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André Malraux

1er février 2006

par Anne Mounic

L’apocalypse de l’homme et des idées, l’Ange de la mort et l’inhumain : André Malraux (1901-1976) : Les Noyers de l’Altenburg (1943).

Le dernier roman d’André Malraux, paru sous le titre de La lutte avec l’ange à Lausanne en 1943, devait faire partie d’une « quadrilogie », qui ne parut jamais. Par contre, un passage, central, de l’ouvrage, celui de l’emploi des gaz de combat sur le front russe en 1916, paraît dans Lazare en 1974, repris à la fin des Antimémoires (Tome 2, La corde et les souris, 1976). On y retrouve le colloque, des premières pages du roman, au début du tome 1, Le Miroir des Limbes (1972), ainsi que le passage final, sur les chars, dans la troisième partie du même ouvrage. Préfaçant le roman, Marius-François Guyard écrit fort justement : « Alors naquirent les Antimémoires, où l’on ne retrouve pas par hasard maintes pages des Noyers. Le combat de Jacob reprenait. Il se poursuivrait jusqu’à Lazare. » [1]

Cet ouvrage se compose de divers épisodes, qui mettent en relief les catastrophes du vingtième siècle, de la Première à la Seconde Guerre mondiale. Le préambule et l’épilogue sont consacrés, imprimés en italiques, au « Camp de Chartres », le 21 juin 1940. Là, selon l’expression de l’un d’eux, « deux millions de prisonniers français attendent que le destin s’use » [2] . L’auteur s’interroge sur sa vocation en cet effondrement du présent, établissant, de fils à père, un parallèle entre les deux guerres, en des termes qui pourraient évoquer Schopenhauer :
« Écrivain, par quoi suis-je obsédé depuis dix ans, sinon par l’homme ? Me voici devant la matière originelle. Et je pense une fois de plus à une phrase de mon père que la constance de la mort a imposée à ma mémoire, que la captivité me ressasse incroyablement : « Ce n’est pas à gratter sans fin l’individu qu’on finit par rencontrer l’homme. » [3]

Et Malraux de conclure ainsi ce préambule : « ...au fond fraternel de la mort se mêlent mes questions et les siennes...
Ici, écrire est le seul moyen de continuer à vivre. » [4]
L’écrit s’avère dès lors le lieu de la confrontation avec le destin, que précipite l’histoire.

Le roman à proprement parler débute par la mort du grand-père, son suicide exactement, qui occasionne le retour du père, avant la Première guerre. Berger, le narrateur, se trouve donc inscrit en une généalogie, tout comme Jacob, petit-fils d’Abraham et fils d’Isaac. Son oncle Walter est aussi un personnage d’importance, comme organisateur des colloques de l’Altenburg, en Alsace, objet du deuxième chapitre et symbole de la culture européenne [5] :
« La bibliothèque de l’Altenburg était admirable. Un pilier central y poussait très haut les voûtes romanes dans l’ombre où se perdaient les rayons de livres, car la salle n’était éclairée que par des lampes électriques fixées à hauteur des yeux. La nuit venait à travers une vaste verrière. Çà et là quelques peintures gothiques, des photos de Tolstoï et de Nietzsche, une vitrine où se trouvaient les lettres de celui-ci à l’oncle Walter, un portrait de Montaigne, les masques de Pascal et de Beethoven (ces messieurs de la famille, pensa mon père). » [6]

Ce second chapitre, qui s’ouvre de la sorte, se conclut par cette simple phrase : « Il y avait quarante ans que l’Europe n’avait pas connu la guerre. » [7]

Suit, au chapitre 3, le récit que fait le fils de l’expérience du père, sur le front allemand, en Russie, durant la première guerre mondiale, l’Alsace se trouvant, à cette époque, allemande, comme chacun le sait. Que le récit se situe chez « l’ennemi » et, qui plus est, l’ennemi agresseur vaincu, nous conduit à évoquer le point de vue d’Eschyle quand il écrivit Les Perses, et d’ailleurs, les guerres se ressemblent : « Une brume de mort s’est répandue sur nous : toute notre jeunesse a péri. » [8]
On retrouve cette « brume de mort » dans la description que donne Malraux de l’effet des gaz au chapitre 3, sur le front, chapitre qui s’oppose au précédent, le colloque qui « devait avoir pour titre « Les Éléments éternels de l’art ». Et c’est devenu : « Permanence et métamorphose de l’homme ». L’éternité va mal... » [9] Le père du narrateur, confronté à l’histoire en Turquie au début du siècle, puis en Afghanistan, met l’accent sur l’action (« L’homme est ce qu’il fait ! » ) [10] au mépris du secret et du mystère que la confrontation avec la mort lui révèle :
« Qu’était même l’aventure terrestre apparue derrière la fenêtre de Reichbach, auprès de cette apocalypse de l’homme qui venait de le prendre à la gorge, de cet éclair qui en avait une seconde illuminé les profondeurs chargées de monstres et de dieux enfouis, le chaos semblable à la forêt où possédés et morts fraternels glissaient sous les capotes ensanglantées, gesticulantes de vent ? Un mystère qui ne livrait pas son secret mais seulement sa présence, si simple et si despotique qu’elle jetait au néant toute pensée liée à elle - comme sans doute le fait la présence de la mort. » [11]

