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Claude Vigée, Albert Camus et Maurice Blanchot

27 septembre 2006

par Claude Vigée

[Dans cette correspondance entre Claude Vigée et Albert Camus d’une part, Maurice Blanchot d’autre part, se fait jour avec netteté ce refus du poète de s’enferrer dans l’impasse de « l’artiste de la faim ». Claude Vigée, en plus de l’échange épistolaire, a eu plusieurs conversations avec Albert Camus, entre 1955 et 1959, comme il le relate dans un essai publié dans Le Passage du Vivant et intitulé « La quête de la lumière cachée dans la pensée poétique d’Albert Camus » [1] . Les affinités entre les deux écrivains sont multiples et se seraient sans doute approfondies, Camus eût-il vécu. D’ailleurs, Evelyne et Claude Vigée me confiaient récemment, alors que nous parlions de ces excellentes émissions de Raphaël Enthoven, sur France-Culture cet été, à propos d’Albert Camus, « La pensée de midi », que l’écrivain devait venir déjeuner chez eux à Paris le 9 janvier 1960 : « Alors, vous imaginez la peine !... » dirent-ils tous deux en soupirant.]

Lettres à Albert Camus
 
Brandeis University
Waltham Massachussetts
 
le 25 mars 1955
 
Cher Monsieur,
 
je vous remercie pour votre lettre du 14 mars. L’Homme révolté est un livre important parce qu’il n’est plus possible, après l’avoir lu, de se complaire dans la négation, de faire du non systématique une excuse devant les rigueurs de la vie. Le château du refus dans lequel s’emprisonne depuis plus de cent ans l’individu moderne doit être détruit de fond en comble. Au risque de mourir dans l’asphyxie lente du déracinement, il faut que le cœur humain se fasse « le cœur battant de l’espace », qu’il s’arrache à l’adoration de soi et au culte de sa solitude, pour s’ouvrir sur le monde et en chasser l’exil. Si l’univers est distant, cruel et inhospitalier, alors c’est à nous de défricher en nous-même une terre accueillante où les déracinés pourront trouver accueil, où les exilés se sentiront chez eux. L’exigence de cette ouverture, d’un hara-kiri permanent de la personnalité, me paraît être le point de départ pour toute morale efficace et sincère. La structure de base du « moi » occidental (celui qui règne de Descartes jusqu’aux existentialistes contemporains est à bouleverser - ce « moi » orgueilleux dans lequel rationalistes et romantiques trouvent refuge ensemble, et auxquels ils s’agrippent avec l’énergie du désespoir -. Cette violence sur soi n’amène pas l’anéantissement de la personnalité (quoiqu’elle nous en fasse courir le risque), elle prélude à une vie renouvelée et plante les premiers jalons de la métamorphose. Après quoi on peut penser, dans notre désert hivernal, à construire « la claire maison d’été ».
 
A vous très cordialement,
 
Claude Vigée

[La lettre qui suit n’aura pas été envoyée comme telle. Son auteur, la trouvant trop longue au moment de la mettre au propre, l’aura raccourcie. Les passages omis concernent des questions éditoriales ayant trait au projet d’Albert Camus de publier chez Gallimard L’été indien (1957).]

Brandeis University
Waltham 54, Massachussetts
 
Claude Vigée
39 Florence Road
Waltham, Mass., USA
 
le 3 janvier 1957
 
Monsieur Albert Camus
c/o Editions Gallimard
rue Sébastien-Bottin
Paris, 7e, France
 
Cher Monsieur,
 
Réflexion faite, j’ai tout de même communiqué la teneur de votre billet du 29 novembre à M. de Sacy, que je considère comme un ami plutôt que comme éditeur, en lui demandant conseil. [...]
 
M. De Sacy s’est montré très chic, comme à l’ordinaire. Je m’étais fait beaucoup de soucis au sujet du Mercure, du texte à retirer etc..., et cette lettre m’est un vrai soulagement. De Sacy a été l’un des premiers, il y a six ans, à m’ouvrir les pages d’une revue française. Je ne suis pas près de l’oublier, et c’est pour cette raison que je lui ai demandé de m’indiquer lui-même la marche à suivre. [...]
 
