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André Ughetto : poèmes

30 septembre 2009

par André Ughetto

à Paul Veyne

ROME REVOIR

Revoir Rome


Réentendre son langage de Ville.
Stazione Termini où débute aventure
Tangente au ciel feint l’idée de « grandeur ».

Circuit de cirques -
Amphithéâtres de collines -
Coupoles demi-sphères
En droite mire d’impérieuses voies –

Minauderies serpentines du Tibre -
Cintres romans - voûtes et arcs –
Arches de ponts et d’aqueducs -
Escaliers ondoyants et parcours

Sinueux - statues galbées – colonnes torses –
Fontaines aux tritons – jets d’eaux dessinés courbes –
Parasols elliptiques des pins -
Partout la vie, la volupté tourbillonnante,

La Femme enthousiasmée et la Sainte Majeure
Que l’Artiste en Vénus ou Madone exalta.
Du vortex féminin où s’abîme l’Histoire,
Les dieux seuls survivants à distance se toisent

De Capitole à Vatican ;
Mais exhumés, brandis, se côtoyant,
Ont parts égales en la beauté du lieu,
Créolité parfaite du visible.

***

Promenade à la villa d’Hadrien

Nous étions vivants
et nos plaisanteries
fusaient parmi les ruines et sous les arbres
par les siècles accrus.

Très patiemment Nature
a modelé des monts
sur la forme d’anciens palais.

Eaux vertes du Canope
j’imagine la grandeur
en ne fixant que des reflets

Ô yeux,
combien fallut-il
parcourir livres et chartes
pour revêtir de leur chair de marbre
les os du temps !

***

Jacob en ce combat

Un homme ayant perdu la verticale de son lieu :
il se frotte les mains, boxe l’air où se joue la durée,
ouvre les grilles supposées de son enfance ;
écarte au forceps le destin ;
sortant du parc, fraie avec l’inconnu ;
croit en la soumission des espaces traversés,
repousse à tous lointains son ignorance.

Il frappe le plexus, il déboîte
la hanche de l’invisible : gisant
mis au secret des cavernes du coeur.
Mais quelle grâce en leur surdité endurcie !
Temporel se parfait le triomphe,
ailé d’une fraîcheur descendue à votre épaule
sur la moto décrite à la tangence du soir.

Si l’existence brille c’est par toi,
bel oubli des occurrences célestes,
à l’entrée atmosphérique où se blessent
nos météores transitifs.

La lutte de Jacob avec l'ange, Monotype de Guy Braun (détail)


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