah ! dans l’éclat de son pennage. »

Deux ans plus tard, il y a plus d’un siècle, Hopkins déplorait l’abattage des peupliers de Binsey, une rangée d’arbres qui agrémentait ce qui était pour lui « Rare, tendre, rurale ordonnance » et prévenait :
« 
O ce que nous faisons savons-nous seulement,
Lorsque de taille en fouille –
Nous hachons, arrachons la verte pousse
Car la campagne est si douce
Au toucher, son être si fragile,
Telle une boule claire et lisse
Mais transpercée – plus d’œil pour voir,
Là où, là même où nous voulons
Amender, émonder,
Par la sape et la coupe :
Ceux qui viendront ne sauront plus votre beauté d’hier. »

Commentant ce poème, Kathleen Raine a remarqué combien il nous paraît aujourd’hui prophétique, par sa perception lucide de la tendance innée qu’a l’homme à détruire. Elle ajoutait que, pour le meilleur ou le pire, c’est le royaume humain qui domine sur la terre, menaçant de couper jusqu’aux racines l’Arbre de Vie.
Dans un autre de ses poèmes [ « Inversnaid »] Hopkins demandait :
« Qu’adviendrait-il du monde, une fois dévêtu
De sa nature et de ses eaux ? Laisse-les nous,
O laisse-nous et la nature et l’eau ;
Vivent l’herbe sauvage et la nature intacte. »

Au temps où ces mots furent écrit, le terme « écologie » était loin de se manifester dans son utilisation courante et universelle d’aujourd’hui. Les pluies acides sont devenues maintenant infiniment plus efficaces pour détruire les arbres que la hache ou la scie. Le DDT pourrait éliminer toutes les herbes du monde. Dans la seconde moitié de ce siècle, il est devenu de plus en plus difficile de ne pas se préoccuper de la menace, en incessante prolifération, causée par la pollution industrielle mondiale et la production de produits chimiques mortellement toxiques. La publication il y a environ un quart de siècle de Silent Spring par Rachel Carlson a probablement marqué le commencement (au moins dans les pays anglophones) d’une prise de conscience générale des dangers pour notre planète de ce qui était naguère considéré comme les progrès d’une conquête scientifique profitable à l’humanité.
Il est aujourd’hui devenu apparent que les facteurs qui menacent inéluctablement l’environnement sont inséparables de ceux qui semblent menacer d’extinction l’humanité elle-même ; tous constituent un complexe planétaire qui implique l’énergie nucléaire, l’armement nucléaire, l’élimination des déchets nucléaires, parallèlement aux rivalités économiques entre des ressources énergétiques et minérales, à la concurrence des systèmes de distribution, à la surproduction, au gaspillage et aux famines, à l’ingénierie génétique et à l’extension de maladies incurables : tous des facteurs qui se sont développés à partir de l’avance inexorable de la technologie au vingtième siècle.
Peu de temps avant sa mort il y a onze ans, le philosophe Martin Heidegger a accordé au magazine Der Spiegel une interview où il déclarait que « dans les trente dernières années, il est devenu plus clair que le mouvement planétaire de la technologie moderne est une force dont l’ampleur ne saurait être surestimée ». Il a poursuivi avec la remarque cruciale que l’essentiel à propos de la technologie est que l’homme ne peut seul la contrôler.
Interrogé pour savoir s’il n’était pas trop pessimiste en ce qui concerne la technologie, Heidegger répondit que « dans le contexte actuel pessimisme et optimisme sont des attitudes inadéquates. La technologie n’est pas un outil et n’a plus rien à voir avec des outils. »
Quand le Spiegel objecta que « dans les régions hautement technologiques du monde l’homme connaît un bien être matériel. Nous vivons bien. Alors qu’est-ce qui manque ? »
Heidegger répondit :
« Tout fonctionne. C’est ce qu’il y a d’inquiétant, que ça fonctionne, et que la technologie continue de déchirer l’homme et de le déraciner de la terre. J’ignore si vous êtes effrayé. Moi je le suis quand je vois transmettre depuis la lune des photographies de la terre. Nous n’avons plus besoin d’une bombe atomique. L’homme est déjà arraché à la terre. Ce qui reste est pures relations techniques. Là où l’homme vit aujourd’hui n’est plus la terre. En Provence j’ai eu récemment un long entretien ave René Char, le Poète Résistant. Des installations de fusées se construisent là-bas. La terre est inimaginablement ravagée. Or Char n’est ni un sentimental ni un idéaliste idyllique, il m’a dit que ce déracinement ininterrompu mène à la fin, à moins que la pensée et l’écriture ne puissent, sans violence, recouvrer leur pouvoir. »

