Temporel.fr

Accueil > à l’oeuvre > Anne Mounic : poèmes

Anne Mounic : poèmes

26 avril 2010

par Anne Mounic

On peut lire ci-dessous quelques poèmes récents. Suivent la présentation par Michèle Duclos d’Anne Mounic à l’occasion du prix A.R.D.U.A. qui lui a été remis à Bordeaux le 13 avril 2010, et l’allocution prononcée en réponse et remerciement, ainsi que la liste des autres poètes honorés cette année par l’Association régionale des Diplômés de l’Université d’Aquitaine.



Quelques poèmes récents…

comme le poème, finalement

Monotype de Guy Braun

L’expression « se tordre de douleur » n’est pas exagérée
et dit exactement ce qu’elle veut dire.

Il faut aussi l’entendre, la douleur,
y porter suffisamment d’attention
pour en saisir la portée
et éviter l’effroi face à l’inconnu,

comme le poème, finalement,
dont on tente l’explication,

qui n’est donc pas en vain,
pauvre exercice universitaire,
mais la recherche du sens des possibles
afin de se soustraire à l’immense panique de vivre.

Ne jamais oublier cet aspect essentiel du réel,
quand on croit s’égarer dans l’abstraction du langage.

en étreignant le limon, en caressant la boue au cœur des tourbillons

Si l’instant parfois s’agriffe à l’éternité et lui creuse à l’avenir une mémoire – un infini
rayonnant qui puise au devenir l’éclat d’une opiniâtre lumière, l’œil ouvert
de la nuit des mystères –, c’est par la nuée grise qu’il se glisse, la nuée que dessinent
en ses lacunes les rayons pâles du soleil d’hiver ; c’est par la sinueuse ramure qu’il s’insinue, la ramure qui, noire et nue, se hisse comme l’échelle
en la grande tentative du songe ; c’est par le fleuve qu’il s’émeut, le fleuve qui affleure
aux cieux, effleure la rive et charrie ses reflets au bonheur du rythme, du rire et de l’écho,
ce qui de nous aux profondeurs s’émeut quand nous voulons goûter l’instant
et dire oui au devenir sans pour autant mourir.

L’instant marque comme fléau le point d’équilibre de nos désirs,
la braise ardente qui rassemble la nuée grise jouant avec la lumière,
la ramure abritant les anges qui dansent, et ceux qui soufflent dans leur buccin,
et le fleuve courant avec le ciel pour creuser la terre,
en étreignant le limon, en caressant la boue au cœur des tourbillons,
des trous noirs, des vastes galaxies de la pensée
au-delà de ce que nous pouvons encore imaginer.

Sur les lèvres, sur la scène

La grâce du danseur prend forme sous nos yeux
tel un mot qui déploie dans l’air chacune de nos possibilités –
chaque geste ébauche un idéogramme mouvant
qui étire au comble de sa souplesse et de sa vigueur
sa puissance poétique extrême.

A l’extrême de l’ascèse,
les paroles de chair et de sang
esquissent au rythme rigoureux du temps
la forme éprouvée de chaque lettre.

Sur les lèvres, sur la scène,
se délient les arabesques, les entrechats,
les jetés battus, les ports de bras,
les sauts merveilleux qui s’élancent jusqu’à la cime du dire
et le grand écart magnifique et déchirant
du verbe et de l’être.

… la houle sous la langue… Encres Vives, 2009.

Capranica, 21 juillet

Monotype de Guy Braun

Une villanelle, une ritournelle,
Pour chanter la nuit et l’âme affranchie.
Que signifie saisir le langage des fleurs et celui des oiseaux ?

C’est accepter la tyrannie de l’être,
L’élan qui porte à aimer et connaître.
Une villanelle, une ritournelle,

Pour s’exalter et jouir d’agir et d’être,
En plein jour porter le masque de nuit…
Que signifie parler le langage des fleurs et celui des oiseaux ?

C’est regagner confiant l’eau primordiale,
Avec l’aise que le bien-être exhale,
Une villanelle, une ritournelle,

Pour décider de soi au vif de nuit,
Ne pas obéir qu’on ait approuvé.
Que signifie saisir le langage des fleurs et celui des oiseaux ?

