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David Gascoyne, Paul Eluard et Max Ernst

29 septembre 2007

par David Gascoyne

Max Ernst

« Dans l’atmosphère transparente des montagnes,
une étoile sur dix est transparente. »
(Paul Eluard et Max Ernst, Les malheurs des Immortels, 1922)

A l’âge de la vie
Tout jeté partout
Tout semblait disparate
Une bouteille d’excellent sirop un bouquet de violettes
Il y en a de toutes sortes
D’inoffensifs cailloux un lac frappant de vérité
Le front collé contre le mur suit les nuages
Ce n’est pas à présent que tout espoir est mort
Il y a plus longtemps

Les yeux éteints par le jour fastidieux resplendissent le soir.

Lorsque le monstre de sentit frappé il prêta le visage au contremaître comme un homme en colère qui eût voulu faire un appel. Son courage s’était émoussé.
Puis viennent le second et le troisième ballon d’essai

Bon mot – Il vaudrait mieux ne point récompenser une belle action que de la récompenser mal. Un soldat avait eu les deux bras emportés dans un combat. Son colonel lui offrit un écu. Le soldat lui répondit : Vous croyez sans doute mon colonel que je n’ai perdu qu’une paire de gants.

L’oreille au fond des têtes sans humour
Calligraphie son bonheur
La lettre enlaidit le mot
La nudité de la femme est plus sage que l’enseignement du philosophe.
Elle ne demande pas qu’on la considère.
Des sifflets des cris des chuchotements
Des bourgeons de colère des pelures de rire
Mêlés aux battements des mains dans les vitres
intercédentes
Chargent la nudité des longues des lourdes
chaînes du coeur.
Comme un oiseau s’étend dans la Fumée
Le rappel des paroles claires
Trace en tremblant des frondaisons de charmes
Des broderies de chair des fusées de mouvements
Le délice d’aller vers des êtres oubliés
Par des chemins inoubliables.

Paul Eluard

La Semaine de Bonté

à Max Ernst
Ai présenté le lion avec médailles de boue
Une pour chaque jour de la semaine
Une pour chaque bête de cette ménagerie sombre
Naufragée dans les nuages
Fracassée par les paupières violemment fermée
Hystérie sur l’escalier
Cheveux déracinés
Mouchoirs de dentelle
Tachés par des larmes de sang
Déchiquetés
Leurs lambeaux ont jonché les eaux
Vêtements du séminaire
Portés par l’expédition nocturne

Par toutes les chimères
Escaladant la fenêtre
Avec des débris dans les cheveux
Avec un zéro dans leur corps en croix
Et de la glace dans les yeux

Ce sont les phénomènes d’attente du bouleversement
Des hommes invisibles dans l’herbe
Des crachats sur les dalles
Le grondement lointain du désastre
Une immense matrice crevant de désir.

David Gascoyne
(traduit de l’anglais par Paul Eluard)


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