Peut-être le moment le plus fort de cette interview fut-il la déclaration importante du philosophe :
« Seul un dieu peut nous sauver maintenant. Nous ne pouvons plus que, par la pensée et l’écriture, préparer la manifestation du dieu, ou l’absence du dieu et alors les choses suivront jusqu’au bout la pente descendante. »

Au cours du premier millénaire de l’histoire l’homme s’est habitué à vivre sous la constante menace de catastrophes naturelles : inondations, tremblements de terre, éruptions, épidémies endémiques ou saisonnières, et famines dues aux insuffisances de récoltes non mécanisées. Mais dans notre siècle nous devons vivre avec les conséquences et la menace sans cesse renouvelée de catastrophes dues purement à l’homme : deux Armaggedons planétaires, d’innombrables conflits localisés dont certains se déroulent en ce moment même, des massacres sporadiques d’une férocité inégalée, et plus récemment des désastres tels que, pour en nommer quelques-uns, Seveso, Bhopal, l’empoisonnement accidentel du Rhin, et finalement bien sûr, il y a tout juste un an, Tchernobyl. Le jour anniversaire du plus grand des désastres nucléaires, les autorités russes ont annoncé des plans pour la construction de nouvelles centrales nucléaires afin de remplacer Tchernobyl par des usines dernier cri censées être à l’abri des désastres – confirmant les observations de Heidegger sur l’auto-perpétuation autonome de la technologie moderne. On pourrait ajouter que l’environnement de Tchernobyl au sens le plus strict et le plus réaliste du mot s’étend sur plus de la moitié de la masse territoriale de l’Europe.
Il y a plus de cinquante ans cet été, au Palais de la Mutualité à Paris, j’écoutais jour après jour pendant une semaine les débats du Congrès International pour la Défense de la Culture contre le Fascisme : des interventions de Barbusse, Malraux, Aragon, Ilya Ehrenburg, Anna Seghers, Ernst Toller, Théodore Dreiser et j’en passe… Que devait-on faire ? Qu’est-ce qu’un intellectuel devrait d’urgence communiquer à ses lecteurs ? L’anxiété causée par la marée régulièrement montante de la barbarie politique dans l’Ouest était intense. Conseiller d’atteler la littérature à la cause de la propagande était une tentation sérieuse, bien que refusée par les artistes les plus sérieux. Aujourd’hui nous posons avec la même anxiété des questions nées du souci de sauvegarder notre environnement. Je n’ai besoin que de rappeler les paroles de Nikos Kiriazis au 8ème Congrès de l’Organisation Mondiale des Poètes à Corfou il y a deux ans. Abordant la question de la Poésie et l’Environnement, le poète grec déclara aussi : « Le problème qui nous concerne tous doit nous concerner encore plus, nous autres poètes. Les poètes sont les gardiens de la beauté et de la vérité. Nous devons défendre cette beauté et cette vérité. Cela signifie qu’aujourd’hui nous devons nous battre pour l’environnement. »
La menace d’une possible annihilation physique par un holocauste final encore plus littéral que le dernier est aussi réel que l’était, en 1935, la peur de voir abolir la civilisation libérale par le totalitarisme. Pour reconnaissants que nous puissions l’être envers l’existence d’organisations telles que le Mouvement européen des Verts, les Amis de la Terre et Greenpeace, je ne voudrais pas laisser croire que je me contente de demander qu’on soutienne et diffuse leurs principes. Par-dessus tout je veux plaider pour une prise de conscience plus forte du caractère crucial des questions que nous sommes réunis