Cette idée de « mort fraternelle », l’individu s’y oubliant, et de « mystère qui ne livrait pas son secret » offre un écho schopenhauerien.

D’un chapitre à l’autre, la lutte évolue. Rappelons ici d’emblée la vision pascalienne de Malraux telle que la décrit François de Saint-Chéron dans son essai intitulé « La foi d’André Malraux » :
« ... dans une lettre datée du 29 août 1948 : « J’appelle part éternelle de l’homme la volonté de celui-ci de se subordonner à ce qui en lui le dépasse. » Pour Malraux, il y a donc en l’homme « quelque chose » qui dépasse l’homme. La résonance pascalienne du verbe ne peut échapper : « L’homme passe infiniment l’homme », écrivait Pascal. » [12]

On se remémorera la pensée 135 de Pascal, dans « Misère de l’homme sans Dieu » :
« Rien ne nous plaît que le combat, mais non pas la victoire [...]. Nous ne cherchons jamais les choses, mais la recherche des choses. » [13]

Cette recherche (chapitre 2) se heurte à sa négation (chapitre 3) comme en un montage dialectique. La mise en regard des épisodes tient lieu de commentaire. L’auteur, lui, se contente de juxtaposer les moments.

Sur le plan intellectuel, au chapitre 2, la lutte prend diverses formes. Elle s’avère d’abord existentielle grâce à la référence aux trois ouvrages qui, dit-on, permettraient de tenir en prison, «  Robinson. Don Quichotte. L’idiot. » [14] :
« Les trois solitaires du roman mondial ! Et que sont les trois récits ? La confrontation de chacun de ces trois solitaires avec la vie, le récit de sa lutte pour détruire sa solitude, retrouver les hommes. Le premier lutte par le travail, le second par le rêve, le troisième par la sainteté. »

Le père métamorphose ce combat « en lutte avec la conscience que nous avons de notre destin » [15] , le destin étant conçu comme « indépendance du monde » à l’égard de l’homme, écho de Schopenhauer à nouveau, l’art se concevant comme « humanisation » [16] de ce monde. On parle ensuite de lutte avec la mort, notion qui fait naître l’idée du double [17] , puis celle d’âme immortelle, ce qu’explique parfaitement Otto Rank dans son ouvrage sur Le double [18]. On peut d’ailleurs lire le motif de la lutte avec l’ange comme confrontation au double (voir l’article sur Michel Fardoulis-Lagrange).
Devant l’indifférence du monde, c’est l’histoire qui se charge de conférer un sens à l’existence humaine, comme le propose, selon Hegel, un des intellectuels [19] . Un autre entrevoit alors une autre forme de lutte :
« Quelque chose d’éternel demeure en l’homme - en l’homme qui pense... - quelque chose que j’appellerai sa part divine : c’est son aptitude à mettre le monde en question... » [20]

Et le père du narrateur fait des arbres les témoins de ce monde, sorte de réconciliation, « entre les statues et les bûches » [21] , de l’indifférence de l’univers et de la mémoire de l’homme. L’art scellerait donc à la fois le souvenir du combat et l’aspiration à la « conjonction », pour prendre un terme swedenborgien. Face à ces arbres entre matière et œuvre d’art, on pense au corps, pareil à de la « pierre polie », de l’être énigmatique, chez Thomas Mann.
« Entre les statues et les bûches, il y avait les arbres, et leur dessin obscur comme celui de la vie. Et l’Atlante, et la face de saint Marc ravagée de ferveur gothique s’y perdaient comme la culture, comme l’esprit, comme tout ce que mon père venait d’entendre - ensevelis dans l’ombre de cette statue indulgente que se sculptaient à elles-mêmes les forces de la terre, et que le soleil au ras des collines étendait sur l’angoisse des hommes jusqu’à l’horizon. » [22]

