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Alfred de Vigny

1er février 2006

par Yolande Legrand

Alfred de Vigny (1797-1863) : Créature et création. Le combat avec l’ange.

Alfred de Vigny fut entouré d’anges dès ses jeunes années [1]. Élevé dans la religion catholique, il avait traduit la Bible en anglais et savait par cœur l’Imitation de Jésus-Christ. Ainsi était-il « plein d’une foi véritable » [2] le jour de sa première communion lorsqu’il s’approcha de la Sainte Table. Mais la vulgarité et l’indifférence du prêtre qui officiait le déçurent : « Je ne vis plus dans la chapelle qu’une salle de spectacle d’un village où l’on avait joué une indigne comédie à mes dépens. » [3]

La déception relative aux formes religieuses atteignit la puissance de laquelle elles émanaient et Alfred de Vigny ressentit particulièrement l’agression dont fut victime la Créature du fait du Créateur. Il a pu, certes, être considéré comme le « poète des Anges », lui qui introduisit des « séraphins » [4] , « les trônes, les vertus, les princes, les ardeurs, / Les dominations, les gardiens, les splendeurs /... » [5] dans sa poésie, mais en tant que cortège, lui qui fixa son attention sur Éloa, sur Satan [6] , Lélith [7] , sans pour autant avoir à les combattre, tant ils étaient paradoxaux. Mais « Les anges ont au cœur des sources de lumière » [8] dont il serait facile de subir l’attraction.

C’est au cœur du combat que la Créature mène contre le Créateur, en réponse à l’agression du Créateur, que s’inscrit la lutte d’Alfred de Vigny avec l’Ange. Je ne dissocierai donc pas ce combat de cette lutte.

Alors que le combat de Jacob avec l’Ange-Dieu s’achève au lever de l’aurore,

« Le jour n’est pas levé. Nous en sommes encore
Au premier rayon blanc qui précède l’aurore » [9]

lorsque se dessine, comme « la terre aux bords de l’horizon », la ligne, prémisse de l’issue du combat de Vigny avec Dieu, avec l’Ange.

Je me propose d’examiner les phases de ce combat, attentive aux attaques, aux ripostes, d’établir le lien entre la réponse de la Créature à l’agression du Créateur, préconisée par Alfred de Vigny, et son « combat avec l’Ange », de jouer les arbitres, en essayant de déterminer si les adversaires sont « renvoyés dos à dos » ou si un vainqueur peut se distinguer.

1. Combat du Créateur contre la Créature.

Il faut donner, autant que faire se peut, des précisions sur la nature de l’agresseur : un Dieu biblique « remanié », la Fatalité [10], la Grâce, plus rusée encore que l’antique Fatalité , des « volontés inflexibles » [11] et, plus tard, Dieu ne sera plus désigné dans l’œuvre poétique que par des « courants, des brisants, des tempêtes » [12] , au fil des Destinées.

a) Les agressions

Sous quelque forme qu’elle apparaisse, cette force hostile agresse l’Homme « Depuis le premier jour de la création », et par le fait même de la Création. Il s’agit d’une création manquée, inachevée, d’une race « incomplète » [13] , d’un « globe imparfait » [14] , d’un « globe incomplet » [15] , d’un « monde avorté » [16] . Elle aliène l’Homme, comme le fait la Grâce qui le soumet à cet impératif : « Faire ce que je veux pour venir où je sais » [17] . Elle le voue au Mal, à la souffrance et à la mort. Elle le livre à l’injustice : que d’innocents sont punis dans l’œuvre d’Alfred de Vigny [18] qui, contrairement à Joseph de Maistre, ne considère pas les souffrances comme expiatoires : « La mort de l’innocence est pour l’Homme un mystère. » [19] Elle le tient dans l’ignorance : « L’homme sera toujours un nageur incertain / Dans les ondes du temps qui se mesure et passe. » [20]

Le « Mal » et le « Doute », infligés à l’Homme par le Créateur agressif, viennent de son incarnation, moyen égoïste utilisé par Dieu pour contraindre la matière à lui rendre hommage : « Tous les anges disaient : l’esprit est-il puni ? / D’où vient qu’à la matière il passe réuni ? » [21]. Création inachevée, assujettissement au Mal et au Doute, division du fait de l’incarnation, tels sont les effets, sur l’Homme, des attaques de Dieu, des victoires que la puissance cruelle et méprisante qui l’a créé a remportées. Mais la « race timide, incomplète » est « rebelle » [22] .

b) La riposte de la créature.

