Beware
The man without a shadow even though a sun still tranquil sends rays from the east gives orders to who’ll act them lovingly unless they’ve trust again that’s lasting. Strange how people passing throw their flattened shape on paving while he stands immobile, smiles with lips not eyes, spreads fear. To comprehend the words for evil delve from childhood all those midnight terrors, ask what’s underneath the bed and see if you can reach the door unscathed. To know what monsters are (...)
Mask
I am here It’s me and it’s not me I smile It’s me and it’s not me I’m beside you It’s me and it’s not me I feel something uneasy with your words It is me I feel something dubious in your attitude Which makes me stop, shudder and withdraw It is me I shake my head and say Good-bye to you all You say this is justice here You said that was justice there I am not with you It is me I am a traitor Masque
Me voici C’est moi, ce n’est pas moi Je souris C’est moi, ce n’est pas moi Me voici à vos (...)
In memoriam Richard Wilbur
I
Ce poète, aussi grand pour les uns que décrié par les autres, nous a quittés le 15 octobre 2017. Il avait quatre-vingt-seize ans. Maintenant que l’on sait qu’Einstein avait raison et que les ondes gravitationnelles existent dans un continuum espace-temps déformé, j’émets le vœu que le délai qui se sera écoulé entre ces derniers jours d’octobre et la date de parution de ces lignes dans Temporel, intègrera cette matière noire dans laquelle nous, béotiens, ne voyons que du (...)
venaient de l’Est
venaient de l’est
s’arrangeaient pour ne pas trembler
bruns coques flétries des marrons tombés
dans l’herbe roussie
avaient soif car l’eau se paye
venaient de l’est par tous les moyens
avaient toujours des jambes
tenaient à tenir
c’était à cheval avec la roulotte l’édredon rose
de plumes gonflé
les casseroles étamées trop usées mais d’usage
le chien suivait gondolant la pierraille était le frère des suées
que l’eau de la rivière
trop de poissons le ventre à l’air
trop de (...)
La main qui caresse la langue caresse un visage.
Pour Mireille,
Pour Paul,
ceux qui donnent forme à la terre…
L’enfant allait recueillir avec une pelle la terre argileuse dans le talus du chemin. Il disposait un tas d’argile sur la table et plongeait les mains imbibées d’eau dans cette terre à laquelle il tentait de donner une forme. Quelle forme ? On ne se souvient plus. La forme d’un pur désir. La forme de l’informe logé dans un coin de la tête auquel on pense plus que de raison, parce qu’il (...)
A tout lecteur
Chaque poème est une étole
Un tissu de mots que l’on tend
Comme un petit ciel protégeant
Du grand nos fragiles épaules
Une cabane en quelques joncs
Chaque poème est un abri
Où l’on est sûr de ce qu’on dit
Même s’il reste des questions
Chaque poème est un reposoir
Un bénitier de cathédrale
Où l’on ne sait pas quel dieu parle
Et contredit le désespoir
Eté 2017.
Malika Booker est une écrivaine britannique d’origines guyanaise et grenadienne. Elle a écrit pour le théâtre et la radio et fût la première poétesse résidente à la Royal Shakespeare Company. Elle est actuellement associée avec l’Université de Leeds.
Si j’ai choisi ce poème, c’est qu’il traite de plusieurs sujets ardus, comme l’avortement. Je m’intéresse beaucoup, dans la poésie contemporaine, au choix de sujets moins nobles ou esthétique que ceux traités traditionnellement en poésie. La femme et le corps de (...)