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Alain Suberchicot, par Michèle Duclos

25 avril 2009

par Michèle Duclos

Alain Suberchicot, Moby Dick, désigner l’absence. Paris : Honoré Champion, 2008.

L’auteur, professeur d’études américaines à l’Université de Lyon3, grand spécialiste et traducteur de la poésie américaine, invoquant d’entrée l’opposition de Proust à la critique biographique de Sainte-Beuve, place son essai sous le signe de l’ « absence », c’est à-dire de la volonté pour Melville de sortir de toutes les conventions éthiques (religieuses et sexuelles) et esthétiques (« une écriture exploratoire ») de son temps ; son « livre de liberté » sera un « livre autre  » dont le personnage majeur est en réalité non Achab mais Ismaël « narrateur omniscient mais apeuré » (p.36). Roman nomade ou roman philosophique ? Avec en arrière-plan Derrida, l’auteur déchiffre dans le « rire philosophique » d’Ismaël « l’absence de repères fiables dans l’héritage de la rationalité et singulièrement dans l’héritage de la rationalité des lumières. » (p.124). Un chapitre examine la relation entre homo-socialité et homosexualité.
Les qualités du film de John Huston et de ses interprètes font l’objet d’un chapitre final.

En conclusion, l’auteur découvre dans cette œuvre qui « rassemble tous les modes de la littérature » et pose « les chemins d’une construction de soi » l’allégorie de la recherche par la Nation américaine « des « voies d’une renaissance dans un temps où le ferment démocratique lui fait défaut » (p.185)
L’auteur dit avoir pris plaisir à écrire son essai. Nous aussi à le lire.


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