- La morale humaniste.

Aux formes religieuses qui encensent un Dieu cruel, il faut substituer une religion qui encense l’Homme : la religion de l’Honneur. Elle est fondée sur la lutte-riposte : « la lutte du caractère contre la destinée » [23]. C’est à une lutte du même ordre que pousse la passion particulière aux armées : « C’est une sorte de combat corps à corps contre la destinée, une lutte qui est la source de mille voluptés inconnues au reste des hommes et dont les triomphes intérieurs sont remplis de magnificence. Enfin, c’est l’amour du danger. » [24] La pratique de la religion de l’honneur impose l’abnégation. Elle fait appel à des qualités morales que l’Homme puise en lui-même et qu’il développe. Si l’attaque divine répand le mal sur l’Homme, que l’Homme réplique de façon telle que sa grandeur éclipse celle de l’attaquant. Le Loup vaincu l’emporte sur le chasseur vainqueur. Le Capitaine submergé l’emporte sur l’élément triomphant. Les agressions d’ordre métaphysique dont la Créature est victime retentissant sur le plan social, la parade s’exécute sur les plans métaphysique et social. La souffrance laisse place à l’estime de soi et engendre même la volupté : « J’aime la majesté des souffrances humaines. » [25]

Une résignation armée, une résignation en vigilance, une résignation stratégique, une « courageuse résignation » [26] organise un art de vivre dans la prison qu’est la vie, grâce à l’intervention de Stello. Vigny semble sortir victorieux de cet aspect du combat qui se développe entre lui et la puissance hostile, en retournant directement une situation provoquée par l’agression. Une religion humaniste, une morale, s’opposent aux formes religieuses imposées par la tradition familiale. Au mépris, il est répondu par le mépris : « Méprisez le mépris ! » [27] Au silence, il est répondu par le silence : Le Juste « ... ne répondra plus que par un froid Silence / Au Silence éternel de la Divinité. »[Alfred de Vigny, Les Destinées, « le Mont des Oliviers ».]] Au jugement dernier imposé par Dieu à l’Homme se justifie le jugement auquel Dieu sera soumis. [28] Et Jésus peut absoudre Dieu. [29] L’Ange exterminateur peut tomber à genoux devant Paris. [30] La Créature rend coup pour coup.

C’est sur l’orgueil qu’est fondé le défi. Mais l’orgueil n’est que le revers de l’humilité et la révèle. [31] La toute-puissance du destin, à l’encontre de laquelle la contre-attaque est apparemment victorieuse, ne laisse pas que de porter et de développer la marque d’un sentiment d’infériorité tandis que la punition dont est victime la Créature du fait de son Dieu-Bourreau ne laisse pas que de créer un sentiment de culpabilité en elle. La puissance contre laquelle il s’agirait de lutter pourrait prendre la forme de l’Inconscient.

Tandis que l’introspection s’effectue, le souci de libération d’une sujétion à ce destin intérieur fait naître, chez Vigny, le désir de lutter contre l’incarnation que lui inflige le Créateur en ce combat inextinguible lancé contre lui. Séparer l’âme du corps pourrait contrer l’incarnation. La séparation de Stello et du Docteur noir libérerait la Créature de l’incarnation et des rapports tumultueux qu’elle engendre entre l’âme et le corps, entre l’intelligence et la sensibilité. Elle est tentée. Une telle séparation pourrait être à l’origine de l’élan qui conduit à l’essence, de l’aspiration à la pureté, d’une rivalité avec le Créateur sur le plan ontologique.