C’est éluder l’objet qui sans pitié
Hante l’injonction pour mieux vous renier.
Une villanelle, une ritournelle,

Au secours de la subjectivité,
Dans la nuit si fertile et protectrice.
Que signifie parler le langage des fleurs et celui des oiseaux ?

C’est préférer la tyrannie de l’être
A celle des choses, leur œil aveugle…
Une villanelle, une ritournelle,

Pour rester soi-même avec indulgence,
En l’amène souplesse du serpent :
Que signifie saisir le langage des fleurs et celui des oiseaux ?

C’est être soi-même créature et
Jouir, vif, plutôt que jouer avec le feu.
Une villanelle, une ritournelle,

Pour ne pas égarer le verbe là où
Il ne s’éprend plus guère, mais fustige.
Que signifie parler le langage des fleurs et celui des oiseaux ?

C’est renoncer à la vérité pour
Cajoler la durée fluide et souple…
Une villanelle, une ritournelle…

Palpiter d’inquiétude sans humeur noire,
En prêtant l’oreille au serpent de nuit.
Que signifie saisir le langage des fleurs et celui des oiseaux ?

Célébrer la nuit en sa nudité,
Ne plier qu’à la tyrannie de l’être,
Une villanelle, une ritournelle,

Pour accéder à la joie sans martyre,
Sans mentir, ni châtier notre seul bien.
Que signifie parler le langage des fleurs et celui des oiseaux ?

Rassembler l’être entier, la simple vie,
Dans le respect du reptile de l’ombre.
Une villanelle, une ritournelle.

Ni barrière, ni obstacle, ni mort
Dans la vie, seul, noir, le serpent de nuit…
Une villanelle, une ritournelle,
Que signifie ouvrir le langage des fleurs et celui
[des oiseaux ?

Masque de nuit, Caractères, 2009.

Eau-forte de Guy Braun

Hôtel de Ville de Bordeaux - 13 avril 2010 - A.R.D.U.A.

