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Aphorismes

1er février 2006

par Paul Van Melle

Le temps des mains

(Extrait du recueil inédit Satori)

On peut vivre dans le monde sans être du monde.
Il importe de se sentir présent à tout ce qui nous entoure, mais sans en rester encombré.
 
 
Il faut prendre plaisir à tout ce qui nous arrive. Le tragique est une idée fausse. Malheurs et deuils sont à retourner comme gants.
 
 
Qu’est-ce que le chaud et le froid ? Nous sommes nous-mêmes le chaud et le froid, car rien ne peut nous atteindre si tout est en nous.
 
 
Quoi que nous réalisions, c’est une œuvre. Que nous nous taisions, immobiles, ou bâtissions un instant, nous vivons pleinement.
 
 
Comment arrêter le carrousel des événements fous ? En s’arrêtant soi-même.
 
 
En allumant un grand nombre de lampes au ciel, l’univers nous montre à la fois la vitesse et l’immobilité.
 
 
Pour se vider de notre plein, une seule recette : refuser une à une les images dès qu’elles se présentent et fermer l’esprit.
 
 
Une source s’arrête de jaillir dès que nous détournons d’elle notre attention.
 
 
La plénitude est un chant intérieur. Si l’on bouge le moindrement, elle s’échappe aussitôt. Et si l’on reste immobile, elle ne chante plus.
 
 
Chacun est une infinité de mondes, tous différents et tous nous-même.
 
 
Il ne faut pas croire que les projets doivent être réalisés. Ils vivent en nous et cela suffit.
 
 
Les déserts sont vides. Nous seuls les emplissons de notre souffle. Et n’y rencontrons que nous-mêmes.
 
 
Comment marcher sans faire un pas ? En fermant les yeux pour mieux voir.
 
 
La conscience de soi ne peut venir que d’une distraction devant les spectacles du monde. Et si l’on n’est distrait, on n’est pas.
 
 
Aucune couleur ne pare les paysages. Les couleurs sont dans nos yeux, comme la beauté et les bruits de la pluie ou du vent.
 
 
Impossible de trouver meilleure vie que dans le détachement absolu, plus que par le simple sommeil. La mort elle-même n’y suffit pas.
 
 
Qui a osé parler du vin de Khayyam et du « trinc » de Rabelais sans avoir lu l’un ou l’autre et sans comprendre l’ivresse réelle de la curiosité ?

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