- La tentation de l’Ange

La tentation de l’Ange, qui répond au désir de lutte contre le destin intérieur et extérieur qui culpabilise, doit s’exercer dans le domaine de l’action, de l’Amour, de la parole. Certes, le désir d’action a animé Alfred de Vigny : désir d’action militaire, désir d’action politique. Ces désirs n’ont pas pris la forme escomptée. Qu’un déterminisme d’ordre psychologique ait entraîné la faillite de l’action militaire de celui qui s’est adonné à « la vie contemplative dans une carrière tout active », ajoutant en cela aux circonstances ||Alfred de Vigny, Servitude et Grandeur militaires, op. cit., p. 527. Le régiment auquel appartenait Alfred de Vigny s’est arrêté à Bordeaux et n’a pas franchi les Pyrénées, n’a donc pas guerroyé en Espagne.]], qu’un sentiment d’échec dont nous avons parlé ait incité le candidat à certaines élections [32] à présenter aux électeurs un discours plus idéaliste que pragmatique, susceptible de les éloigner de lui et d’assurer ainsi son insuccès, cela est patent.

Lutter contre de tels déterminismes, issus de la création manquée, c’est dévaloriser l’action porteuse d’échec : « C’est par paresse de penser que l’homme découragé tombe dans le désir d’agir. » [33]« L’homme d’action n’est qu’un penseur manqué. » [34] C’est l’entacher de la souillure que la réalisation concrète traîne après elle par sa contamination avec la matière, c’est dénoncer son impureté : « Quand on veut rester pur, il ne faut pas se mêler d’agir sur les hommes » [35] , il ne faut pas se laisser happer par le « tourbillon profanateur de l’action » [36] .

La désincarnation par laquelle peuvent être atteintes l’égalité avec le Créateur, la pureté angélique, impose une démarche orientée vers l’abstraction, le dépouillement du corps-matière. C’est aussi sur l’effacement du corps que repose, en cette étape de la contre-attaque, une certaine conception de l’amour chez Vigny.

Rivaliser avec le Créateur, lorsqu’il s’agit d’amour, c’est se faire ange, c’est reléguer le corps à l’état d’accessoire : « Le corps n’est qu’un costume qui revêt notre âme. » [37] C’est prôner l’amour chaste, l’amour de l’âme, c’est donner la victoire à Glycère contre Ida [38], c’est lancer des élans épurés vers les « blondes anglaises » parsemées dans l’œuvre. [39]

Atteindre à la désincarnation de l’action, atteindre à l’amour platonique, c’est contempler face à face et sans cesse l’essence, comme le fait Julien. [40] Il est tentant de se livrer à la pensée pure, au Dieu Intellect : « La pensée pure, l’exercice intérieur des idées et leur jeu entre elles est pour moi un véritable bonheur. » [41] Mais l’ennui guette les habitants des cieux [42]. Contempler l’Essence de trop près expose au risque assumé par Sémélé [43] . Se contempler en tant qu’Essence expose à l’idéal narcissique. Il faut donc lutter contre l’Ange.

2. La lutte contre l’Ange.

Il faut établir un compromis, tempérer l’angélisme. L’action est tolérée lorsqu’elle est accomplie par Stello et que Dévouement et Pitié la conduisent. Il faut, lorsqu’il s’agit d’amour, laisser s’ébattre « les brunes italiennes » [44] aux côtés des « blondes anglaises » et admettre que matière et Essence ont du mal à se départager, en la complexité et l’exaspération de leurs rapports. « Quelquefois il arrive que deux amants se trompent mutuellement et veulent se séparer. Alors commence une lutte comme celle de Jacob où ni l’un ni l’autre ne peuvent se terrasser. » [45]

Dans Le combat avec l’Ange, Maléna, l’héroïne de Giraudoux, l’emporte sur son angoissante aspiration à l’absolu, en amour. Bernard résiste, dans les Faux-Monnayeurs, de Gide, à l’idéal d’absolu que lui propose l’Ange.

Bien des Anges-femmes, présentées par Alfred de Vigny, sont inaptes à la vie, au bonheur. Unir l’infamie avec la pureté n’est pas une excellente formule pour Héléna. Il s’agit d’établir des rapports nuancés entre la sensualité, qui témoigne de l’état de créature, et l’amour de l’âme. Éva, femme délicatement sensuelle, fragile et secourable, apte au Dévouement et à la Pitié, l’emporte sur Dalila, tout en procédant de la même nature, et sur l’angélique Glycère, grâce à la médiation de la Poésie. Il s’agit de « diviniser la faute d’Éva » [46] , tout en considérant qu’il y a « faute ».