N’estimez-vous pas, comme moi, qu’il est plus prudent d’avoir un contrat ferme de la maison Gallimard avant de couper les ponts ailleurs ? Car tout le monde ne se montrera pas aussi compréhensif que M. de Sacy, et je suis pour M. Orengo un étranger - (cela me paraît drôle d’employer ce mot-là en vous écrivant, surtout après une matinée passée à « expliquer » à mes étudiants du « 20th Century French Lit Course » le sens du meurtre de l’Arabe dans votre roman). Avec ces histoires d’éditeurs on finit par ne plus savoir à qui l’on s’adresse ; de même, dans ma vie privée, le fil se rompt entre le « department chairman » qui lit ou dicte des circulaires, engage, limoge, examine des candidats, - le professeur condamné à revivre les pensées du Neveu de Rameau, - ou de Meursault -, (telle était aujourd’hui ma double tâche), et celui qui tâche d’émerger entre pins et rochers dans les clairières de l’été indien. Le plus étrange, c’est que tout cela fonctionne assez efficacement, en apparence du moins. J’ai toujours admirée, au Zoo du Central Park à New York, le jeu de ces phoques qui passent avec une merveilleuse souplesse de la vie aérienne à l’élément aquatique, et tissent de leurs moustaches une sinusoïde étincelante entre le ciel et l’onde.
 
Parlant de L’Etranger, j’ai assisté, à Washington, à une conférence de Germaine Brée sur certains de vos manuscrits inédits (Journal, La Vie Heureuse, La Mort Heureuse), qui a jeté une grande lumière sur les aspects énigmatiques de votre œuvre. Notamment sur le meurtre de l’Arabe, (de Zagreus), l’extase dans laquelle tombe Meursault à la fin du livre, son manque de culpabilité etc... J’ai aussi été frappé par l’unité profonde de toute votre œuvre, car L’homme révolté c’est encore, (sous une perspective historique), l’aventure de Patrice. On s’est mépris sur le sens de L’Etranger, soi-disant roman de l’absurde et de la dérision : alors que c’est l’épure d’une expérience de rédemption. D’une certaine façon, le véritable « étranger », (celui de vos critiques, celui de Sartre aussi, voyant à tort dans cette œuvre un conte voltairien), c’est seulement dans La Chute qu’il prend forme. Le héros de ce dernier livre est peut-être né dans votre esprit des erreurs et distorsions occasionnées chez vos lecteurs par une fausse interprétation du premier « Etranger ». Cette fois-ci, vous leur en servez un vrai. Celui qu’ils veulent : à leur image. Et sans extase d’aucune sorte. Difficile apprentissage, n’est-ce pas ? - Blague à part, il y a bien des choses qui m’échappent et que j’aimerais mettre au clair. Que ne peut-on se parler, au lieu de taper des lettres interminables ? Je ne sais trop que penser de La Chute, il faut que je relise cela lentement, puis que je l’oublie, pour que l’évidence surgisse - l’évidence des rapports avec le passé, ou de la rupture avec cette folie qui le sous-tend jusqu’à L’Homme révolté, la folie de la joie à travers l’agonie qui vous a si longtemps possédé. Je commence à comprendre aussi, maintenant, ce qui a pu retenir votre attention dans mon Eté indien. J’ai senti mon cœur battre un peu plus vite que d’habitude quand Melle Brée, dans cette horrible salle des fêtes verte et pourpre de l’Hôtel Mayflower à Washington, (où se tenaient les assises de l’American Association of Teachers of French), a lu des extraits de votre Journal d’il y a vingt ans, avec l’épigraphe : « Mon royaume est de ce monde » - au défi déjà de Saint Augustin et du jansénisme. Elle nous a raconté les épisodes de l’histoire de Patrice, (ses trois morts). C’est surtout la « Mort consciente » dont j’ai reçu et spontanément reconnu l’enseignement majeur. L’exil n’a plus assez de secrets pour moi. La lutte contre le temps, je ne fais que ça depuis quinze ans, et cela n’est pas près de finir. Le mystère, dans votre être comme dans votre œuvre, c’est le meurtre rituel de Zagreus. Il ouvre la voie à la « mort heureuse » qui est aussi la vie heureuse, car à ce moment-là, elles se fondent dans un état d’être nouveau qui les dépasse. Que signifie ce meurtre, et pourquoi est-il à l’origine de la joie ? Faut-il y voir un sacrifice, par le moyen duquel le sacrifiant participe à l’ouverture du sacrifié, qui est en réalité lui-même ? Est-ce un hara-kiri transposé ? Mais pourquoi transposé ? Aucun transfert n’est efficace ; c’est sur soi-même que le couteau doit tomber. Tout le reste est symbole, détour inutile. Serait-ce là le sens vrai de la fin de L’Etranger ? Ce qu’il cherche, c’est sa condamnation à mort : le meurtre de l’Arabe n’est qu’un moyen de l’obtenir. Il se la procure par un tiers, au lieu de se la donner, consciemment, dès l’abord. Se faire condamner à mort est une variante possible de « Stirb und werde ». Abraham y est allé tout droit, en liant son fils unique sur l’autel. Sa version me paraît préférable. L’avantage, ici, c’est qu’on tient soi-même le couteau, et qu’on peut s’arrêter à temps, (la guillotine, manœuvrée par autrui, va trop loin et ignore ces nuances). Par l’agonie, à travers l’agonie, Abraham perdure et se donne un temps nouveau. Il est dangereux, quoique plus facile, de confier au monde extérieur le soin de la purification ; au lieu de la métamorphose, on aboutit souvent au cimetière. Or ce qui compte, ce n’est pas l’agonie, mais ce qui vient après l’agonie. Le « Stirb » n’est qu’un moyen : « werde », voilà le devoir ; ce mot ne signifie pas seulement « deviens », mais aussi deviens-être, sois un vivant. mais l’histoire d’Abraham est compliquée : il avait tué son père (ou ses idoles, c’est tout un) ; l’Etranger se sent un peu coupable, dans cet ordre d’idées, de la mort de sa mère. Alors, dans le sacrifice, expiation et ouverture à la joie se rejoignent. Là aussi je comprends « de l’intérieur », car je sais combien pèse le remords pour le meurtre (ou le rejet) des parents. J’ai longtemps affronté de terribles souvenirs. Tuer Zagreus ou l’Arabe est peut-être moins douloureux que de se faire mourir à petit feu pendant quatre ou cinq ans, mais en fin de compte cela revient au même. Repentir et libération ; tuer et se tuer. Mais pour que cela porte des fruits, il faut une mesure : mourir pour ne pas mourir ; cesser de vouloir agir afin de mieux durer.
 
