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Cahiers Benjamin Fondane

29 avril 2012


Ce Cahier rassemble les communications présentées aux Journées Fondane d’août 2011, à Annot, à l’exception de celle d’Oleg Poliakow, parue dans Peut-être, n° 3, en janvier. A l’inverse, l’essai de Gisèle Vanhese sur le puits dans la poésie de Benjamin Fondane est extraite du dossier mettant en valeur l’importance poétique du puits et paru dans le numéro 3 de Peut-être. Ces échanges entre revues témoignent de leur vitalité.


En exergue de ce Cahier n° 15, un extrait d’une lettre de Boris de Schloezer (traducteur, entre autres, de Chestov) à Geneviève Fondane, du 2 juillet 1946, ayant trait à Baudelaire et l’expérience du gouffre : « C’est un livre admirable, de très loin le meilleur de Fondane. Et la lecture de certains chapitres est particulièrement émouvante lorsque l’on évoque la fin de Fondane, qui certainement au cours des derniers jours de sa vie a dû revivre, repenser ‒ ce qu’il avait écrit et ce que l’on peut considérer come son testament spirituel. »

On peut en effet revenir à ce que Benjamin Fondane, dans ce livre capital, dit de la fin du Procès de Kafka et de la finalité de l’idéalisme allemand : « Telle fut la fin de l’individu quelconque sacrifié par Hegel à ce qu’il appelle l’Esprit ; on lui enfonça le couteau par deux fois dans le cœur, certes, mais il est clair que ‘l’Esprit’ n’a pas triomphé ; car ce qu’il voulait ce n’était pas la mort, le sacrifice de l’individu, ce qu’il voulait c’était son assentiment au sacrifice [...] afin de réaliser la ‘rationalité absolue’ [...]. » Benjamin Fondane n’aura pas consenti au primat de la force. On peut méditer cette affirmation de Simone Weil dans « L’Iliade ou le poème de la force » : « Il n’est possible d’aimer et d’être juste que si l’on connaît l’empire de la force et si l’on sait ne pas le respecter. »