La parole poétique a été exposée à la tentation de l’angélisme. « Eh ! quoi ! » s’exclame Vigny, « ma pensée n’est-elle pas assez belle pour se passer du secours des mots ? Le silence est la poésie même pour moi. » [47] , ce qui se comprend puisque nous ne connaissons pas encore « la langue céleste » [48].

L’Idée, la Pensée-mère du poème, en constitue l’axe.||Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 1082.]] . Mais Vigny admet la nécessité d’une collaboration entre l’Idée et l’imagination : « Ma tête, pour concevoir les idées positives, est forcée de les jeter dans le domaine de l’imagination » [49] . La « logique » engendre, d’ailleurs, l’imagination. [50] . L’imagination, participant de la nature de la logique, risque, sinon de l’altérer, du moins d’en nuancer la rigueur.

L’Idée, conçue dans la « sainte solitude » par un poète-bénédictin inspiré, cet « animus » entaché d’« anima » par sa plongée dans l’imagination, se fait objet d’adoration : « L’idée une fois reçue m’émeut jusqu’au cœur et je la prends en adoration. » [51] Et même, si j’en crois Jacques-Philippe Saint-Gérard, d’ « érotisation » [52] « Où me conduiras-tu, passion des Idées, où me conduiras-tu ? J’ai possédé telle Idée ; avec telle autre j’ai passé bien des nuits. Vous m’avez donné mon imagination pour maîtresse. La volupté de l’âme est plus longue, l’extase morale est supérieure à l’extase physique. » [53] Soit ! Mais il y a extase, et donc participation de la volupté, de la sensualité, dans la possession de l’idée. L’abstraction même s’émeut. L’idée, d’ailleurs, peut se revêtir : « Mon âme tourmentée se repose sur des Idées revêtues de formes mystiques. » [54]

Ce revêtement, tel le globe qui entoure l’axe, la forme poétique, sert d’auxiliaire à la pensée, sans se fondre en elle, et se fait objet de désir : « Qui empêche qu’elle ne soit une volupté couvrant la pensée et la rendant lumineuse par l’éclat de son cristal conservateur. » [55]

L’idée et la sensibilité se solidarisent ou s’allient pour que naisse le symbole, « point de rencontre où le philosophe rejoint le poète » [56], à la constitution duquel participe la matière : Cristal, Diamant, Maison, Bouteille, Flûte..., pour que naisse le mythe auquel, s’il s’agit du poème « Paris », par exemple, participe l’actualité concrète, politique. La matière offre le marbre sur lequel est gravé l’Ecrit, le bec d’airain de la colombe qui le grave [57]. Grâce aux rapports harmonieux entre l’Esprit, l’Ame et le Corps sur lesquels elle repose, la création esthétique a forcé la main à son créateur-poète, trop enclin à se réfugier dans le Silence.

Elle a assuré ainsi la restauration de l’unité de sa conscience, en le contraignant à concilier l’Essence et sa liturgie, à introduire Dieu en lui, l’homme-poète, quitte à ce qu’il le fasse rejaillir, cristallisé [58] , sous forme de Poésie, d’enthousiasme. La tonalité religieuse, et parfois inspirée, prophétiquement, de la parole poétique et de sa démarche, ajoutées aux figures relevées, introduit un « merveilleux », qui pourrait rappeler les fictions religieuses - « Les religions » ne sont-elles pas « œuvre de poésie » ? [59] - dont la nostalgie est gardée. François Germain ne voit-il pas une « annonciation », une « épiphanie » dans les Destinées ? N’entend-il pas un « Te Deum » ? [60] L’harmonie préside aux Elévations. Mais, si Vigny, aux côtés de Julien, admet que le « Galiléen » l’emporte, et laisse opérer le « trésor de Daphné », c’est, dans les Destinées, pour le « Dieu des Idées » que se développe la poésie, instauratrice de son culte, c’est pour « l’Esprit pur », « visible Saint-Esprit », issus de l’Homme : la Colombe « vient de l’Arche et porte le rameau ». La connaissance donne accès au divin. La pacification s’accomplit.

Le poète sort vainqueur de sa lutte avec l’Ange pour que l’Humanisme l’emporte. Il renonce à faire l’Ange, pour que s’exalte l’Homme.