Vous écrivez dans la prière d’insérer de La Chute : « la seule vérité de ce texte est la douleur, et ce qu’elle promet. » La douleur peut-être, mais brûlée par une auto-ironie féroce !
 
La Chute, c’est l’anti-Camus à l’état pur, l’ascèse, la revanche de Saint Augustin, celui que l’autre, celui des Noces, voudrait défaire tout en l’étant. Mais par-delà l’antinomie des Noces et de La Chute, j’entends parfois chez vous un contrepoint par lequel tout est résolu et accompli. C’est là votre vraie patrie. Elle a eu des visiteurs, mais ils sont rares. Puis-je vous raconter pour finir une histoire vraie, attestée par la tradition, l’histoire de l’homme qui avait vu en rêve le quidam avec lequel il était destiné à passer l’éternité dans le monde à venir ? Un Juif pieux de Rhénanie, qui vivait au début du XIIème siècle, rêva toute une nuit, et vit en rêve le visage de son futur compagnon d’éternité. Il apprit son nom, et il lui fut révélé dans quelle ville cet homme, son contemporain, habitait sur terre. A force de voyages et d’aventures, notre Juif arriva un jour dans cette ville, se souvint de son rêve, et se mit incontinent à chercher son compagnon d’éternité. A sa grande horreur, il découvrit que ce personnage était considéré comme le plus pervers et le plus vicieux de la sainte communauté. On lui raconta que l’homme en question avait coutume de s’enivrer et de danser avec les prostituées nuit après nuit, et qu’il n’en était pas de plus corrompu dans tout le pays. Mais notre rêveur voulut en savoir davantage, car après tout, le rêve ne lui avait-il pas révélé que celui-ci serait son compagnon d’éternité, et ne valait-il pas mieux savoir à qui on aurait à faire dans le monde à venir ? Alors notre Juif s’enquit de plus près, il espionna Reb Judah, (car tel était le nom du pécheur), et derrière le voile d’impudicité dont s’entourait celui-ci, il découvrit ce qui suit : chaque nuit Rabbi Judah allait dans les maisons de prostitution de la ville et invitait toutes les prostituées à venir dans sa maison ; là il les faisait chanter et danser jusqu’à l’aube, en leur offrant sans compter à boire et à manger ; lorsqu’elles rentraient au bordel, c’était les bras chargés de dons précieux. mais Rabbi Judah, leur hôte, ne se livrait avec elles à aucun commerce charnel ; s’il buvait et chantait et dansait avec elles chaque nuit jusqu’à l’aube dans sa maison paternelle, c’était afin de les retenir ainsi loin de tout mal, de garder leur corps de la souillure et leur âme du péché qui vient de la caresse sans amour, de la luxure sans joie. C’est chez lui, dans sa maison paternelle qu’il recevait toutes les prostituées de la ville, c’est lui-même qui les détournait de la corruption en les acceptant dans son foyer et dans son cœur. Voilà donc l’homme avec lequel notre rêveur allait partager les cycles de l’éternité, le fameux Rabbi Judah-ha-Hassid dont la prose hébraïque reste un des chefs-d’œuvre du Moyen-Age juif, et qui mourut vers 1170, pleuré dans tous les bordels et par tous les Hassidim d’Allemagne. Le contrepoint des Noces et de La Chute, c’est dans cette histoire-là que je l’entends résonner. C’est pourquoi je me suis permis de vous la rapporter.
 
Avec mes meilleurs vœux pour 1957, je vous envoie, cher Monsieur, mon fidèle souvenir.
 
