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Claude Vigée, par Michèle Duclos

25 avril 2009

par Michèle Duclos

Claude Vigée , Mélancolie solaire et Le Fin Murmure de la Lumière.

Claude Vigée , Mélancolie solaire. Paris : Orizons, 2009.
Nouveaux essais, cahiers, entretiens inédits, poèmes (2006-2008)
Avant-propos et édition d’Anne Mounic.

L’essentiel, quantitativement, de ce beau volume est constitué par un long entretien qui a occupé plusieurs rencontres entre les deux poètes Claude Vigée et Anne Mounic ; les chapitres de ces rencontres s’organisent diachroniquement autour de la biographie créatrice de Vigée, qui se divise aisément en épisodes géographiques, en partant de l’Alsace de l’enfance, puis traversant le début de la guerre où, réfugié, étudiant en médecine et résistant à Toulouse, il commence à donner libre cours à sa vocation de poète. Puis c’est le long exil en Amérique, qui traverse plusieurs épisodes géographiques : nous suivons son arrivée et ses retrouvailles familiales, puis son mariage, les premières années dans l’Ohio, enfin l’Université de Brandeis, laïque, libre bien que d’inspiration juive, proche de Boston ; un exil entrecoupé par les visites estivales et sabbatiques salutaires à Paris et Bischwiller ; enfin, la conversation s’étend avec prédilection sur les décennies israéliennes les plus riches en bonheurs multiples et en créativité poétique. Ces entretiens, menés avec maestria et érudition par celle qui a déjà à plusieurs occasions servi l’œuvre du poète, auquel elle ne ménage ni son admiration ni son attention (entre autres par un livre magnifique, La Poésie de Claude Vigée, : Danse vers l’abîme et connaissance par joui-dire, à l’Harmattan en 2005, et en œuvrant, toujours en 2005, à la réédition du premier volume de poèmes, La Lutte avec l’ange − on trouve une bibliographie complète de Claude Vigée au début de Mélancolie solaire). Ces entretiens se concluent en épilogue, hors histoire et géographie, par des considérations chères aux deux poètes, sur « La sphère vitale de la parole ».

L’ensemble ne se veut pas récit linéaire, exhaustif et objectif. Devant cette masse vive de récits, d’anecdotes, de rencontres, d’événements, un choix s’est certainement imposé de lui-même, favorisant les périodes intimes heureuses qui sont aussi les plus riches en rencontres avec d’autres créateurs, et avec des événements qui dépassent le plan de la vie privée. On ne s’étonnera pas, quitte à le regretter, que même détenteur d’une situation stable enviable au sein de l’Université américaine, Vigée s’attache peu à la poésie américaine dont il rencontre pourtant quelques représentants notables, mais qui s’apparentent, peu ou prou, à ces « artistes de la faim » qu’il récusera plus généralement par la suite : Robert Lowell, en particulier, qui est aux antipodes du « joui-dire » revendiqué par Vigée comme fondement psychique et éthique de l’écriture poétique ; Elizabeth Bishop, qui « contrastait avec tous ces dead fish que sont souvent nos collègues » (p.80) ; il mentionne la poésie expérimentale formelle de Marianne Moore « un bel esprit séditieux de la bourgeoisie américaine, très drôle, very witty » (p.81) dont on sent qu’elle ne répond pas à son éthique ; même si « Elle faisait partie, avec [William Carlos] Williams, des poètes les plus attirants. J‘admirais chez Williams la profondeur, la sharpness dans l’homme, et la véracité dans sa perception aiguë des choses comme des mots ». (p.82).

Vigée se montre infiniment plus prolixe sur le Paris Latin des années cinquante et soixante où, à l’arrivée des congés et déjà poète reconnu, il a rencontré, souvent en sympathie, nombre de personnages en vue du monde éditorial d’alors, aujourd’hui pour nous des noms un peu flous que l’on se réjouit de connaître davantage ; toute une époque se dessine, relativement sage. A Brandeis déjà il avait eu la possibilité d’inviter les grands noms de la poésie française d’alors et il a noué, là ou en France, des amitiés avec Pierre Emmanuel, Saint-John Perse, Yves Bonnefoy, Henri Thomas, André Frénaud, Jean Follain, Guillevic, Philippe Jaccottet…

