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Danielle Terrien, par Gérard Paris

29 avril 2012

par Gérard Paris

Danielle Terrien, Traces vertes. Soligny La Trappe : Vincent Rougier, Ficelle n°99, 2011.

Tout d’abord quatorze illustrations, ce sont des monotypes très vivants, très colorés, sortes de collages apposés sur des lignes courbes évanescentes : ce sont les paysages évocateurs et abstraits de Luce Guilbaud.
Quant au texte de Danielle Terrien composé de trois parties (avec chacune neuf poèmes), il élabore, il cadastre le paysage intime. Dialogue de l’intime entre le « Tu » et le Je » ; sa voix, son rire : tout est ténu, finement esquissé. La deuxième partie va servir de révélateur : on crie, on hurle, on lacère ; les masques vont tomber, les flux se tarir :

« Glisser
Glisser
Tomber
S’étouffer
Hurler à nouveau
Arêtes des toits
Reflets inversés »

Pour lâcher l’instant et interrompre le cri, faut-il s’accrocher au vol des oiseaux, aux rais de lumière ? Des sensations (la peau qui revit, le sang qui bat) aux notations visuelles (les jaunes étendues) en passant par l’imaginaire (des barques accostent les rives), un paysage s’élabore, se construit par d’invisibles chemins : tout est rupture, en bordure de l’abîme :

« Fracas des mondes
Peur des fantômes
Lutte des corps
Jusqu’au cri »
Le poète ne vit plus que dans les fractures, dans les interstices :
« C’était extrême
Au bord
A la limite »
« Traces vertes » : des invisibles fractures à l’alignement des ombres…


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