André Ughetto : poèmes
30 septembre 2009
à Paul Veyne
Réentendre son langage de Ville.
Stazione Termini où débute aventure
Tangente au ciel feint l’idée de « grandeur ».
Circuit de cirques -
Amphithéâtres de collines -
Coupoles demi-sphères
En droite mire d’impérieuses voies –
Minauderies serpentines du Tibre -
Cintres romans - voûtes et arcs –
Arches de ponts et d’aqueducs -
Escaliers ondoyants et parcours
Sinueux - statues galbées – colonnes torses –
Fontaines aux tritons – jets d’eaux dessinés courbes –
Parasols elliptiques des pins -
Partout la vie, la volupté tourbillonnante,
La Femme enthousiasmée et la Sainte Majeure
Que l’Artiste en Vénus ou Madone exalta.
Du vortex féminin où s’abîme l’Histoire,
Les dieux seuls survivants à distance se toisent
De Capitole à Vatican ;
Mais exhumés, brandis, se côtoyant,
Ont parts égales en la beauté du lieu,
Créolité parfaite du visible.
Nous étions vivants
et nos plaisanteries
fusaient parmi les ruines et sous les arbres
par les siècles accrus.
Très patiemment Nature
a modelé des monts
sur la forme d’anciens palais.
Eaux vertes du Canope
j’imagine la grandeur
en ne fixant que des reflets
Ô yeux,
combien fallut-il
parcourir livres et chartes
pour revêtir de leur chair de marbre
les os du temps !
Un homme ayant perdu la verticale de son lieu :
il se frotte les mains, boxe l’air où se joue la durée,
ouvre les grilles supposées de son enfance ;
écarte au forceps le destin ;
sortant du parc, fraie avec l’inconnu ;
croit en la soumission des espaces traversés,
repousse à tous lointains son ignorance.
Il frappe le plexus, il déboîte
la hanche de l’invisible : gisant
mis au secret des cavernes du coeur.
Mais quelle grâce en leur surdité endurcie !
Temporel se parfait le triomphe,
ailé d’une fraîcheur descendue à votre épaule
sur la moto décrite à la tangence du soir.
Si l’existence brille c’est par toi,
bel oubli des occurrences célestes,
à l’entrée atmosphérique où se blessent
nos météores transitifs.