Mais c’est en Israël que les rencontres avec les grands penseurs, les grands poètes, les grands hommes d’Etat foisonnent en anecdotes, inestimables aussi pour les futurs chercheurs sur la période et le pays : de Ben Gourion à Martin Buber, Gershom Scholem, Amoz Oz, Joseph Agnon, AB Yehoshua, Shirley Kaufman, Else Lasker-Schuler…, décrits souvent sans complaisance mais avec affection dans leurs travers quotidiens.
Aucun des deux poètes auteurs de l’entretien n’oublie que par-delà le monde extérieur il/elle est avant tout un(e) créateur. L’entretien se termine par des considérations sur la nature et la fonction de la poésie qui reprennent les échanges orientés fermement au tout départ par leur organisatrice : « Quand je vous lis, je me dis que vous posez-là les dimensions véritables de la poésie : l’être face au destin » ; Vigée précise : « La poésie pouvait me permettre de mener ce combat – la poésie, mais pas la philosophie […] L’œuvre philosophique, ou même scientifique, comporte sa propre clôture. Une fois qu’on l’a pensée, elle se referme. Par contre, il faut penser la poésie sans arrêt » (p.33). « Les œuvres d’art sont beaucoup plus que des choses achevées, fermées sur elles-mêmes, car elles nous offrent la joie à jamais […] Je ne désire pas me contenter de créer des objets de beauté, mais je souhaite faire jaillir des figures à travers lesquelles l’humain puisse se mettre en branle et se sentir enfin vivre un peu plus – sinon un peu, tout court […] Qu’il [le poète] conjure en son for intérieur la nature naturante dont nous sommes la figure créée ! […] cette énergie nouvelle vous pousse en avant, elle vous engage à affronter d’autres épreuves, d’autres souffrances […] pour que les puissances les plus hautes de l’esprit descendent dans les réalités les plus concrètes puis remontent chargées de toute la substance sensible de la création en gestation […] Le langage bien mené, c’est comme du bon pain […] J’ai recueilli en moi la terre, le vent, l’eau, le ciel, la forêt, la pierre ou la brique des maisons, le pain, les fleurs, les fruits, les animaux (pp.204, 205, 206, 207, 212, 213, 244).

Ce fort et fort beau volume se poursuit et se termine par un ensemble de poèmes et de notations quasi quotidiennes rassemblées en un Cahier parisien, puis par plusieurs essais, récents ou anciens, de Claude Vigée et enfin par trois témoignages d’hommages au Poète, dont celui d’Henri Meschonnic. Dans ses essais, Vigée revient sur sa situation linguistique particulière d’être né et avoir été élevé dans un pays de langue alsacienne en voie de disparition, de connaître suffisamment les arcanes de la culture allemande pour traduire Rilke, et, après plus d’une décennie d’anglophonie imposée (mais mise au service entre autres des Quatre Quatuors d’Eliot), d’avoir connu une nouvelle naissance linguistique, adulte, en venant vivre en Israël ; une immersion scripturale dans une multiplicité complexe qu’il considère comme une chance. Dans ce volume il évoque entre autres (p.265-272) pour son traducteur, ami et éditeur britannique Anthony Rudolf, une complexité biographique qui a mobilisé toute l’énergie vitale, mentale et spirituelle, dont il était heureusement pourvu – cette « présence pulsante » qu’à l’orée de sa carrière universitaire il avait découverte chez Goethe en composant son « PhD » – qui lui a permis de faire que sa « mélancolie » soit « solaire ». Ce doux Prophète biblique sans illusion sur la nature de l’homme et le « progrès » de notre civilisation occidentale matérialiste, redécouvre grâce à Anne Mounic, son exégète, qui est aussi celle de Robert Graves, l’amplitude de l’œuvre poétique de ce dernier, poète anglais, lui aussi rescapé douloureux d’une guerre mais de « la malemort des tranchées » ; il reconnaît chez lui un parcours semblable au sien – à une guerre près – et écrit : « La seconde guerre mondiale qui suit [la Première] de près avec toutes ses conséquences apocalyptiques encore à venir, n’est en effet que la conclusion inéluctable, bien plus tragique et révoltante encore, de la première grande boucherie de 1914. » (p.275). Et aussi : « Dans l’homme et le poète Robert Graves, je reconnais un compagnon de lutte pour la vie, un complice longtemps insoupçonné dans la grande aventure de rédemption terrestre de l’être humain tenté à la fois, aujourd’hui comme avant-hier, par l’extase perverse du meurtre et du suicide collectif. Notre mot d’ordre, c’est de perdurer. ‘Mais l’attente est divine.’ » (p.279). Déclaration, espérons-le, « solaire ».

« Le Principe Espérance » disait un frère en philosophie, lui aussi exilé. « La môme espérance » a écrit un poète. Les deux ?

***


Claude Vigée Le Fin Murmure de la Lumière. Entretiens, essais nouveaux, 2006-2008. Paris : Parole et Silence, 2009.

