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Beryl Cathelineau-Villatte, poèmes

29 avril 2012

par Béryl Cathelineau-Villatte

Couleurs du jardin

Anne Mounic, "Oiseau". Monotype, 2011.Blanc de gris et gris de craie,
Sol et ciel,
Dans le matin naissant.

Sombre bronze et rouille claire
Des vaisseaux marronniers,
En partance de la nuit.

Marron rose et rose poudré
Des feuilles amassées
Sous la main du vent.

Vert amande et gris de vert
Des voutes déployées
Sous le pas de l’aube.

Argent et or
Des fruits et feuilles de ginko
Sous l’œil de l’oiseau.

Jaune de la flamme
Des lueurs de la ville,
Sous l’aile du temps.

Bleu du gris et de l’acier
Des nuages en route,
Dans un regret d’océan.

Et, au ciel,
L’aile blanche de la mouette,
Dans le secret de l’éternité.

Pluie

Qu’as-tu donc à nous dire, pluie ?
Toi qui viens de l’ailleurs, de l’avant,
Messagère de tout temps et de tout lieu.

Qu’as-tu donc à nous dire,
Toi qui fus le premier lait, le premier sel,
Dont nous quittons la rive en naissant
Que nous retrouvons dans la première larme ?

Toi l’or gris qui flamboie dans la nuit,
Percussion de matités dansantes,
Choc de diamants bruts sur la cadence du temps,
Symphonie de sons affranchis des sillons de l’espace,
Nappe d’infinie transparence,
Marbrure de fractales transparentes
Juxtaposées en fresque d’ondes parlantes,
Vapeurs muettes d’outre-mer délaissée....

Que nous feras-tu dire ?
La chevelure du cotinus éclairée d’un arc de gouttelettes scintillantes,
La tête des pivoines effondrée par une averse trop rude,
L’envol d’un pétale sous la fraiche haleine d’une pluie légère,
La résonance nostalgique des gouttes séparées.
La pluie d’enfance et ses flaques éclatées,
Dans la joie d’une roue de bicyclette.

La pluie imprévue, attendue, ou espérée,
La pluie d’ouest qui vit et qui rit,
Et son chant sur les parapluies,
Les rêves de vraie pluie de la petite bruine d’outre-manche,
La douce pluie de la nuit, qu’on écoute , bien à l’abri,
La pluie d’orage qui lave les troncs foudroyés,
La pluie qui vient du froid , perlée de givre ou grêlée,
La pluie qu’on envie de sauter les montagnes,
La pluie qui apaise et adoucit,

Enfin, la pluie du matin pliant les mauvais rêves, dans un linceul d’oubli.


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