Quels coups le Dieu de la Bible a-t-il portés à Jacob ? Quels coups, déhanché, Jacob lui porta-t-il ? Quoi qu’il en soit, il contraignit Dieu à le bénir, reconnaissant par là la supériorité de Dieu sur lui.

Vigny reçoit la bénédiction naturelle d’un Dieu qu’il a créé en utilisant les ressorts de la morale et de la poésie.

Vigny a lutté en trouvant des parades contre les coups d’un Dieu-Juge, cruel, implacable et, d’autre part, contre la séduction de la perfection absolue qui lui est attribuée par sa nature essentielle. Tenté par l’Ange, il a lutté pour ne pas tomber dans le piège de l’angélisme. Sa lutte contre l’Ange a aidé à sa lutte contre la face implacable du Dieu-Juge, puisque, non seulement les faiblesses de l’Homme, imputables à Dieu, se transforment en grandeur du fait de sa pratique de la religion de l’Honneur, mais encore, grâce à sa victoire sur l’Ange, le poète permet l’avènement d’un Dieu de substitution duquel émanent des valeurs platoniciennes, certes, le Vrai, le Beau, le Bien, le Juste, mais des valeurs fondées sur l’empirisme, et que sert l’atticisme.

La lutte contre l’Ange aide à l’assaut initié contre la face hostile du Dieu-Juge et le conclut.

« Il est donc vrai que l’Homme est monté par lui-même
Jusqu’aux sommets glacés de sa vaste Raison.
[...]
Il sait que l’Univers l’écrase et le dévore ;
Plus grand que l’Univers qu’il juge et qui l’ignore,
Le Berger a lui-même éclairé sa Maison. » [61]

Cette double victoire permet à l’Homme de conquérir l’Espace et le Temps : « J’écoute les pas harmonieux des idées à travers les sphères de tous les mondes et dans toutes les constellations du passé et les rêves étoilés de l’Avenir. » [62]

Le poète gagne l’immortalité par l’admiration que son œuvre suscite auprès des générations sans cesse renouvelées et assure celle de l’Homme. [63] Du seuil de la « Maison roulante », le Berger aux côtés d’Éva, a la faculté de :

« Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront » [64]
assurant son éternité.

Sous l’effet de la Poésie, l’ « humble passager » consacre paradoxalement son apothéose, sans altérer sa nature.

Yolande Legrand

Notes

[1Alfred de Vigny, Mémoires inédits. Ed. Jean Sangnier. Paris : Gallimard, 1958, p. 52. « Les premiers tableaux que virent mes yeux furent La Sainte famille de Raphaël et une surtout où l’on voit un jeune ange aux cheveux bruns se pencher sur le berceau du Sauveur... Cet ange m’était toujours présent, et, dès que je pris un crayon, je le voulus dessiner. Le « Saint Michel Archange » était « suspendu près de son chevet ».

[2Ibid., p. 70.

[3Ibid., p. 3.

[4Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes, « Éloa », vers 37.

[5Ibid., vers 75-80.

[6Satan apparaît dans « Éloa ». Voir aussi ce qui concerne « La révolte de Satan », « Satan sauvé ». Œuvre complètes . Ed. André Jarry, François Germain. Paris : Pléiade Gallimard, 1986, Tome 1, pp. 236-251.

[7Alfred de Vigny, Mémoires inédits, op. cit., pp. 411-413. Œuvres complètes, op. cit., pp. 369-71.

[8Alfred de Vigny, « Éloa », vers 632.

[9Alfred de Vigny, Les Destinées, « La maison du Berger », vers 208-10.

[10Alfred de Vigny, Les Destinées, « Les Destinées ».

[11Ibid.

[12François Germain, Bulletin de l’Association des Amis d’Alfred de Vigny (A.A.A.V.,) n° 2, p. 10.

[13Alfred de Vigny, Les Destinées, « Les Destinées ».

[14Alfred de Vigny, Œuvres complètes, op. cit., Esquisses concernant Éloa », p. 243. « Sur ce globe imparfait, œuvre des sept journées ».

[15Alfred de Vigny, Les Destinées, « Le Mont des Oliviers ».

[16Ibid. Strophe du « Silence ».

[17Alfred de Vigny, Les Destinées, « Les Destinées ».

[18Éloa, Sara, Emmanuel, la masque de fer, le Loup, Jésus, Héléna...