Ce nouveau livre, à nouveau aux éditions Parole et Silence, se compose d’une volumineuse première partie occupée par des entretiens de taille et de thématiques très diverses dont les plus longs sont des réponses à des questions posées et reçues à l’avance, permettant au poète une organisation et un développement élaborés. Par là ces entretiens ne se distinguent que formellement des essais qui occupent la seconde partie et sont pour la plupart des hommages brefs rendus par le poète à des penseurs amis (Henri Meschonic, Stéphane Mosès, André Chouraqui, Adrian Finck, et en traduisant ses poèmes, à Henri Braun), hommage rendu aussi au pays d’Israël à l’occasion d’un retour, mis en ondes par France-Culture en octobre 2007, à Jérusalem après une quasi-décennie d’absence – retrouvailles à la fois douloureuses pour le
poète solitaire et joyeuses dans l’évocation d’un long passé partagé à deux.

Il est quantitativement moins question ici de la biographie et même de l’écriture du poète que dans les entretiens des volumes précédents, même si à plusieurs reprises Vigée et ses interlocuteurs rappellent que la pratique à la fois esthétique et existentielle du « judan » − co-existence du poétique traditionnel et de la prose du vécu – inaugurée par le poète se heurta à la désapprobation de ses premiers admirateurs de marque que furent Saint-John Perse et André Gide. Dans ce volume, ce sont les facettes d’une véritable anthropologie « hébraïque » qui se dessinent à partir de la Foi (elle dépasse l’intérêt passionné et érudit que le poète porte à sa religion – une érudition déjà affirmée entre autres par son étude de Treize Inconnus de la Bible parue en 1996 chez Albin Michel). On aimerait qu’il ait développé davantage la figure de Jésus inscrite dans son milieu juif et biblique – ainsi : « Jésus devait chanter et jouir de la substance orale, tellement étonnante, des textes hébreux […] Le bon berger se reconnaît à sa voix (Jean ch.10). Il bouleversait par sa voix – la voix de Mozart peut-être ? » (p.225). Ou, dans le sillage de Maïmonide, « Pour moi aussi, Jésus est une figure messianique véritable » (p.113) ; « Ce qui frappe, c’est que Jésus prend pour soi, en personne, les paroles de Dieu… » (p.114) Et aussi (p.183) : « La sainteté, c’est un effort poursuivi avec très peu de moyens parfois […] Un peu, comme Jésus conseillant, pour prier, non pas de se secouer et de mettre un manteau de prière, mais de se retirer dans la chambrette, la chambrette du cœur, beaucoup plus que la cellule du monastère. » On rêve, pour reprendre le titre d’une collection à la mode, d’une « anthologie amoureuse » des deux Testaments que proposerait le poète et on partage d’autant plus dans sa douleur son indignation outragée devant les errements monstrueux récents d’un nouveau Pape dont il saluait en octobre 2007 « l’allure bienveillante, au visage candide, mais à l’œil vif [qui] apporte une révolution » (p.226 ; aussi p.224).

Nombre des souvenirs évoqués dans ce livre touchent à des personnages entrés dans l’Histoire, grande ou petite, qui, même anecdotiques, prennent une tonalité émouvante : ainsi que le poète et sa femme soient allé écouter à Carnegie Hall « le pianiste, un célèbre artiste manchot, Paul Wittgenstein, le frère du philosophe » dans le concerto pour la main gauche que Ravel avait composée pour lui (p.124). Comme dans les volumes passés, ses rencontres avec des « grands » de l’histoire événementielle et culturelle ont une qualité de vécu au-delà des hommages habituels plus ou moins compassés. Par delà les grandes rencontres culturelles, à l’université de Brandeis ou dans un boulevard Saint-Germain sabbatique, déjà relatées dans les précédents volumes, Vigée nous révèle ou nous rappelle d’autres rencontres souvent admiratives (on peut se douter qu’il laisse les moins élogieuses sous le boisseau) : Albert Camus, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Guillevic, André Frenaud… et Jean de la Croix dont il se sent proche (p. 166).

Surtout Vigée nous rappelle qu’en classe de philo son professeur lui fit découvrir l’œuvre d’Henri Bergson. On découvre dans la pensée ouverte de cet immense philosophe français – fils d’un père juif polonais et d’une mère celte irlandaise – une source de la morale et de la religion du poète : « Bergson, pour le dire autrement, m’a fait découvrir que la Bible hébraïque n’était pas bien différente de la poésie et que, sous une apparence métaphorique, les Ecritures parlaient au fond des mêmes événements de l’être que la poésie » (p.203). On regrettera qu’aucun de ses interlocuteurs n’ait évoqué le nom de Jankélévitch (réservé à une prochaine série d’entretiens ?). Des deux noms où se dérobe YHWH, à Elohim « le Dieu du ‘dehors’, celui dont nous sépare une distance infranchissable… », Vigée préfère « Adonaï le compatissant, le Dieu de l’intériorité, de l’amour, de la grâce » (p. 241). Tout ne va quand même pas pour le mieux dans le meilleur des mondes cosmiques. Si Vigée est allergique au sens du péché originel développé par Augustin, il n’est pas non plus adepte d’un hérétique celte tel que Pélage pour qui « gratia » était inutile à côté de « natura ». Il s’emporte contre la célèbre définition de Dieu ou du divin donnée par Spinoza (p.98), (n’en déplaise certainement à son ami de longue date le philosophe existentialiste Robert Misrahi tranquillement et joyeusement athée).