Présentation de Michèle Duclos

C’est un grand plaisir pour moi que de présenter Anne Mounic, qui n’est pas une inconnue pour les ARDUANS puisqu’elle a reçu à deux reprises le Prix ARDUA des premières réalisations, en 2003 pour un roman, Voici l’homme aux bottes rouges, en 2004 pour son œuvre poétique. D’origine bordelaise, elle est aujourd’hui francilienne et enseigne la littérature anglaise et la traduction littéraire à Paris 3 Sorbonne nouvelle depuis septembre 1993. Elle a écrit sa thèse sur le poète Robert Graves qu’elle a également traduit, ainsi que d’autres poètes anglophones.
Après l’Harmattan (pour ses romans et sa critique littéraire) et, pour ses poèmes, la collection Encres Vives dirigée par Michel Cosem lui-même poète et Prix ARDUA, elle publie maintenant aussi aux éditions Caractères, qui célèbrent cette année le soixantième anniversaire de leur création.
Son travail d’essayiste ces dernières années a porté sur l’œuvre de Claude Vigée, auquel elle a consacré une étude magistrale, La Poésie de Claude Vigée : Danse vers l’abime et connaissance par joui-dire. Elle est, avec d’autres, à l’origine du renouveau d’intérêt manifesté pour ce très grand poète et essayiste judéo-alsacien et d’une association des amis de Claude Vigée ainsi que d’une revue fortement inspirée de sa pensée, qui porte le titre biblique de Peut-être. Elle écrit aussi sur Katherine Mansfield et de nombreux autres poètes et écrivains de langue française ou anglaise et a consacré en 2009 un essai à la figure biblique de Jacob en littérature. Elle prépare un ouvrage intitulé Monde terrible où naître : La voix singulière face à l’Histoire, où elle envisage le poème dans sa réponse éthique au monde, notamment lors des conflits mondiaux du vingtième siècle. Elle s’y intéresse à Hopkins, T.S. Eliot, David Jones, Katherine Mansfield, et d’autres.
Autre dimension importante de sa vocation créatrice ouverte : avec son mari Guy Braun, comme elle peintre et graveur, elle a créé et anime activement une revue en ligne semestrielle, littéraire et artistique, http://temporel.fr qui verra dans quelques semaines paraître son numéro 9. Revue ouverte, largement référencée, dont chaque numéro se déploie autour d’un thème programmé tout en ouvrant ses pages à d’autres textes de création en poésie et en prose ainsi qu’à des textes de critique et à de nombreuses recensions. Y sont également présentés et représentés des peintres et des compositeurs que l’on peut y écouter.
Pour ce qui s’inscrit plus précisément aujourd’hui dans la finalité de l’association et du Prix ARDUA, la poésie, entre ce qu’elle intitulait au départ romans, mais aujourd’hui récits poétiques, et ce qu’elle (ou son éditeur) intitule poèmes il n’y a pas de rupture de forme, de thématique ni de finalité. Ainsi son dernier volume à ce jour, Masque de nuit (Caractères, 2009), s’intitule-t-il « Carnet de voyage poétique ».
Elle est intensément présente dans les uns et les autres, qui se situent dans des décors concrets et précis et s’y unit étroitement au sensible immédiat et au quotidien. Ses poèmes, en dehors des conventions prosodiques et parfois composés d’une longue séquence qui occupe tout le volume, font alterner des descriptions du monde extérieur où se manifeste sa joie d’être au monde – dans son jardin francilien ou devant les paysages italiens d’un pays qui lui est cher – avec des plages de réflexion ou de méditation un peu dans le genre digressif de l’essai anglais ; ces pages me rappellent parfois les poèmes en prose où Mallarmé dit son étonnement d’être dans un monde à la fois quotidien et mystérieux.
« C’est par l’étoffe des songes que nous effleurons l’univers ». Car « Ce n’est pas la science qui puisse nous constituer comme sujets – ce n’est pas son rôle, d’ailleurs –, c’est l’œuvre poétique, artistique, littéraire, avec laquelle, dès le plus jeune âge, si nous avons cette chance, nous menons un intime dialogue. Autant dire que nous dépassons là une conception strictement esthétique. »
Il y a un refus obstiné des confins ontologiques mesquins que nous imposent une rationalité et une logique sèches. Pourtant elle ne verse jamais non plus dans l’irrationnel ou le fantastique, parce que le merveilleux est présent naturellement en nous et dans notre quotidien. Elle revendique « une autre manière de relation au monde, l’émerveillement se glissant par toutes les formes de l’univers […] non pas dans la naïveté de l’évasion, de la négation, mais plutôt dans la conscience gravée des données de l’existence, son drame, sa joie, l’affliction et l’espérance, ce qui s’avère sinistre, ce qui se révèle joyeux. »
Toute son œuvre, sa poésie surtout, est une belle leçon d’énergie, de résistance à cette négation grandissante de l’individu dans son originalité et son épanouissement, qui semble caractériser de plus en plus notre civilisation :
« Ce que cherche le poète, en sa vocation participative à l’univers, c’est le tutoiement de chaque chose – chaque créature (…) nous aspirons à un monde de communion et de plénitude dans lequel les correspondances puissent s’établir entre cet être intérieur qui est nous-même au plus profond, mais qui déborde la conscience (…) et les formes et palpitations du monde. C’est une des vocations du silence poétique que d’être à l’écoute de cette voix en nous qui sans cesse joue une sorte de romance sans paroles, et celle-ci témoigne de nous-mêmes, dans la joie et dans la douleur. »
Pour conclure, je vais citer deux très courts extraits de ses poèmes qui me semblent illustrer ces deux aspects méditatifs et joyeusement concrets de son inspiration :
Le premier, nous dit que la plus grande merveille est le Verbe poétique né du silence premier.

Dans le microcosme du mot se nichent :
l’âme de l’univers,
la circonférence et le centre,
l’être à califourchon, comme un lutin,
sur la tangente de l’infini.
(1)

Dans le second, on retrouve le lutin :

Vivre en poème,
c’est aller d’un coup d’aile nicher dans les arbres,
se blottir en leur ombrage, se faire aider
du parfum des fleurs et du chant des oiseaux pour être.
(2)

1. Masque de nuit. Paris : Caractères, 2009.

2. La foi de la charbonnière, Bergerac : Le Poémier, 2008.

Bordeaux, hôtel de ville, photo A.M.

