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Bernard Grasset : poèmes

25 avril 2009

par Bernard M.-J. Grasset

Poèmes

Lenabẹ́t, leha’azīn,
‘Arāvāh wesīmān,
Dimemat-’ōr.
Mada‘ nikhmār,
̣Hīdat-hayāmīm,
’Oūlam-tiqwāh.
Regarder, écouter,
Saule et signe,
Murmure de lumière.
Pensée ardente,
Enigme des jours,
Voûte d’espérance

(extrait de Poèmes bilingues 2)

***

Linsoa‘, lāshoūv,
Beroūạh–hamistār.
Mabạt–meyoudāh,
‘Atsāmīm wā‘āphār.
Lizkor, liqrov,
’Īlān wạ̄halōn.
Partir, revenir,
Au souffle du mystère.
Regard d’un ami,
Os et poussière.
Se souvenir, approcher,
Arbre et fenêtre.

(extrait de Poèmes bilingues 2)

***

Ésthlos thnêtos,
Martus alêtês,
Khiôn kai lukhnia.
Hê tou mustêriou kleis,
Anémos phtinopôrinos,
Mélidzei hê épaggélia.
Noble mortel,
Témoin errant,
Neige et chandelier.
La clef du mystère,
Vent de fin d’automne,
Murmure la promesse.

(extrait de Poèmes bilingues 2)

***

Psêphos leukê,
Mnêma tou khronou.
Ho monos arotêr
Anakamptei.
Kithara tês phugês,
Hê spilas kai to dôron.
Un caillou blanc,
Souvenir du temps.
Le laboureur solitaire
Retourne sur ses pas.
Cithare de l’exil,
L’écueil et le don.

(extrait de Poèmes bilingues 2)

***

Un homme marche
Dès l’aube cherche
Dans le désert.
Le son d’une harpe
Un puits sacré
L’empreinte du soleil.
Tu demeures présent
Rocher qui attend
Au seuil du village.
(extrait de Feuillages)

***

Le vent dans les peupliers
Brise le cœur
Du sang des lointains.
Apprendre avant la nuit
Le chemin fidèle
Qui mène à la vie.
Des coteaux d’aventure,
Un refrain d’amitié.
L’enfant s’incline
A la lisière du silence
Et creuse le sable des jours.
Un cerceau de haies,
D’invisibles arcades,
Ce qui s’en va, pur revient.

(extrait de Feuillages)

***

Rue des Juifs, c’est la nuit,
Un chandelier, le rouleau,
Un enfant ouvre la porte,
Douze tribus, un Nom.
Cendres et brun hurlement,
Des mains, des regards
Hantent la mémoire,
Une harpe se brise.
Les collines, la soif,
Des lettres sur le marbre,
Dans l’ombre de la ferme
Une lampe s’allume.

(extrait de Voyage 2)

***

Champs du soir désert,
Une silhouette blanche court
Au seuil encore de l’indicible,
Ardennes et Eifel.

Echalas du matin clair,
La rivière murmure une légende,
Habiter, ouvrir la clef des mots,
Jaune, bleu, rouge, vert.

Château des rêves purs,
Entrelacs de lentes mélodies,
Girsterklaus, mort et vie,
Traverser l’ombre, la lumière.
(extrait de Voyage 2)

***

Sur la table, le Livre est ouvert. Blanc, brun et noir. Au crépuscule un chandelier frôle les pages du mystère. Un antique récit brise le silence. Sur la table, au crépuscule, le Livre murmure. Noir, brun et blanc. La flamme s’éteint, s’allume. Des mots énoncent la sagesse à fleur de vie. Angle du destin.


Tant d’années ont passé dans le manoir abandonné. Ombres de visages, de mains blessées au labeur familier. Le vent souffle au cœur des landes. Genêts, bruyères et attente. La bougie traverse la nuit. Qu’est le temps désormais, que sont les mots ? Et l’homme qui se perd et revient ? Les lignes, entre terre et ciel, s’embrasent. Chant des profondeurs.

Mémoire d’un pays habité de lumière. Lire tant que le souffle demeure. Ecrire malgré les ténèbres et les pierres jetées. Aimer au plus secret des heures. Vivre à la lisière de la présence. Sur la table un petit livre brun. Et les pages de l’aube.
(Van Gogh, Nature morte à la Bible)
(extrait de Coda)

***

L’or bleu du poème

Ile au seuil de la nuit. Le vent souffre dans les landes. Ruines et silence. Des silhouettes sillonnent le bois. Lucarne et murmure. Des siècles et des siècles s’effacent. Le vent dans les bruyères. Château du cœur. Ile d’ombre et de lumière. Des visages errent près du port. Sonne le temps du retour.
Dans le jardin solitaire, un homme creuse. Phare et silence. Terre et nuages. A la fenêtre, le souvenir bleuit. Il creuse et creuse encore avant la ténèbre. Des pas sur le quai. Souffle de brise. Le feu blesse le cœur. Signes et voiliers. Tinte le temps de l’amour.
Ile d’ondes lointaines. Marins et paysans. Une lampe allumée au-dessus de l’abîme. Jardin de mémoire et d’alliance. Embrasement des heures. Colonnes de mystère. Un homme creuse l’or bleu du poème.

(extrait de Poèmes épars)


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