« La luminescence qui distingue une œuvre d’art réussie ne provient pas pour Vigée du fait qu’elle est détachée du monde, mais au contraire qu’elle en est totalement imprégnée » (p.268) écrit Helmut Pillau dans l’essai « Critique de la sublimation chez Claude Vigée » qui ferme le volume. Dans l’ouverture de la spiritualité à la vie dans son impermanence vient s’inscrire celle de l’esprit dans le corps, dans un érotisme conjugal volontiers célébré dans ses poèmes et ailleurs, qui est beaucoup plus positif que la simple sexualité, car il ouvre sur la spiritualité : « Selon certains maîtres du Talmud, nous ne voyons pas l’invisible. Au mieux le rejoignons-nous, comme se touchent les amants dans le Cantique des Cantiques  » (p.162). Le corps, la sensibilité et la sensorialité, ouvrent sur l’art, sur les arts, et tout particulièrement – on ne s’en étonnera plus ici – sur l’art du rythme et des sons, en dialectique avec le silence qui est au cœur de la poésie comme l’ « aleph » est invisiblement présent dans le monde phénoménal émané du « beth ». Un entretien entier tourne autour des goûts musicaux et picturaux de Vigée, que l’on résumera pour les premiers comme un classicisme romantique allant de Bach et de sa Messe en si mineur, et de Mozart - « il faut ce calme apollinien et cette exaltation dionysiaque » (p.124) −- jusqu’au jazz et au blues et pour le second, résumé à propos de Jean Revol, par son attirance pour un « peintre obstinément figuratif » (p.142). « Vous avez une conception de la musique plutôt ordonnatrice du monde », lui fait remarquer son interlocutrice. Comme, remarquons le en passant, Claude Levi Strauss, lui aussi peu attiré par les esthétiques du XXème siècle et particulièrement rebuté par l’abstraction en peinture.
Cet équilibre, cette recherche de ce que dans le bouddhisme jamais mentionné on nomme « Voie du Milieu », caractérise toute la pensée et l’esthétique du poète juif alsacien malgré quelques audaces esthétiques telles que la co-existence du vécu et de l’art dans le « judan ». Dans sa vie aussi malgré le grand saut existentiel réussi d’abandonner la sécurité morne de l’Amérique pour tenter l’aventure combien réussie d’une vie nouvelle en Israël.

« S’il est actif tenace, endurant, Jacob se garder toujours de céder, comme Icare, à la tentation de la folle maitrise du cosmos ». (p.231) On imagine mal à le lire et simplement à contempler son visage aux lignes affirmées mais douces un Vigée prométhéen. Mais encore moins un Jonas ou un Job résignés. On célèbrera par contre sa résilience (lui-même utilise le terme), y compris dans l’humour irrespectueux – très juif ? – avec lequel il traite un Dieu empêtré dans sa Création et quêtant l’aide de sa créature (p.183).

Il nous paraît donc que cette série d’entretiens ne fait en rien double emploi avec les entretiens et essais déjà publiés et même qu’elle en appelle d’autres. Il faut aussi souligner, ce qui les met en perspective, l’apport du long essai introductif (repris de Temporel n°6) d’Anne Mounic, qui est poète et universitaire et la plus active parmi d’autres érudits activement enthousiastes et à l’origine d’une nouvelle reconnaissance du poète jusqu’alors admiré discrètement surtout par un cercle de ses pairs. Son action à la mesure de son dynamisme, manifestée dans son livre magistral La Poésie de Claude Vigée : Danse vers l’abîme et connaissance par joui-dire (l’Harmattan 2005) et dans d’autres longs entretiens, présente ici une fois de plus une synthèse qui prépare à la lecture des textes de Vigée, de ses essais et de sa poésie, qui sans être en rien hermétiques ou obscurs, s’en trouvent enrichis. Elle décèle et défend dans l’inspiration de Vigée l’aurore d’une nouvelle Modernité équilibrée entre tradition et innovation, sans les pesanteurs de la première ni les audaces aventureuses de la seconde ; une modernité où, à la différence de celle du « siècle infernal » écoulé (p.233), véritable Waste Land coupé d’un symbolisme vivant, le poète retrouve, inscrits dans tout un vécu plurilinguistique et géoculturel et à travers toutes les souffrances et négations traversées, « le parti du vivant » (p.241) et, comme le propose son autre exégète ami de longue date Adrien Finck « ‘son devoir d’éternité’, ‘lancé, semence-lumière, dans le noir devenir’ » (p.252) dans « le fin murmure de la lumière ».


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