Claude Vigée

Correspondance avec Maurice Blanchot

[Dans sa lettre du 3 septembre 1959, dont il est question ci-dessous, Maurice Blanchot demandait à Claude Vigée de lui adresser sa Lutte avec l’ange et ses traductions de Rilke. Il lui disait aussi que ses rapports avec l’exil l’avaient toujours beaucoup touché, lui confiant : « Il me semble qu’il y a en vous quelque chose d’invincible qui vous aidera toujours, qui est peut-être même dangereux par le secours trop prompt que cette puissance en vous vous apporte. Mais vous savez aussi vous méfier de votre force. »]

Claude Vigée
51, rue du Ranelagh
Paris, 16e
 
Paris, le 30 septembre 1959
Monsieur Maurice Blanchot
48, rue Madame
Paris, 6e
 
Cher Maurice Blanchot,
 
Rentrant d’Italie après deux semaines de séjour en Alsace, je trouve votre lettre [voir ci-dessus] qui atteint en moi les zones les plus vives. Cela ne m’étonne pas, venant de vous. Je m’y attendais sans toutefois l’espérer, car nous sommes tout de même des étrangers l’un pour l’autre, dans cette existence où la distance physique et celle des années font la loi.
 
Vous avez discerné qu’il y a pour moi, devant moi, des surgissements de force nue. Grâce à eux le reste, l’exil de toute la vie depuis la fin de l’adolescence, perd de son effrayante perfection ; le caractère fatal de la séparation se mue en attente. Attente sans fin, sans doute, mais orientée néanmoins vers l’apparition de ce qui est. Ce qui brise la circularité maligne du labyrinthe.
 
Mais je sais que cette joie qui parfois commence à sourdre dans mon corps, comme l’arbre pousse sous l’écorce, ne me doit aucun compte. Elle n’est pas ma chose privée, la béquille ou le moteur disponibles dont on fait usage pour sortir de l’ornière américaine. Nous vivons côte à côte en liberté, sans obligations particulières, dans une indifférence à la fois confiante et désespérée. (Cela a-t-il un sens pour vous ?) Puis il y a les rencontres, les visites, intrusions ou débordement pur et simple ? J’appelle cela « alliance », pacte entre deux parties qui demeurent autonomes, mais se sentent toutes deux sourdement impliquées dans le grand temps de l’être. Au cœur de ce temps, nous coïncidons parfois presque sciemment, mais nous restons loin de tout désir d’exploitation. Autant que de la possession passive par le démonique, je me méfie des « activités spirituelles », cette industrie houillère de la conscience. Plutôt donc qu’à celui d’associé, c’est au terme très différent de « complice » de l’être-apparaissant que je suis conduit. Avec ce qu’il suppose de clandestin, d’incertain, d’angoissant - mai aussi d’espiègle et de joueur. De délinquant, même. Par principe, cela n’était pas permis, une telle collusion avec la Puissance séparée de la vie. Alliance et complicité sont nécessairement des transgressions : ce n’en est pas l’aspect le moins tentant. Il est bon de se défier de soi quand on se risque à de tels contacts, sans les éviter pour autant. Tout est dans la juste mesure, par laquelle les limites de l’homme terrestre sont sauves en même temps que suspendues.
 
Je viens de commander chez mon ancien éditeur (La Librairie Les Lettres) les deux livres que vous me demandez : La Lutte avec l’ange (écrite en 1939-48), et les traductions de Rilke. Je vous les enverrai dès réception. Sous ce pli vous trouverez deux écrits récents, parus au Mercure et à la Table Ronde de septembre, après échec à la NRF. Par un étrange hasard, ces deux essais sont très proches de ce que vous m’écriviez dans votre lettre récente sur l’expérience de l’exil, tantôt fui, tantôt incarné en moi comme une conquête de ce monde étranger. Peut-être ces textes auront-ils pour vous aussi une signification personnelle. (Ce n’était pas le cas pour Arland et Paulhan, qui les ont trouvés « trop tendus »). A bientôt peut-être,
Votre nouvel ami,
 
Claude Vigée

[Maurice Blanchot répond à l’auteur, le 7 novembre 1959 : « Ce que vous disiez dans votre précédente lettre sur vos rapports avec cette sorte de force (que j’ai nommée ainsi, mais ce nom lui convient mal, rapports d’interdiction et de complicité, d’engouement aussi, de profonds soucis et d’insouciance, m’est très proche. c’est comme une figure solitaire avec laquelle nous devons vivre fièrement sans entente, ou avec une entente sans entente, ne lui demandant rien, la laissant être là, et sachant que son attente est aussi la nôtre, heureux, malheureux, il n’importe. »]

Notes

[1Claude Vigée, « La quête de la lumière cachée dans la pensée poétique d’Albert Camus », Le Passage du Vivant. Paris : Parole et Silence, 2001.


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