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Beryl Cathelineau Villatte : poèmes

26 avril 2010

par Béryl Cathelineau-Villatte


Printemps

Photographie d'Anne Mounic

Buissons chantants,
Terre en attente,
Et la lumière en approche lente.

Pollens en échappée,
Nous entrainent
Dans leurs filets d’or.

Le jardin ouvre
Ses pages de lecture
Des arbres, du ciel, des signes.

Oracle d’un soleil
Laiteux et furtif
Dans un ciel opaque.

Les arbres fleurissent
De chants d’oiseaux, et la prairie
De plumes de mouettes.

La reine des jonquilles
Veille sur les infantes
Encore endormies.

Une percée de soleil
Deux ondées,
Et viennent les tulipes

Ce vert léger doux au cœur,
Ce vert nouveau doux aux yeux,
Serait-ce le printemps ?

Marronniers alignés
En rangées, on dirait
Des paquebots à quai.

Gouttelettes opaques,
C’est la pluie légère
Des fleurs du printemps.

La virgule

La virgule : elle est à l’écriture ce qu’est le soupir à la musique ; l’un est scansion de l’espace, l’autre du temps.
La virgule, c’est cette respiration, ce souffle retenu, ou cette inspiration profonde avant de poursuivre, une attente parfois ; une pause brève, un temps de réflexion, une suspension derrière laquelle on ne sait pas ce qui va suivre ; elle peut donc être une rupture dans la linéarité du récit ou de la phrase, ce point d’orgue derrière lequel tout peut basculer ; une pierre à contourner sous le pied, là sur le chemin. Elle est un évènement à soi seul, comme ceux de la vie. Derrière elle les nuages, où l’éclaircie ou l’embellie.
Étymologiquement, petite branche ou bâton, elle pourrait donc être un appui. Elle peut être fixe ou flottante.
Elle serait cette touche vibrante, cette attente ?
Dansante comme un feu follet, on peut la déplacer à loisir, et ainsi tout changer...
Aucune certitude donc, dans la virgule, jusqu’à son placement qui met un point final à l’interrogation...


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