Allocution d’Anne Mounic

Madame la Présidente de l’Association régionale des Diplômés de l’Université d’Aquitaine,
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,

je voudrais tout d’abord remercier Madame Yolande Legrand, et tous les membres de l’Association dont elle est l’active Présidente, de l’honneur qui m’est fait. Vous avez en effet bien voulu considérer l’ensemble de mon œuvre jusqu’à présent, en ses aspects divers, qui tiennent à mon inspiration personnelle, en ce qui concerne poèmes et récits, mais aussi à mon travail de critique, liée à ma position d’enseignant-chercheur à Paris 3 Sorbonne nouvelle, de cette recherche découlant aussi mon travail de traductrice. Je vous dirai d’emblée que tout cela ne fait qu’un et que ces deux aspects de mon activité poétique s’alimentent l’un l’autre. Ce que trouve la voix poétique quand elle explore l’inconnu inspire le travail critique et celui-ci renforce la pensée qui nourrit le poème et contribue à lui forger son axe.
Je remercie également Michèle Duclos pour sa généreuse présentation de mes activités, qui, en évoquant la rencontre ou l’association de voix singulières, met en relief la création d’une communauté de parole poétique, individuelle en son expression et partagée en sa perspective et son écoute. En effet, un des aspects du poète moderne, et il s’avère en cela semblable à tout un chacun, consiste en son anonyme isolement au sein de l’universel, de ce qu’on nomme « société de masses » – sorte de grand « On » tout à fait impersonnel, ou dévitalisé, comme on le dit d’une dent dont on a ôté le nerf –, au sein duquel chacun se borne à remplir une fonction. De ce point de vue-ci, fonctionnel, le rôle du poète consiste à se servir du langage avec art, pour satisfaire le goût esthétique de ses contemporains, hors de tout critère d’utilité. De là découlent toutes les explorations formelles, et théories formalistes, qui accompagnent ces variations sur l’idée de l’art pour l’art. Or, si l’on accepte de quitter cette perspective dualiste qui oppose, dans le domaine artistique, ou poétique, utilité et gratuité, on se donne alors la possibilité de renouveler, et de clarifier, la notion même d’engagement poétique.
« Nul homme n’est une île qui se suffise à elle-même », écrivait le poète anglais John Donne dans l’une de ses Méditations, la Méditation XVII, « chaque homme s’agrège à un continent comme partie de l’ensemble. » Et la voix singulière devrait se garder, plus encore que toute autre, du repliement insulaire, sous peine de prêcher dans le désert, comme on dit si bien. Keats a décrit le poète comme « caméléon » pour suggérer combien il lui faut refléter l’être de chacun et Shakespeare avait énoncé, avant le poète romantique, par la bouche du raisonnable Thésée dans le Songe d’une nuit d’été, que « l’imagination donne corps / Aux formes des choses inconnues » et que la « plume du poète », à ce « rien aérien », offre, à la façon d’un art de la mémoire, « une demeure en un lieu et un nom » (V, 14-17) De cette tâche existentielle qui consiste à manifester l’être intérieur en l’ambivalence de ses craintes et de ses joies, le dualisme qui oppose utilité et gratuité ne peut rendre compte. De plus, en un monde qui s’universalise toujours davantage et, prenant pour argument une mondialisation qui ne concerne que le domaine économique, et donc l’objet, réaffirme, comme absolue transcendance, la seule nécessité, et sa fatalité, il me paraît essentiel que la voix singulière, celle de l’être individuel, se fasse entendre.
Le poème me semble en effet être avant toute chose reconnaissance du singulier, dans la pluralité des voix – voix féminines y compris. Certaines de mes consœurs se demandent comment elles doivent se nommer, poétesses, ou femmes poètes. Peu importe, à dire vrai, mais il paraît tout de même que le mot « poète » lui-même mêle, dans son origine latine, poeta, forme féminine mais genre masculin, ces deux pôles qui se trouvent, à des degrés divers, en chacun de nous, même si le faible nombre de femmes poètes reconnues révèle un préjugé social plutôt qu’une incapacité des femmes à manifester leur être. Tout ceci toutefois appartient à l’extériorité. Cette difficulté est désagréable, mais ne constitue pas l’essentiel. L’essentiel, c’est la voix, cette puissance déliée, en soi, du cri de joie, du cri d’effroi, ce pouvoir de manifester par la parole l’inquiétude et la ferveur inhérentes à notre condition humaine. La parole elle-même s’avère réparation à l’égard du tragique existentiel, autant que faire se peut, et étoffe l’allégresse d’une plénitude mieux savourée parce que son reflet dans les mots l’illumine.
Le poème, dans l’instant, donne substance au temps, et donc à l’être lui-même, en sa singularité partagée au sein de la communauté que tisse l’œuvre du langage. Emmanuel Levinas disait que « la poésie rend le langage possible ». Ceci me paraît on ne peut plus vrai puisque le poème rend le langage à ce qu’il est, l’exercice de notre participation intersubjective à l’être du monde. Et l’incarnation, dans le rythme du vers, de la voix singulière instaure la confiance, seule capable d’affronter dignement l’épreuve existentielle. Le travail en soi de la confiance ressemble à un lent essor intérieur, « la sensation propre d’une aile glissant sur les cordes d’un instrument », comme le dit Mallarmé dans « Le démon de l’analogie ». Le premier sens de spiritus, en latin, est « souffle » ; on l’oublie trop. Vous trouverez dans un recueil à paraître en octobre chez Lucie-éditions, dans la collection que dirige Franc Ducros, un poème que j’ai intitulé : « dans une trouée d’ailes en palpitation lente, au rythme des quatre éléments ». La confiance s’esquisse ainsi dans ces quelques vers :
« L’esprit, le souffle, mystérieuse matière de notre aérienne légèreté, en ses noces
de l’innommé, de l’innommable et de la parole, à tâtons au sein de l’obscur,
dans l’antre miroitant de nos rêves, nous installe au cœur de nous-mêmes
en floraison perpétuelle. »

