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Anne Mounic, poèmes

29 avril 2012

par Anne Mounic

Anne Mounic, "Le geai des robes folles". Pastel, 2011.« Si tu savais combien je t’ai aimée », vous a dit votre époux
quelque temps avant de mourir.
C’est bien qu’il vous l’ait dit,
c’est bien qu’il ait pu vous le dire,
malgré tout.

Notre instant par la parole prend vie de son rehaut,
et s’attelle à l’infini.

Vous regrettez votre grand-mère maternelle,
que vous aimiez tant,
quand vous étiez enfant.
Eût-elle vécu, elle vous aurait consolée
des mauvais moments,
du malheur de votre mère avec votre père,
qui ne s’était jamais remis
du traumatisme de la Grande Guerre.

L’Histoire a tant creusé
nos humbles, impuissantes existences.

Je vois le coteau scarifié
des alignements parfaits
de ceps de vigne, et,
au cœur, comme chiffonnant
la terre, se rencogne le village,
pareil à la tête d’une araignée en attente,
ses longues pattes très fines plissant le sol alentour –
soleil froissé dans l’intimité du relief.

Quiète Bourgogne des vallons, des verdoiements,
des généreuses voluptés.

20.8.11 – samedi

Cette suite est extraite de : Tout près du ciel, les robes folles. Perros-Guirec : Anagrammes, 2012.


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