Temporel.fr

Accueil > à l’écoute > Notes de lecture > Anthony Rudolf

Anthony Rudolf

26 avril 2014


Anthony Rudolf, Silent Conversations : A Reader’s Life. London, New York, Calcutta : Seagull Books, 2013.

Ceci est un imposant volume et, au vu de la photographie, par Sonia Rouve, de son auteur, en 2005, littéralement englouti, chez lui, dans un océan de livres, on comprend l’ampleur de la tâche ‒ retracer, en quelques pages (748, bibliographie incluse), une vie à jouir du plaisir de la lecture. Anthony Rudolf étant aussi traducteur, les premiers chapitres sont consacrés à la « France et littérature française ». Ce qui concerne Camus commence par : « Camus lives ! » (« Camus vit ! ») Anthony Rudolf relit La Chute et s’interroge sur ce que pourraient être les positions de son auteur dans la situation contemporaine.

Il nous explique ensuite l’importance pour lui de la poésie française, qu’il a traduite. Le nom de Claude Vigée apparaît et revient plus loin, en relation avec Claude Lanzmann. L’auteur nous conte sa première visite au poète français, à Jérusalem, en 1969. C’est Yves Bonnefoy qui lui avait donné l’adresse de son ami.

J’ai également trouvé le nom de Clive Sinclair. Anthony Rudolf y parle du « feu prométhéen » de Bibliosexuality. Il mentionne également « Fiction I don’t read » (La fiction que je ne lis pas), roman policier ou roman historique, et consacre quelques pages aux livres pour enfants et aux livres scolaires. L’auteur nous dit d’ailleurs dans son introduction : « Quand j’étais enfant, la lecture complétait le monde, ou bien, mieux encore, était le monde. Maintenant que je vais sur soixante-dix ans, âge auquel je suis censé avoir mis de côté les enfantillages, l’expérience du temps littéraire et de son double, l’espace littéraire, demeure une consolation majeure. Est-ce ce que voulait dire Marcel Proust lorsqu’il écrivait que les idées se substituent aux chagrins ? »

Je traduis ici la préface à cet ouvrage auquel je ne puis rendre justice en ces quelques lignes :

« J’ai soixante-dix ans. J’ai passé plus de six ans à écrire ce livre, qui a donné à ma vie une signification nouvelle. De même, ma vie a donné à ce livre une signification ancienne.
Voici mes livres.
Voici mon grand-père. Voici mes petits-enfants.
Voici l’Europe, où je suis né, durant une guerre mondiale, où je mourrai...
Pourquoi est-ce que je lis, pourquoi est-ce que je m’engage dans ces conversations silencieuses ?
Je lis parce que la meilleure littérature explore, incarne et retrace les formes de vie et les structures de l’expérience, l’énergie et la beauté de l’esprit et de son double, le corps.
Et vous, pourquoi lisez-vous ? »

Ce livre vient à point avec ce questionnement, à une époque où poésie et littérature paraissent ne s’adresser qu’à un public de plus en plus réduit. Le monde d’Anthony Rudolf, dans la diversité de ses approches, est le nôtre.


temporel nous contacter | sommaire | rédaction | haut de page