ici afin de discuter et pour que soyons déterminés à tout faire pour y éveiller les lecteurs. Ensuite pour nous soyons déterminés à ne pas succomber au péril peut-être le plus immédiat de tous : celui de rester pétrifiés par l’extrémité dramatique de la situation que nous affrontons. Le terme français « méduser » convient particulièrement pour exprimer ce que je veux dire ici. Notre âge de fer planétaire, comme le définit Edgar Morin, nous présente un aspect aussi horrifiant que celui de la Méduse, qui peut, non seulement nous engourdir, mais aussi de nous abasourdir. Ce qu’il nous faut maintenant, plus que jamais, n’est pas simplement cette possibilité de divertissement et de consolation qui a toujours été une fonction importante de la création par l’écriture : il nous faut nommer l’essentiel, employer des mots capables d’éveiller une conscience plus ouverte non seulement à notre péril mais aussi à nos ressources les plus profondes.
Je dois me hâter de conclure en utilisant une autre citation. Il y a longtemps j’ai traduit et publié dans une revue anglaise [ Poetry London vol.1, n°4 (1941) pp.112-114] l’essai écrit par Pierre-Jean Jouve en préface à son recueil de poèmes Sueur de Sang, daté (étonnamment semble-t-il aujourd’hui) de 1935. Il est intitulé « L’Inconscient, spiritualité et catastrophe », et se termine comme suit ;
« La catastrophe la pire de la civilisation est à cette heure possible parce qu’elle
se tient dans l’homme, mystérieusement agissante, rationalisée, enfin d’autant plus menaçante que l’homme sait qu’elle répond à une pulsion de la mort déposée en lui. La psychonévrose du monde est parvenue à un degré avancé qui peut faire craindre l’acte de suicide. La société se ressouvient de ce qu’elle était au temps de saint Jean ou à l’an mille : elle attend, elle espère la fin. Il n’y a pas à prouver que le créateur des valeurs de la vie (le poète) doit être contre la catastrophe ; ce que le poète a fait avec l’instinct de la mort est le contraire de ce que la catastrophe veut faire ; en un sens, la poésie c’est la vie même du grand Eros morte et par là survivante (…)
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui les instincts de la Destruction nous encombrent ; les iniquités pourrissantes des nations font de l’ Europe ‘la grande prostituée …assise sur une bête écarlate couverte de noms blasphématoires ayant sept têtes et dix cornes …’
‘ Quoi ! la grande ville vêtue d’écarlate, et de pourpre et de beau lin, parée d’or et de pierres précieuses et de perles ! en une heure ont péri tant de richesses !’ Nous sentons bien que ce n’est pas tant de révolution qu’il s’agit que de destruction pure, de recherche d’un coupable objet de haine, et de régression.
La révolution, comme l’acte religieux, a besoin d’amour. La poésie est un véhicule intérieur à l’amour. Nous devons donc, poètes, produire cette ‘sueur de sang’ qu’est l’élévation à des substances si profondes, ou si élevées, qui dérivent de la pauvre, de la belle puissance érotique humaine. »

Cependant, nous devons persévérer dans l’attente de la parole inspirante de la Pentecôte, qui, quand elle se fera entendre viendra du dedans où sont localisés non seulement le vaste domaine que nous nommons l’Inconscient mais aussi, nous dit-on, le royaume du ciel.

(Tr. Michèle Duclos. Les Poèmes de Gerard Manley Hopkins sont traduits par Bruno Gaurier (Prix Nelly Sachs 2003) aux Editions Decaèdre-Findakly (juillet 2003) 58150-SUILLY LA TOUR)


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