Au chapitre suivant, la civilisation qui a produit cet art, s’effondre. Dans son ouvrage intitulé Malraux ou la lutte avec l’ange, Raphaël Aubert écrit : « Le véritable objet du livre est ainsi moins l’homme s’accordant à l’histoire que tentant de s’en délivrer ; l’homme aux prises avec le sens et sa geste pour l’en arracher à l’épaisseur du monde et à l’opacité de l’histoire, à l’instar de Jacob pressant son agresseur de se dévoiler. » [23] Dans le dialogue du professeur qui a mis au point les gaz de combat et du capitaine, partisan du « vieux sens allemand de la guerre » , du courage [24] et de l’honneur, s’affrontent deux sortes de rationalité, en « finalité » d’une part, en « valeur » d’autre part, pour reprendre les termes de Max Weber.

« Ce sera un grand malheur, dit-il, si nous devons voir disparaître de l’Empire le vieux sens allemand de la guerre. »
[...]
« Oui, répondit le professeur sèchement. mais les Allemands sont aussi des hommes, et susceptibles de faiblesse, non , »
Il fit trois pas vers la fenêtre :
« Le sulfate, lui, est incorruptible. »

Le combattant, par la suite, face à « l’Ange de la Mort », ne peut être que vaincu d’avance :

« Mon père se souvint de la ville des Mille et Une Nuits où tous les gestes humains, la vie des fleurs, la flamme des lampes ont été suspendus par l’Ange de la Mort... Il était là tout près, avec ses têtes de bonbonnes. » [25]

Marius-François Guyard nous indique en note qu’il s’agit de l’ « Histoire de Zobeïde ».
Le monde est livré à l’impersonnel et au silence, le mythe s’avérant lui-même impuissant. Aux noyers de l’Altenburg, formes de conciliation de l’irréductible, médiateurs de l’univers et de l’œuvre humaine, se substituent, en cette apocalypse, révélation du néant, les arbres morts, la juxtaposition des images valant commentaire :
« Pommiers taillés par l’homme, tués comme des hommes : morts plus que les autres arbres, parce que fertiles... Sous eux toute l’herbe était noire, d’un noir jamais vu. Noirs comme les arbres qui fermaient l’horizon, gluants eux aussi ; morts les bois devant quoi passaient en courant quelques silhouettes de soldats allemands qui s’y renfoncèrent en voyant mon père se relever. Mortes les herbes, mortes les feuilles, morte la terre où s’éloignait dans le vent le galop emballé du cheval. » [26]

La mort, ici soumise à insistance anaphorique, elle-même se surpasse :
« Mon père n’avait pas regardé cinq secondes le visage du Russe gazé. Depuis un an, il avait de nouveau vu son compte de blessés et de morts, et la raideur des premiers cadavres sous leurs couvertures, et les visages de charbon entre les lignes de barbelés ; mais aucun visage de tué ne lui ferait oublier cette face terrible. » [27]

La lutte se métamorphose : c’est l’Esprit du Mal lui-même qui affronte la mort [28]. L’être humain lutte alors contre l’inhumain :
« Il prit conscience que l’homme qu’il portait était très lourd - et qu’il était mort. Il ouvrit les deux mains : le cadavre s’effondra. Il n’avait plus besoin d’étreindre un corps pour lutter contre l’inhumain. » [29]

En cette « apocalypse de l’homme » (voir plus haut), ou révélation du mystère de la mort et de l’être humain, le silence s’oppose à la parole. Malraux parle de « ces étendues frappées d’un châtiment biblique » [30] pour désigner l’univers détruit par les gaz. On mettra en relation, montage dialectique une fois encore, deux passages, deux visions de la nudité :
« Au milieu, un homme bondissait à quatre pattes, d’un mouvement si spasmodique qu’il semblait projeté. Nu. À deux mètres l’apparition leva son visage gris aux yeux sans blanc, ouvrit comme pour hurler sa bouche d’épileptique : mon père s’effaça. Folle de douleur avec les mouvements de tous les fous, comme si son corps n’eût plus été habité que par un supplice, en quelques sauts de grenouille, elle s’enfonça dans la purulence. » [31]

« Il le retrouvait, le désert ; et ses seigneurs. Dans les oasis des Senoussis, la nudité de l’âme avait été plus grande encore, mais elle s’accordait au flamboiement de la présence divine, à la guerre, à l’unité organique de l’Islam. » [32]

Dans le second passage, pourrait-on dire, cette « nudité de l’âme » habille l’être que le destin, sa propre fatalité d’être soumis à l’histoire, démembre. Ne subsiste alors que la face du sacrifice, sans rédemption, face de Méduse, et le cri qui accompagne le silence :
« Puis, dans le silence préhistorique, un hurlement monta, le hurlement de l’extrême souffrance, qui finit en miaulement. Et mon père entendit de nouveau le bruit d’une trouée dans ces bois morts. » [33]

Je retrouve là, en cette évocation de l’inhumain et du langage réduit au cri, ce que Robert Graves développa à partir du traumatisme de guerre, le sacrifice, le face-à-face avec la mort (qui impose la figure du double), le cri de terreur, qui devra fonder le poème, ou bien le poète devra sombrer dans la folie [34] .

