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Cahiers Benjamin Fondane

22 avril 2011

par Anne Mounic

Cahiers Benjamin Fondane : Benjamin Fondane devant l’Histoire, Autour du Lundi existentiel, Au Temps du Poème, n° 14, 2011.

Le numéro 14 de la revue de la Société Fondane est consacré au face-à-face de Benjamin Fondane avec l’Histoire. Monique Jutrin fait état, tout d’abord, des « Ecrits philosophiques de Fondane durant les années de guerre ». Dominique Guedj étudie ensuite Au seuil de l’Inde, publié en 1941. « Fondane reconnaît ‘une pensée de négation radicale’ commune à l’Europe et à l’Inde et qu’il récuse toutes deux. » (p. 29) Maria Villela-Petit s’intéresse au dialogue Fondane-Maritain. Tous deux s’étaient rencontrés en 1936 et correspondirent jusqu’en décembre 1939 même si « la pensée de Maritain était aux antipodes de la pensée existentielle de Fondane » (p. 33). L’auteur de cet article rappelle la critique que fit Chestov des positions d’Etienne Gilson, thomiste lui aussi.
Suivent quelques études réunies autour du Lundi existentiel, initialement paru en 1945 dans L’Existence sous la direction de Jean Grenier : Till Kuhnle met le « dimanche de l’Histoire » en rapport avec Kafka, mais également avec Hegel, Schopenhauer et Nietzsche ; Alice Gonzi s’intéresse à Fondane, Camus et Kafka dans la perspective de l’absurde ; Margaret Teboul confronte Fondane et Walter Benjamin ; Eric de Lussy rend compte de la réception de l’ouvrage en 1945.
En ce qui concerne la poésie, Monique Jutrin étudie le recueil rédigé durant les années de guerre, Au Temps du Poème, et parle de « pensée fluide » (p. 157). Le poème, chez Fondane, est une « monade pourvue de portes et de fenêtres », qui dévoilent le gouffre. « L’expérience du gouffre rejoint l’expérience de la participation. » Evelyne Namenwirth lit, en regard Au Temps du Poème et Le Lundi existentiel et le Dimanche de l’histoire : « … ne me dites pas qu’il n’y a ni portes ni fenêtres puisqu’il y a voix. Et puisqu’il y a voix, il y a souffle et vie. » Annafrancesca Naccarato écrit sur les « métaphores d’Ulysse » et Gisèle Vanhese détaille l’« écho de Mallarmé » (« Brise marine ») dans un poème roumain de Fondane, « Lucarna ». C’est ensuite « l’œuvre roumaine » qui requiert l’attention de Carmen Oszi, de Roxana Sorescu et d’Hélène Lenz. Speranta Milancovici traduit un entretien de Fondane datant de 1930.

Toutes ces approches mettent en valeur l’intérêt porté à un poète et penseur majeur du vingtième siècle.

Monique Jutrin
jutrin@zahav.net.il