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Angelo Ciccullo : poèmes

1er mai 2008

par Angelo Ciccullo

Les poèmes qui suivent sont extraits du recueil Nel Viaggio (Au cours du voyage) d’Angelo Ciccullo (Castel Maggiore (Bo) : Book Editore, 2005).


Il viaggio

fu nel giardino
che s’incominciò
ed era diafana
l’aria del mattino

poi vennero
il delirio dell’estate
le luci dei paesi
all’imbrunire

lo smarrimento
del nostro lento
umano divenire


Le voyage

ce fut dans le jardin
que tout commença
diaphane était
l’air du matin

puis vinrent
le délire de l’été
les lumières des villages
au crépuscule

le désarroi
de notre lent
devenir humain


L’angelo

l’uomo ora è appena un bimbo
scopre il mondo
e crede – senza sapere –
che sarà suo per l’eternità

c’è tutta la bellezza della vita
c’è un Dio che lo sorregge
e glielo mostra a venire
senza memoria senza crudeltà

spirito ignaro vola
al suo passaggio
sollevato il velo
il mondo ha la parola


L’ange

l’homme à présent est à peine un enfant
il découvre le monde
et croit – sans savoir –
le posséder pour l’éternité

il y a toute la beauté de la vie
il y a un Dieu qui le soutient
et il le lui montre à venir
sans mémoire ni cruauté

l’esprit ignorant vole
sur son passage
le voile soulevé
le monde a la parole

L’amore

il cuore
come se si fosse acceso
e il cielo rotto
agli antichi sguardi

come far fuoco
con case in mezzo al mare

L’amour

Le cœur
comme s’il avait pris flamme
et le ciel rompu
aux antiques regards

comme faire du feu
avec des maisons au beau milieu des flots

La morte

e poi un mattino
fummo morti tutti
morti alla luce
morti alla speranza

mute le strade
mute le case
muta la notte
muto il cielo

il cuore s’era chiuso
indifférente e sordo
a ogni respiro

La mort

et puis un matin
nous fûmes tous morts
morts à la lumière
morts à l’espérance

muettes les rues
muettes les maisons
muette la nuit
le ciel aussi

le cœur s’était fermé
indifférent et sourd
à chaque souffle



I morti

nell’azzurro d’un mare senza porti
nei cieli del silenzio
abbandonati
passano con un grido la memoria

nessun segno ormai
piú li distingue
piú nessuna parola
sulle labbra

Les morts

dans le bleu d’une mer sans plus de ports
aux cieux du silence
abandonnés
d’un cri ils passent la mémoire

aucun signe désormais
plus ne les distingue
plus aucun mot
sur les lèvres



Confini

realtà d’impossibili sogni
che svuotano
il po’ di barlume che resta

silenzio del tempo che passa

un treno
che varchi la vecchia frontiera
e ci porti

Confins

réalité d’impossibles songes
qui ôtent
le peu de lumière, persistant

silence du temps qui passe

un train
qui franchit l’ancienne frontière
et nous emporte


La luna

la luna
immemore del peso che abitiamo
racconta
come si stempera nelle Alte Sfere
l’incessante rumore
delle sciocchezze che sono state
nostre

La lune

la lune
oublieuse du poids que nous habitons
raconte
comment s’estompe dans les hautes sphères
le bruit incessant
des futilités qui ont été
les nôtres.

Traduction Anne Mounic

Je remercie vivement Paola et Stefano Tulisso pour leur relecture attentive
de ma traduction et leurs judicieuses suggestions.
Mes remerciements vont aussi à Claude Cazalé Bérard, professeur à Paris X Nanterre et au poète lui-même, qui ont tout deux relu ma traduction.