Le narrateur du « Camp de Chartres », passant d’une guerre à l’autre, paraît changer d’enfer. C’est du moins ce que suggère cette réflexion : « .... j’ai hâte d’arriver au point où écrire, enfin ! ne sera plus seulement changer d’enfer. » [35] Et il s’avère que le combat contre la « fascination du néant » est un combat de chaman. On fera correspondre une fois encore deux moments de l’ouvrage :
« Et, de jour en jour perdu, m’obsède davantage le mystère qui n’oppose pas, comme l’affirmait Walter, mais relie par un chemin effacé la part informe de mes compagnons aux chants qui tiennent devant l’éternité du ciel nocturne, à la noblesse que les hommes ignorent entre eux - à la part victorieuse du seul animal qui sache qu’il doit mourir. » [36]

Dans le premier chapitre, après avoir énuméré quelques personnages qui pourraient mériter le titre de chaman, Trotski, mais pas Lénine, Dostoïevski, Mirabeau, Hölderlin, Poe, mais pas Pouchkine ou Goethe, l’interlocuteur du narrateur décerne ce titre à son père, ce qui suscite cette réflexion :
« Peut-être. Mais chaman qui m’avait dit : « Sache bien que l’arme la plus efficace d’un homme, c’est d’avoir réduit au minimum sa part de comédie. » [37]

Cette dernière réflexion, dénotant en ce contexte une méfiance à l’égard du langage, a des échos nietzschéens (le nom de Nietzsche revient dans l’ouvrage), mais le personnage du chaman relie la parole à cette nudité dont il était question plus haut, nudité de l’âme, nudité de l’être, en sa condition existentielle, nudité inscrite toutefois, par l’effort renouvelé du rituel et de la transe, dans le cosmos. Ce dernier se distingue de l’univers indifférent puisqu’il est le monde que l’être humain, grâce au mythe, recrée, tentant sans cesse de se réconcilier ce qui lui échappe, comme les noyers participent de la nature et de la culture. D’ailleurs, en leur verticalité reliant les trois mondes, souterrain, terrestre et céleste, ils accomplissent ce que recherche le chaman sur l’axe des mondes. [38]

Reprenant pour une part avec le médecin qui le soigne à l’hôpital, dans Lazare, à la fin du tome 2 des Antimémoires, les débats du colloque de l’Altenburg, mais cette fois-ci, après les deux guerres mondiales, Malraux écrit, en parlant des « ombres galvaniques et brumeuses des photos d’Hiroshima » [39] (et l’on voit apparaître en son essence l’homme que révèle la lutte, chez Thomas Mann) :
« La force obsédante de cet événement est semblable à celle d’un mythe. Affronter la mort - et, de cette façon plus secrète, les morts, car les soldats allemands agissent contre la volonté des Allemands tués dans cette guerre - appartient au mythe. A un mythe dont le héros n’est ni une nation ni un peuple, mais l’homme ; parce que les Allemands de la sape et les Français du camp se mêlaient en moi dans la voix des cavernes, et que seul l’homme, bavard semblable aux muets, est l’acteur du mythe archaïque. » [40]

En cette lutte, en effet, l’homme selon Malraux se dépasse lui-même :
« Et quand Pascal parle de l’homme, il n’a pas toujours tort, même sans l’âme, même sans Dieu. Ce n’est pas d’un quelconque exploit dans les Andes, qu’aucun animal n’eût été capable, c’est de l’au-delà. »

Et il a, face au médecin, face à l’homme de science, cette formule qui résonne à l’heure actuelle avec une certaine vérité :
« Ce qui commence à disparaître, c’est la formation de l’homme. La science peut détruire la planète, elle ne peut pas former un homme. Les sciences humaines le montrent à merveille. L homme n’est pas ce qu’elles posent, mais ce qu’elles cherchent. » [41]
Et il poursuit :
« La formation de l’homme passe par le type exemplaire : saint, chevalier, caballero, gentleman, bolchevik et autres. L’exemplarité appartient au rêve, à la fiction. Et sans jeu de mots, la fiction de la science, c’est la science-fiction. » [42]