Il s’ensuit que c’est bien la confiance qui ouvre le devenir.

Pour terminer, je vous dirai que me voici assez émue de me trouver à Bordeaux pour évoquer mon travail et voir ainsi saluée mon œuvre. Ma famille paternelle, et notamment mon grand-père, comme vous l’a dit Michèle, est originaire de cette ville, dont l’a exilé l’Education nationale, puisqu’il était agrégé de physique, mais à laquelle il s’est toujours montré fidèle. Mon père était très fier, étant jeune, d’avoir parcouru la distance qui sépare Paris de Bordeaux à bicyclette. Je dois vous dire aussi que Mounic est le nom d’un hameau qui se situe non loin de Langon. C’était auparavant l’appellation d’un excellent vin, un Sauternes, qui a pris depuis un autre nom, mais doit toujours exister. Le nom lui-même viendrait d’une racine indo-européenne indiquant solitude et méditation. C’est au moins ce que disait mon grand-père. Et je n’oublierai pas ici Montaigne, qui fut maire de Bordeaux de 1583 à 1585, et qui, dans l’Essai qu’il consacre justement à cette question, la solitude, conseille de se « réserver une arrière boutique toute nostre, toute franche, en laquelle nous establissons nostre vraye liberté et principale retraicte et solitude ». Le poème me paraît en effet permettre cette conciliation de soi et d’autrui en dessinant pour chacun cette demeure intérieure où se déploie librement la voix singulière, tout à fait contraire à un individualisme atomisé, réducteur de la personne humaine, et donc pauvre.
Merci encore, Monsieur le Maire, Madame la Présidente, et toi, Michèle, de l’honneur que vous me faites.

Bordeaux, cathédrale, photo A.M.

Association régionale des Diplômés de l’Université d’Aquitaine

Prix littéraires 2010

Le Grand prix a été décerné à Michel Deguy pour l’ensemble de son œuvre.

Le Prix a été décerné à Anne Mounic pour l’ensemble de son œuvre.

Les prix des premières réalisations ont été décernés, en poésie, à Marie Laugery, Letizia Moreteau, Jean-Louis Bereil, Geneviève Desrentes et Michèle Angelvi, pour ce qui est de la traduction, à Bona Kim.

Bordeaux, cathédrale, photo A.M. Bordeaux, église Saint-Dominique, photo A.M.


temporel nous contacter | sommaire | rédaction | haut de page