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Cahiers Benjamin Fondane

29 septembre 2007

par temporel

Cahiers Benjamin Fondane. B.P. 526. 44104 Kfar-Saba, Israël.

Comité de rédaction : Monique Jutrin (Directrice de la rédaction), Gilla Eisenberg, Michaël Finkenthal, Eric Freedman, Léon Volovici.

jutrin@zahav.net.il

Cette revue, consacrée à la diffusion de l’œuvre de Benjamin Fondane, a quinze ans d’existence. Le numéro 10 (2007) est consacré au Faux traité d’esthétique de ce poète français d’origine roumaine. Il s’ouvre sur l’évocation de la cérémonie qui eut lieu le 21 mai 2006 vers le début de la rue Rollin, dans le cinquième arrondissement de Paris, à l’occasion de l’inauguration de la Place Benjamin Fondane. « En quelque sorte, » déclara Monique Jutrin dans l’allocution qu’elle prononça ce jour-là, « nous avons la sensation d’avoir ramené Benjamin Fondane dans un lieu qui lui était cher, le sentiment d’avoir, malgré tout, restauré quelque chose, réparé une parcelle d’iniquité. » Vient ensuite l’exposé de Claude Vigée, le même jour au Mémorial de la Shoah (voir Temporel 3).
Le Faux Traité d’esthétique paru en 1938 chez Denoël, mais la question occupait déjà son auteur en 1925. Il subsiste de cette année un manuscrit inédit dont des fragments furent publiés dans le numéro 5 de la revue. Monique Jutrin analyse tout d’abord la composition de l’ouvrage et ses grands traits : la poésie est « participation à la réalité de l’objet » ; elle restitue « l’existence finie et sa pensée intime : le mythe », affirmant que l’existence a un sens.
Michaël Finkelthal place ensuite le texte en son contexte, en le confrontant à T.S. Eliot et I.A. Richards. Dominique Guedj s’interroge sur le réalisme de Fondane et insiste sur la dette du poète à Lévy-Brühl, auquel on doit la notion de « particpation » à l’univers. Ann Van Stevesant pose le problème du lien entre poésie et critique chez le poète lui-même et parle de « disjonction ». Till R. Kuhnle confronte Fondane à d’autres approches esthétiques. Mircea Martin parle de « réenchantement du monde », notion qui me tient à cœur. Claire Gruson développe la « nécessité de la rature ». Marie-Christine Desmaret parle d’ « imagination contradictoire ». Ricardo Nirenberg aborde la question éthique et celle du religieux, l’esthétique à proprement parler nécessitant une synthèse à laquelle Fondane se refusait. Geneviève Piron envisage l’influence de Chestov sur le poète. Olivier Salazar-Ferrer confronte Fondane à Platon ; Jean-Luc Steinmetz le présente comme « adversaire du surréalisme » ; Hélène Lenz envisage son hostilité à Valéry.
Enfin, Eric de Lussy décrit quelle fut la réception de l’ouvrage de 1938 à 1980, en citant de nombreux articles. Le Faux traité d’esthétique fut réédité en 1998 par les éditions Paris/Méditteranée.