[19Alfred de Vigny, Poètes antiques et modernes, « Le Déluge ».

[20Alfred de Vigny, Les Destinées, « Les Destinées ».

[21Alfred de Vigny, Œuvres complètes, op. cit., Esquisses concernant « Éloa », p. 242.

[22Alfred de Vigny, Les Destinées, « Les Destinées ».

[23Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, Œuvres complètes, Paris : Gallimard Pléiade, 1948, Tome II., p 957.

[24Alfred de Vigny, Servitude et Grandeur militaires, Œuvres complètes. Op. cit., tome II., p. 573.

[25Alfred de Vigny, Les Destinées, « La maison du Berger ».

[26Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 964.

[27Alfred de Vigny, Les Destinées, « La Flûte ».

[28Alfred de Vigny, Œuvres complètes, op. cit., p. 374. « Ce sera ce jour-là que Dieu viendra se justifier... »

[29Alfred de Vigny, Les Destinées, « Le Mont des Oliviers ».

[30Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes, « Paris ».

[31Jacques Body, Œuvres complètes romanesques de Jean Giraudoux. Paris : Gallimard Pléiade, 1994, Tome II, notice du Combat avec l’ange, p. 1213 : « La maladie qui a frappé Maléna s’appelle l’orgueil, et son envers l’humilité. »

[32En mars 1848, Vigny se porte candidat à l’Assemblée constituante, dans la Charente. En 1849, il se présente aux élections législatives. Sans succès.

[33Alfred de Vigny, Stello, Daphné. Ed. François Germain. Paris : Garnier, 1970, p. 207.

[34Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, Œuvres complètes. Paris : Gallimard Pléiade, 1948, Tome II, p. 890.

[35Alfred de Vigny, Ibid., p. 975.

[36Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 986.

[37Alfred de Vigny, ibid., p. 1303.

[38Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes, « La Dryade ».

[39Yolande Legrand, « Alfred de Vigny et les blondes anglaises », Revue de Pau et du Béarn, n° 6, 1978, pp. 25-49.

[40Alfred de Vigny, Daphné.

[41Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 1357.

[42Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes, « Éloa ».

[43Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., pp. 980, 1011. Mémoires inédits, op. cit., p. 401.

[44Yolande Legrand, « Alfred de Vigny et les Inflexibles » ou « De la brune italienne à la figure de Dalila dans la vie et l’œuvre d’Alfred de Vigny ». A.A.A.V., n° 9, pp. 1-56.

[45Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 1144.

[46Alfred de Vigny, Les Destinées, « La maison du Berger ».

[47Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 941.

[48Alfred de Vigny, Correspondance. Ed. Léon Séché. Paris : La Renaissance du Livre, Tome 1, p. 107. Lettre à Miss Hamilton

[49Ibid., p. 882.

[50Ibid., p. 1359. « La logique est la source la plus sûre et la plus pure d’où puisse jaillir et couler l’imagination. »

[51Ibid., p. 1355.

[52Jacques-Philippe Saint-Gérand, Les destinées d’un style. Essai sur les poèmes philosophiques de Vigny. Paris : lettres modernes Minard, 1979, p. 231 : Vigny « érotise sa relation à la Poésie.

[53Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 1002.

[54Ibid., p. 941.

[55Ibid., p. 1167.

[56Pierre-Georges Castex, Alfred de Vigny. Paris : Hatier, 1957, p. 157.

[57Alfred de Vigny, Les Destinées, « L’Esprit pur ». Cf. Paul Viallaneix, Vigny par lui-même. Paris : Seuil, 1964, pp. 174-75. « En se disant : Sois poète, le contemplateur de « l’Esprit Pur » cesse à son tour de faire l’Ange. »

[58Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 1078.

[59Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 1140.

[60François Germain, Œuvres complètes, op. cit., p. 920.

[61Alfred de Vigny, Réponse d’Eva. Œuvres poétiques. Ed. J.-P. Saint-Gérand. Paris : Garnier, 1978, p. 392.

[62Alfred de Vigny, Le Journal d’un poète, op. cit., p. 1338.

[63Alfred de Vigny, Les Destinées, « L’Esprit pur ».

[64Alfred de Vigny, Les Destinées, « La maison du Berger ».


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