Si l’on peut se montrer, à juste titre, méfiant à l’égard du mythe héroïque suggéré ici, il n’en reste pas moins que l’auteur met ici en relief une fonction du mythe, la figure mythique fournissant l’exemple du combat existentiel en cette « vie fabrique d’âme » comme la décrivait le poète romantique anglais Keats. Et justement, la dimension essentielle en est, non la définition de la figure elle-même, qui demeure mystérieuse, mais le combat, incessante garantie de possible transformation par son inscription dans le temps, qui évite à l’être l’absorption sclérosante dans le modèle, qu’on l’appelle, en termes freudiens, idéal du moi, ou qu’on énumère toutes les variantes de l’altérité, notamment le poids des carcans sociaux. On s’aperçoit dès lors que cette lutte fonde l’individu, sans l’enfermer dans le Même, ou dans une identité figée. Le modèle n’est pas une idole ; il est contestable, incessamment, « l’apocalypse de l’homme », en fait, suspend la lutte et inaugure le malaise (« Malaise dans la civilisation », écrivait Freud en 1929, soulignant la mobilité du Moi) : l’ouvrage trouve son assise en un suicide.

Notes

[1André Malraux, Les noyers de l’Altenburg. Préface et notes de Marius-François Guyard. Paris : Gallimard Folio, 1997. Première édition, Lausanne, 1943.

[2Id., p. 28.

[3Id., pp. 29-30

[4Id., p. 30

[5Malraux s’inspire ici des Entretiens, ou Décades de Pontigny, mis en place par Paul Desjardins (1859-1940) au début du vingtième siècle en l’abbaye cistercienne de Pontigny. Y participèrent notamment André Gide, Charles Du Bos ou Jacques Rivière

[6Id., p. 73.

[7Id., p. 135.

[8Eschyle, Théâtre complet. Traduction et notes par E. Chambry. Paris : Garnier-Flammarion, 1964, p. 59

[9André Malraux, Les noyers de l’Altenburg, op. cit., p. 93.

[10Id., p. 79.

[11Id., p. 213.

[12François de Saint-Chéron, « La foi d’André Malraux », Littératures contemporaines, numéro 1 : André Malraux. Paris : Klincksieck, 1996, p. 12

[13Pascal, Pensées. Préface et introduction de Léon Brunschicg. Paris : Le Livre de Poche, 1972, p. 65.

[14André Malraux, Les noyers de l’Altenburg, op. cit., pp. 104-5

[15Id., p. 111

[16Id., p. 112.

[17Id., pp. 120-21

[18Otto Rank, Don Juan et Le double. Traduit de l’allemand par le Dr S. Lautman. Paris : Payot, 1973.

[19André Malraux, Les noyers de l’Altenburg, op. cit., p. 124

[20Id., p. 129

[21Id., p. 134

[22Id., pp. 134-35

[23Raphaël Aubert, Malraux ou la lutte avec l’ange. Genève : Labor et Fides, 2001, p. 60. Seconde édition, revue et augmentée de L’Absolu et la métamorphose. Théologiques sur André Malraux, 1985.

[24Les noyers de l’Altenburg, op. cit., p. 157.

[25Id., pp. 173-74

[26Id., pp. 190-91.

[27Id., p. 197.

[28Id., p. 203.

[29Id., p. 205.

[30Id., p. 204.

[31Chapitre 3, id., p. 202.

[32Chapitre 1, id., p. 63.

[33Id., p. 202.

[34Voir Robert Graves, « The Cool Web », The Complete Poems, Volume 1, op. cit., p. 323. “Tiède toile”, Poèmes, op. cit., p. 111. Anthologie bilingue de la poésie anglaise, op. cit., pp. 1238-1239
Robert Graves, « The Shout », in Collected Short Stories. London : Penguin, 1968, pp. 11-30. Le cri et autres nouvelles anglaises. Traduites de l’anglais par Véronique Béghain et Sylvie Rozenker. Toulouse : Ombres, 1995, pp. 9-44.

[35André Malraux, Les Noyers de l’Altenburg, op. cit., p. 217.

[36Id., pp. 217-18

[37Id., p. 44.

[38Voir Mircea Éliade, Le chamanisme et les techniques archaïques de l’extase. Paris : Payot, 1968.

[39André Malraux, Le Miroir des Limbes II, La corde et les souris. Paris : Gallimard Folio, 2002, p. 492

[40Id., p. 507

[41Id., p. 509

[42Id., p. 510.


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